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Soutien populaire pour Gaëtan Duval

26 juin 2006, 20:00

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Duval plus Gaëtan que jamais : tel pourrait être le message émis par les 20 000 partisans déchaînés du leader bien aimé du PMSD, rassemblés devant l’hôtel de ville de Port-Louis, pour lui fournir l’auditoire requis par la mise à ban de ses détracteurs, au sein du PMSD. Il en profite pour vouloir mettre sur pied une organisation susceptible de relancer les activités de son parti. Aux 20 000 personnes présentes, il leur avoue recevoir d’eux un message de confiance et d’amour. Pleurez chaumières !

Il y a certes des motions, autrement dit des demandes de plébiscite pour telle ou telle résolution ou mesure de relance. Au fur et à mesure, que l’orateur sent la foule vibrer à l’unisson avec lui, le ton, à l’égard de ses détracteurs patentés au sein du parti, devient plus dur et plus cruel. Du PMSD, seuls l’ami Pierre Simonet, le frère Nicol François et la soeur Ghislaine Henri sont présents sur l’estrade. Les autres députés et ministres bleus brillent par leur absence. Ils ne tiennent guère à être présents, en raison de la farouche volonté de leur leader de les déshabiller en public, politiquement parlant, et mettre à nu tout ce qui peut être considéré comme un comportement antiduvalien de leur part. Pierre Simonet doit même lire à haute voix les prétextes fournis par eux pour justifier leur absence à ce meeting-plébiscite.

Gaëtan Duval accuse certains députés et ministres du PMSD d’acheter leurs agents au bazar central. Il traite ces agents-pommes d’amour de récidivistes et même de voleurs de coq bleu. Les Chong Leung, les Ramoly, les Espitalier-Noël, les Guimbeau, les Robert Rey et autres Eliézer François en prennent pour leur grade. Il n’hésite même pas à se référer aux plus saintes Ecritures pour justifier sa colère face à cette résistance interne à son autorité politique, pourtant mondialement reconnue.

Il ne perd pas de vue pour autant les avantages politiques de certaines mesures populistes. Elles n’ont aucune chance d’être mises en pratique et ne valent pas une pistache mais Duval sait déjà pouvoir compter sur l’effet d’annonce auprès d’un électorat aussi naïf et candide que le nôtre. La première résolution concerne une allocation à 53 000 chômeurs, en attendant la mise au point d’un plan visant à créer des emplois pour chacun d’eux, par le truchement ou non de la DWC, aujourd’hui condamnée à mort. Où trouver l’argent pour financer cette allocation-chômage ? Il suffit de le prendre dans la poche des possédants et autres consommateurs et contribuables. Deuxième résolution : Duval réclame des élections générales, sous prétexte qu’il n’y aura aucun investissement étranger avant leur tenue. La troisième résolution concerne l’ouverture immédiate du chantier de l’aéroport du Nord, seul moyen, selon lui, de donner du travail à une partie des 53 000 chômeurs. Sans aéroport du Nord, le nombre de ces derniers pourrait passer à 70 000 d’ici la fin de 1981. Autre solution envisagée par le leader du PMSD pour résoudre à jamais le problème du chômage : obliger les Etats-Unis d’Amérique à fournir un emploi à Diego Garcia à nos 53 000 chômeurs. Et ce que Gaëtan Duval veut, le reste du monde doit aussi le vouloir car il nous doit un living, selon la philosophie duvalienne, pour qui, bien sûr, le reste du monde existe pour pouvoir se mettre au service de l’île Maurice, dont il est le dirigeant politique le plus populaire.

Duval s’en prend ensuite à Ramgoolam à qui il reproche vertement de privilégier indûment les populations rurales aux dépens des populations urbaines. Il en veut pour preuve la compensation électorale de cinq points additionnels que SSR alloue généreusement aux employés de l’industrie sucrière, autrement dit à son “people”.

A la fin de son discours, Gaëtan Duval demande à la foule présente de plébisciter sa présidence portlouisienne. Elle s’exécute bien volontiers. L’exécutif du PMSD se réunit ensuite pour demander docilement aux ministres bleus, Ramoly. E. François et P. Chong Leung, de démissionner. Ils refusent, bien sûr, de le faire. Nicol François, Pierre Simonet et Ghislaine Henry démissionnent alors de la majorité parlementaire, fragilisant davantage la faible majorité parlementaire de Seewoosagur Ramgoolam. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Ne voilà-t-il pas que Gaëtan Duval annonce la rupture de la coalition PTr/PMSD, la démission du ministre de Rodrigues, Nicol François et sa propre démission comme président de la commission administrative nommée de Port-Louis. Démissionnent avec lui les commissaires également nommés Azad Doomun, Nanda Kistnen et Joe Boussac. Pour Duval, le PMSD prend un nouvel élan et cette fois-ci the sky is the limit. Beware the ides of June 1982 ! Il anticipe la démission de Pierre Simonet en tant que président de la commission curepipienne également nommée. Il se dit sidéré par l’attitude démentielle et suicidaire du PTr qui n’existe plus. Le parti de Maurice Curé, d’Emmanuel Anquetil et de Guy Rozemont fait partie de la légende. Ce qu’il en reste vit de transfuges comme d’autres de déchets. Le transfuge est un être infâme, “sub-humain”. Ramgoolam a besoin de s’entourer de béni-oui-oui à qui il peut imposer ses caprices. Le PMSD ne saurait s’intéresser à des rôles subalternes, lui qui ne vit que pour remporter des victoires électorales. Il ne veut pas que Maurice devienne un Seychelles-bis.

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