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Sous le pont Napoléon, on pollue?
Napoléon remuerait dans sa tombe s?il voyait l?ampleur de la pollution sur la berge de la rivière coulant sous le pont qui porte son nom, à L?Avenir. Bouteilles plastiques, sacs en jute remplis d?ordures, vieux lits et réfrigérateurs, déchets de toutes sortes y ont été déversés par-dessus le parapet.
Le pont Napoléon, doté d?une charpente en pierres de taille, a été reconstruit en 1941. Cette construction a marqué l?histoire de L?Avenir parce qu?il a permis de relier ce village à d?autres patelins avoisinants, dont Beau-Bois, La Laura-Malinga, Nouvelle-Découverte et Ripailles.
Le laisser-aller dérange les amoureux de la nature et surtout ceux qui fréquentent ce lieu depuis leur enfance. Hamid Elaheebaccus, 68 ans, et Swalay Amerbeg, président de L?Avenir-Beau-Bois, sont de ceux-là. ?Avant, des employés de la Santé, qui combattaient la malaria, entretenaient les berges de la rivière?, précise Hamid Elaheebaccus.
?Le conseil de village n?a pas les moyens pour s?occuper de l?entretien de la berge de la rivière qui s?étend sur plus de deux kilomètres avant de se jeter dans d?autres cours d?eau, dont la rivière Baptiste à La Laura et la rivière de Moka?, explique Swalay Amerbeg.
?La rivière est dans état d?abandon depuis une quinzaine d?années. Pendant notre enfance, Swalay et moi, nous avons appris à nager dans les différents bassins de la rivière, qui avaient en certains endroits une profondeur de six pieds. Aujourd?hui, les bassins Eugène, Loulou, Chandia et Goramier sont bouchés et recouverts de plantes envahissantes. Le lit de la rivière a rétréci considérablement et elle n?est plus profonde comme avant?, dit Hamid Elaheebaccus.
?Le service de voirie est coupable si de la vieille ferraille est jetée sous le pont parce qu?il fait un tri des ordures. Nous ne savons que faire des vieux meubles et appareils électroménagers. J?ai moi-même un vieux réfrigérateur et je ne sais comment m?en débarrasser?, confie Hamid Elaheebaccus, qui est reconnu dans le village pour sa grande contribution sur le plan social.
Le sexagénaire est triste que ses petits-enfants n?aient pas eu la même chance que lui. ?Ils doivent se rendre à la piscine Serge Alfred, Beau-Bassin, pour apprendre à nager. Alors que nous, nous avons eu droit à une telle facilité à deux pas de chez nous. On jouait aussi au foot sur la berge de la rivière. Aujourd?hui, elle est couverte de plantes envahissantes?, constate-t-il.
Disparition du ?jean-bourgeois?
Avant, on cueillait aussi le jean-bourgeois sur la berge. Aujourd?hui, ce fruit très apprécié a complètement disparu. ?On en trouvait partout comme des goyaves de chine.. Le jean-bourgeois a été complètement détruit par les plantes grimpantes.
?La plipar dimoune ti ena gaulette pou la pêche gouramiers dan la rivière. Azordi tou finne fini?, déplore Hamid Elaheebaccus.
Sur la berge, on constate le triste sort des sapins. La plupart de ces arbres magnifiques ont été détruits par des plantes grimpantes et ceux qui restent le seront dans les années à venir si rien n?est fait. Depuis son élection comme président du village, Swalay Amerbeg a organisé trois Journées de l?environnement. ?J?ai fait une demande auprès des autorités pour avoir 500 poubelles à être distribuées aux habitants de L?Avenir et de Beau-Bois, mais j?attends toujours?.
Le président du village estime qu?on aurait pu transformer la berge de la rivière en parcours de santé parce qu?elle s?étend sur deux kilomètres. Il souhaite aussi avoir une rencontre avec le secrétaire parlementaire de la circonscription, Pradeep Peetumbar, pour lui faire part des problèmes qui affectent les villageois. ?L?absence de drains provoque des inondations. A chaque averse la mosquée du village est inondée. Il faut qu?il y ait un projet pour remédier à cette situation?, dit-il.
Par ailleurs, Swalay Amerbeg fait un appel à la National Development Unit (NDU) de doter L?Avenir et Beau-Bois d?un point de lumière à proximité des kalimye.
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