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Soutrik Kumar Das seul au paradis
Vous pensiez que le paradis c?est ce fameux lieu où toute souffrance est abolie. Un endroit où la solitude ne pouvait plus vous atteindre. Quelle erreur ! Soutrik Kumar Das lui, s?ennuie. Il se sent seul, affreusement seul.
Mettez-vous à sa place. Cadre dynamique de la Nouvelle Delhi, qui a beaucoup voyagé, qui a bossé pour une multinationale allemande dans le secteur de la téléphonie, il est arrivé à Maurice, avec un contrat d?architecte au ministère des Infrastructures publiques, voilà trois ans.
Lui, si habitué aux bruits des grandes villes, aux bars, aux magasins qui ne ferment pas, s?est retrouvé dans Port-Louis, ville morte dès 18 heures.
Alors, il s?est souvent réfugié au Caudan. Dans sa voiture, il a roulé, roulé, fait des tas de kilomètres. ?Ce qui est bien, c?est que l?île est plus ou moins circulaire, on peut faire le tour et continuer à rouler.?
Et puis, comme il faut bien s?occuper, Soutrik s?est mis à la peinture, ?comme d?autres se mettraient à boire ou à consommer de la drogue?, dit-il. Pensez donc, cela lui est arrivé de ne pas entendre le son d?une voix humaine de 16 heures, quand il quitte le bureau, jusqu?au lendemain 8 heures, quand il arrive au bureau.
Alors, c?est avec ses pinceaux que Soutrik s?est mis à parler. ?I don?t paint touristy things.? Dans son langage, les corps de femmes à moitié nues sont présentés de dos. ?Je ne peins pas des modèles, mais les images qui sont dans ma tête. Ce n?est pas le visage, l?identité qui importent, l?essentiel c?est le langage du corps.? Un besoin de contact, pour ?distiller mes émotions.? Surtout les partager.
Choisi par un ?soulman? américain
Un alphabet qui a attiré l??il de Billy Griffin, soulman américain. Au point de le pousser à choisir Woman on the beach, l?une des peintures de Soutrik Kumar Das, pour illustrer son prochain album. ?Il a vu ce que je faisais sur un site web qui expose mes ?uvres. C?est comme cela que le contact a été établi?, explique le peintre solitaire.
Des corps, des abstraits, des façades du front de mer, des auto-portrait au clair de lune. Plus d?une quinzaine de tableaux à l?huile rassemblés sous le thème Alone in paradise. Un grand cri de solitude que Soutrik Kumar
Das a l?intention de faire entendre prochainement dans une galerie portlouisienne, au front de mer justement.
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