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S?ouvrir à l?ouverture
?Il est nécessaire de sortir de la République des connivences pour entrer dans celle des compétences.? Cette excellente formule résume bien la manière dont les dirigeants modernes aspirent à gouverner. Ils savent que les critères d?amitié, de clientélisme et de fidélité partisane sont les pires que l?on puisse appliquer pour les nominations aux postes de responsabilité.
C?est le nouveau président français qui est l?auteur de la formule citée plus haut. Dans un discours sur la réforme des institutions, Nicolas Sarkozy a souhaité que soit ?encadré? le pouvoir de nomination du président de la République aux postes de haute responsabilité. Il a proposé que les candidats aux fonctions les plus importantes de l'Etat soient ?auditionnés publiquement par le Parlement? et que celui-ci ?puisse mettre son veto à leur nomination?. C?est seulement quand l'opposition participe au contrôle des nominations et a son mot à dire sur la compétence des candidats qu?on ?pourra peut-être espérer en finir avec cette valse des responsables à chaque alternance politique qui nuit tant à la continuité de l'action?, a expliqué le chef d?Etat français.
Cette leçon d?ouverture est à retenir, tant par ceux qui sont au pouvoir que par ceux qui seront appelés un jour à l?être. Sans doute est-il plus urgent de faire comprendre au PTr, qui prône le LPA (?Lev Pake Alé?), la nécessité de travailler en commun par-delà les clivages traditionnels mais les autres partis gagneraient également à y réfléchir. Tous ont déjà nommé des gens pour services rendus.
On avait imaginé au lendemain des législatives de juillet 2005, un État où les postes clés ne seraient plus attribués par copinage. En fait, des vagues rouges ont déferlé sur les institutions publiques après l?alternance. Des cadres compétents comme Sooraya Gayan, Jyoti Jeetun et Megh Pillay étaient licenciés sans raison. Des retraités de la politique active étaient nommés à la direction du MES ou de Mauritius Telecom. Le professionnel Selven Naidu était limogé de la MFDC la même semaine où les travaillistes pur-sang Harry Booluck et Neerunjun Gopee entraient en fonction respectivement à la CWA et au ministère de la Santé. Kushan Naik, qui avait dirigé la State Informatics Limited (SIL), fut prié de partir au motif, semble-t-il, qu?il est le neveu de Prem Nababsing, conseiller de l?ancien Premier ministre. Et, quand il a refusé de limoger son ?managing director?, c?est le président de la SIL, Sanjit Teelock lui-même qui a été évincé. D?autres cadres d?organismes parapublics tombant sous la tutelle du ministre Etienne Sinatambou vivent actuellement dans la peur. Ils craignent la folie revancharde.
?Nous avons beaucoup à apprendre?, disait Navin Ramgoolam de la campagne du candidat Nicolas Sarkozy.
Il y a également des leçons à tirer de la conduite du président français.
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