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Sombres réveillons

7 janvier 2005, 00:00

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La foudre ne frappe pas deux fois au même endroit, dit-on. Pourtant chez Michel et Elda Ferret à Baie-du-Cap c?est l?impression qui prévaut... A peine leur problème de logement résolu avec l?aide du Trust fund for the integration of vulnerable groups, cette famille pauvre se débat dans des difficultés financières insolubles depuis que Michel Ferret ne touche plus sa pension d?invalide. Le board du ministère de la Sécurité sociale vient de lui faire savoir qu?il n?est pas considéré comme étant invalide à plus de 60% et qu?il est apte à travailler.

Il souffre d?hypertension et de diabète depuis 14 ans. Le couple a aussi une fille de 15 ans, Mary-Joyce qui est autrement capable et elle, non plus, ne touche plus une pension. Michel Ferret porte de nombreuses plaies et des cicatrices à la jambe droite causées par des abcès. L?Etat lui versait une pension d?invalidité et cela depuis 10 ans, mais depuis trois ans, il doit passer devant le board du ministère de la Sécurité sociale tous les trois mois, pour toucher sa pension de Rs 2 860.

Or, il ne touche plus cette somme d?argent depuis le mois de novembre car le board est d?avis qu?il peut de travailler. ?Comment pensez-vous qu?il puisse travailler ? A chaque fois qu?il fait des efforts, ses plaies saignent?, explique Elda.

Comme un malheur ne vient jamais seul, Mary-Joyce ne touche plus sa pension depuis le mois d?octobre. Comme elle a eu quinze ans, le ministère de la Sécurité sociale a notifié sa famille que sa pension allait être réajustée et qu?un courrier du ministère leur fera savoir quand ils pourront passer la toucher. La lettre se fait toujours attendre. ?Cet argent servait à payer l?école spécialisée que Mary-Joyce fréquente à Chemin-Grenier et à lui acheter des vêtements.?

Le mois de décembre, période de fête et d?achats pour tous, a été sombre pour cette famille. Elle comptait sur les deux pensions pour passer des réveillons heureux.

?Ki reveyon pou fer kan pena narien dan lakuizin?, dit Elda. Elle avait le c?ur gros pour la Noël. ?Je n?ai même pas pu acheter une robe pour ma fille. Quelqu?un lui a donné une petite poupée.? Pour la St-Sylvestre, Michel a préféré passer la journée ailleurs. ?Il est découragé et il est très affecté mentalement. Il m?a demandé de ne rien faire et il est sorti.? Un proche de la famille leur a offert deux poissons pour le dîner du réveillon.

<B>Les dettes s?accumulent </B>

Elda travaille ?cote gagne? pour subvenir aux besoins de sa famille. Quelquefois, elle touche Rs 1 200 ou Rs 1 500. Depuis que son époux ne touche plus sa pension, les factures d?électricité se sont accumulées pour atteindre la somme de Rs 1 700. Des voisins ont aidé à payer une partie du compte. Les trois factures non payées de la CWA s?élèvent à Rs 210.

Le mois dernier, le Trust Fund a offert à cette famille des feuilles de tôle pour deux nouvelles pièces. Des volontaires lui ont donné un coup de main pour la construction et c?est Elda qui s?est improvisée maçon pour le parquet. ?Mon mari ne peut pas faire des efforts. C?est pour cette raison que j?ai mis la main à la pâte?, explique Elda. Elle souhaite que cette nouvelle année soit meilleure et que le ministère de la Sécurité sociale redonnera la pension de sa fille ainsi que celle de son mari. Ce serait la moindre des choses pour donner enfin un peu de bonheur à cette famille.

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