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Soorya Gayan regagne le MGI
Un dénouement est attendu ce matin dans l?affaire Soorya Gayan. L?ex-directrice générale du Mahatma Gandhi Institute (MGI) devrait retourner à l?institution qu?elle dirige depuis 2001. Les choses ont évolué sur la bonne voie à la suite d?un entretien que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a eu avec elle hier après-midi. Un nouvel échange entre ce dernier et Soorya Gayan est prévu aujourd?hui. Les conditions de son retour au MGI seraient alors finalisées.
Soorya Gayan a été démise de ses fonctions mercredi dernier. Le motif du licenciement n?est pas indiqué dans sa lettre de révocation, mais la principale concernée pense qu?il est lié à des facteurs politiques. Elle a reçu le soutien de personnalités de tous bords. Hier, le leader de l?opposition, Paul Bérenger, a axé sa Private Notice Question (PNQ) sur sa révocation.
Confirmant son intention de rechercher, avec Soorya Gayan un accord sur le moyen de régler le problème, le Premier ministre a déclaré hier à l?express qu?il ?ne souhaite pas se préoccuper du passé mais préfère regarder vers l?avenir?. Il a discuté de plusieurs options avec Soorya Gayan, mais celle qui a le plus de chance d?être retenue concerne sa désignation à un poste de directeur au MGI, actuellement inoccupé.
<B>Apaiser la situation</B>
Le Mahatma Gandhi Institute (Amendment) Act de 2002 autorise l?institution à nommer cinq directeurs, tous répondant au directeur général. Outre un directeur ?schooling? et deux directeurs respectivement pour le MGI et le Rabindranath Tagore Institute, le conseil d?administration peut nommer ?such other Directors, not exceeding two in number, as it thinks fit?. Aucun de cinq titulaires n?a été encore désigné.
Soorya Gayan a refusé de commenter l?offre qui lui a été faite. Interrogée sur la teneur de sa conversation avec le Premier ministre, elle n?a pas été très explicite : ?On a commencé à réfléchir?. Elle a tenu, néanmoins, à faire ressortir qu?un débat devra être lancé sur les conditions de nomination dans les organismes parapublics.
Le Premier ministre donne le coup d?envoi à ce débat en affirmant qu?il ?considère que ce n?est pas justifié de révoquer des gens sauf s?ils se sont délibérément comportés comme des agents des partis politiques et qu?ils ont fait du tort aux institutions publiques?. Il s?empresse d?ajouter que ?madam la pas tonb dan sa categori la?.
Cette volonté d?apaiser la situation était d?ailleurs visible dès la matinée d?hier, quand le Premier ministre répondait à la PNQ. Il s?est contenté de rappeler les dispositions de la Constitution qui permettent depuis 1982 de mettre un terme aux contrats des nominés politiques après une alternance.
Il n?a fait aucune allégation précise à l?encontre de Soorya Gayan, alors qu?il a égratigné l?ancien président du MGI. ?The House may wish to note that a number of recruitments have been made by the MGI during the pre-election period and that the Chairman submitted his resignation on 04 July 2005.? Il s?est refusé de parler du cas spécifique de Soorya Gayan, expliquant qu?il allait discuter avec elle plus tard dans l?après midi.
<B>Image écornée</B>
Paul Bérenger a reconnu le ton positif de la réponse du Premier ministre à sa PNQ avant de souligner que Soorya Gayan a fait un ?great job? et que ?the decision can and should be reconsidered?. Un éventuel changement d?attitude sur la question ne peut que ?faire du bien au Premier ministre?, a-t-il estimé.
A l?heure du déjeuner, il devait reprendre la question avec le Premier ministre, son voisin de table. Il lui a notamment dit que même si, par cynisme, il aurait pu souhaiter un raidissement du gouvernement et un pourrissement de la situation, son esprit de patriotisme lui commande d?agir autrement. Il a demandé à Navin Ramgoolam de prendre conscience du fait que son image a été écornée par la manière dont Soorya Gayan a été traitée.
<B>?Je ne suis pas revanchard?</B>
Au Parlement, Paul Bérenger a argué que Soorya Gayan a été nommée ?purely on the basis on merits?. Il a rappelé que celle-ci avait été sélectionnée par un panel comprenant le directeur de la Tertiary Education Commission, Raj Lutchmeeah, l?ancien vice-chancelier de l?université, le Professeur Goolam Mohamedbhai, Raj Mathur, le Professeur Seewant Boojeedhur du Mauritius Research Council, l?ex-Associate Professor de l?université, Dharam Gokhool, deux hauts fonctionnaires et un représentant du haut-commissariat indien. Le leader de l?opposition a révélé que ?different opinions were expressed?. A cela, Dharam Gokhool a rétorqué : ?Allez lire le rapport du panel.?
Le ministre de l?Education, devait plus tard, dans une déclaration à l?express ajouter à la confusion qui existe sur l?origine de l?affaire Gayan: ?L?avenir va démontrer que ce n?est pas ma décision personnelle. C?est une décision du gouvernement. Ceux qui ne connaissent savent que je ne suis pas revanchard et que je suis magnanime et généreux.?
En tout cas, ce n?est pas certain que c?est lui qui aura le beau rôle une fois qu?une issue sera trouvée à la crise et que Soorya Gayan aura rejoint le MGI.
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