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Sortir en boîte en toute Sécurité
Il est 00 h 20, samedi soir. La fièvre monte déjà au Bridge, discothèque de Grande-Rivière-Nord-Ouest. Les visages sont baignés dans un kaléidoscope de couleurs. Du rouge en passant par le vert et le bleu, les jeux de lumière n?épargnent personne ! Fumée inodore, projection sur écran géant et musique à fond : ça chauffe déjà dans la salle. En piste ! Les corps se déhanchent. Chacun invente ses propres mouvements. Dans un coin, un couple s?enlace, se bécote au rythme du « ragga frotter ». Plus loin, un groupe de filles en tenue moulante lève les bras et se dandine. « Cela fait trois ans que je vais en boîte avec ma s?ur aînée. J?y viens surtout pour me défouler et me changer les idées », confie Lorna, 20 ans, étudiante. Pour Dany, 20 ans, un autre habitué, le nightlife est un tremplin pour les rencontres : « Je me sens comme chez moi ici. Je ne compte plus le nombre de relations que j?ai eues grâce aux night-clubs. Je me suis fait beaucoup d?amies et dans certains cas, des petites amies. »
Si ces deux jeunes s?estiment heureux de pouvoir aller en boîte librement, cela n?a pas toujours été sans s?attirer les foudres des parents. « J?avais toujours des craintes. On ne sait jamais ce qui peut se passer. J?ai peur que mes filles ne soient manipulées ou abusées. Avec l?ambiance, on peut se laisser influencer », confie Georgette, la mère de Lorna. Cette même réticence animait également Boujome, la mère de Dany. À telle enseigne qu?elle s?est même rendue un soir en boîte pour faire un état des lieux : « Je sortais d?un dîner non loin de la discothèque. Mon époux et moi avions décidé de faire un saut et de voir si tout allait bien pour Dany. Je m?attendais au pire. J?imaginais déjà que je tomberais sur des choses qui me choqueraient, mais j?ai été agréablement surprise de constater que ce n?était pas le cas. Je suis restée pendant une demi-heure avant de rentrer ».
Que redoutent donc les parents ? Bagarres, drogue, vols, attouchements sexuels, alcool,? en somme, l?insécurité qui règne dans certaines boîtes. D?ailleurs, cette année, plusieurs agressions se sont produites dans ces établissements. Qui en sont les auteurs ? Les videurs, selon les clients. « Nous n?avons pas le droit d?agresser les gens. Notre but est d?assurer leur sécurité. Lorsqu?un incident se produit, nous tâchons de privilégier le dialogue pour calmer les esprits », confie Johnny, un videur. La direction veut à tout prix instaurer un climat de sécurité et rassurer les clients. Pour ce faire, les responsables des night-clubs ont déployé les grands moyens. En premier lieu, l?accès est limité aux habitués, aux membres ou sur invitation. « Nous avons déjà une clientèle définie. Ce sont, par exemple, des habitués ou des membres de la boîte qui viennent souvent à la discothèque », confie DJ Mike, du Saxo, une discothèque de Beau-Bassin. Au Wild Monkeyz à Petite-Rivière, on n?accède pas à la boîte de nuit sans avoir montré, au préalable, une pièce d?identité. Exceptionnellement lorsque des matinées dansantes pour étudiants sont organisées, l?entrée est accessible aux mineurs. Dans ce cas, interdiction formelle de servir de l?alcool. « Je me souviens d?un cas où un jeune de 14 ans voulait consommer un shooter qui ne contient que 40 % d?alcool, mais je lui ai calmement fait comprendre que ce n?était pas autorisé. Même lors des soirées habituelles, si je constate qu?une personne n?est pas en âge de boire de l?alcool, je peux avertir la direction qui décide alors de la marche à suivre. Si par contre, un client est trop ivre, je peux refuser de lui servir encore de l?alcool », déclare Ideal J, barman.
Autre mesure de sécurité : les fouilles corporelles et les détecteurs de métaux. « Nous sommes très à cheval sur la sécurité. Les fouilles nous permettent d?empêcher les clients d?apporter des armes, des objets tranchants ou d?introduire de la drogue dans la boîte », souligne Arnaud, un des responsables du Bridge. S?il y a bien une drogue qui fait des ravages à l?heure actuelle dans les night-clubs, surtout en Europe, c?est le GHB. Une petite pilule dissoute dans un verre et hop, voilà que la plus sage des filles se transforme en bombe sexuelle et peut être violée sans se souvenir de quoique ce soit le lendemain (voir encadré). Pour détecter le moindre comportement suspect des clients, certains night-clubs, notamment le Bridge, disposent d?une caméra de surveillance. « Il y a déjà eu un ou deux petits accrochages, mais c?était dû au fait qu?un client avait trop bu et qu?il a eu les mains baladeuses », confie Corine Barrier, propriétaire du Wild Monkeyz. Dans ce cas, les videurs interviennent, dans la mesure où « la jeune fille a alerté la sécurité », soutient DJ Mike. Mais la question de la sécurité n?est pas uniquement du ressort des night-clubs. Elle commence par chaque client. Il faut certes bien s?amuser, mais sans exagérer, ni gêner les autres ! Tout se joue aussi en fonction du comportement de chacun. Ne cédez pas rapidement à la provocation. Planifiez votre temps et organisez bien la sortie. Sachez aussi vers qui vous tourner en cas de pépin.
Combien ça coûte ?
En boîte de nuit, le prix des boissons et autres objets est majoré. Par exemple, le verre de bière est à Rs 50. Un whisky, Rs 50 ou plus. Plusieurs types de boissons, comme des cocktails faits maison, sont aussi disponibles. Le paquet de cigarettes est à Rs 125. Pour le billet d?entrée, son prix se situe entre Rs 100 à Rs 200, par personne ou par couple.
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