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Solution à long terme pour la production électrique
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Solution à long terme pour la production électrique
?A Maurice, le prix de l?électricité est une affaire politique. Le gouvernement veut maintenir un prix bas.? Cette affirmation de Joseph Vaudin, chief executive officer (CEO) de FUEL, peut expliquer la raison pour laquelle la politique énergétique du gouvernement envisage d?exploiter l?énorme potentiel des énergies alternatives. Une possibilité qui promet beaucoup mais qui demande des investissements et du temps.
Selon l?Electricity Act et le CEB Act, Le Central Electricity Board (CEB) a la responsabilité de fournir de l?électricité à tous les consommateurs, indépendamment de leur statut social. Cependant, la hausse de 15 % du tarif d?électricité n?a pu être empêchée. Pour éviter l?impopularité, le ministre des Services publiques, Abu Kasenally, se défend : ?Le fuel-oil, qui représente 73 % du coût de production, est passé à plus de 75 dollars le baril brut, tandis que le prix du charbon a augmenté de 50 %. Par ailleurs, la dépréciation de la roupie face au dollar et à l?euro, et la hausse des taux d?intérêt ont rendu inévitable la hausse d?électricité.?
De source officielle, on apprend que le pays veut réduire sa dépendance aux produits pétroliers et au charbon pour satisfaire les besoins du public. Comme toutes les autres îles, Maurice n?a ni puits pétrolier, ni charbon. L?importation du pétrole et de ses dérivés est incontournable pour produire l?énergie électrique. Afin de freiner cette dépendance, le gouvernement vient de présenter l?Outline of Energy Policy 2007-2025 à l?Union européenne. Ce document précise l?intention d?utiliser des sources d?énergie renouvelables, telles que : bagasse, déchets, solaire, éolienne et hydraulique. À ce sujet, une équipe de consultants de l?Union européenne et du Programme de développement des Nations unies travaillera sur l?approvisionnement d?énergie et ses sources, l?efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Eventuellement, il y aura un schéma directeur détaillé sur ces dernières.
<B>Carte de l?énergie solaire et éolienne</B>
Toutefois, l?exploitation des énergies renouvelables n?est pas une nouveauté à Maurice. Déjà, en 1958, FUEL avait installé un générateur d?électricité de 7,5 MW. Ainsi, à partir de la bagasse, l?usine produisait de l?électricité et l?exportait au CEB. En 2007, l?usine produit environ 45 GW/hr à partir de la bagasse uniquement et 115 GW/hr à partir du charbon. La centralisation et les nouvelles centrales thermiques plus performantes du secteur sucrier permettent de doubler la production d?électricité, comme c?est le cas de l?usine de société usinière du Sud, Savannah.
Joseph Vaudin explique cette idée : ?La bagasse est une énergie alternative disponible à Maurice, on n?a donc pas besoin de débourser des devises. Si la production d?énergie électrique à partir de la bagasse augmente, c?est à l?avantage du pays.? Toutefois, il faut noter qu?après la coupe, le secteur sucrier a également recours au charbon pour produire et vendre l?électricité au CEB. Joseph Vaudin ajoute : ?L?investissement de Rs 4,6 milliards de FUEL dans une centrale bagasse-charbon est l?une des mesures prises par rapport à la baisse du prix du sucre de 36 %. Donc, la réforme sucrière doit se faire avant 2009. C?est ce qui explique qu?en ce moment, il y a un différend entre le secteur sucrier et le gouvernement sur l?application de la politique énergétique. On pense qu?il faut favoriser des installations charbon-bagasse à haute performance avant de favoriser l?utilisation du charbon uniquement, comme c?est le cas du CT Power. Le coût de génération avec du charbon-bagasse est inférieur à celui du charbon uniquement. Pour l?instant, l?industrie sucrière et le gouvernement sont en négociation dans l?intérêt général, et on reste positif.?
<B>Du méthane à partir de la boue</B>
L?éolienne est également une source d?énergie renouvelable. Elle a été introduite à Maurice des années 80 à Grand-Bassin, mais elle s?est soldée par un échec. L?une des raisons est que l?éolienne n?est pas considérée comme une source fiable. Durant les cyclones, le vent est trop fort, tandis qu?à certaine période, il n?y a pas de vent. Cependant, à Rodrigues, les trois unités éoliennes que le CEB a installées ont prouvé leur efficacité dans la production électrique. Le directeur par intérim des services météorologies, Suresh Boodhoo, révèle qu??actuellement, la météo travaille en collaboration avec le Mauritius Research Council et le ministère des Services publics pour identifier d?autres sites à Maurice pour l?implantation des fermes éoliennes. On est en train de revoir la solar and wind energy map, car nous croyons qu?il y a du potentiel. Se tourner vers les énergies renouvelables n?est pas qu?une question de coût, mais c?est aussi par souci de ne pas polluer l?environnement.?
Du côté de l?énergie solaire, les avantages de son utilisation sont multiples. Le soleil est illimité et gratuit. Elle permet de diminuer de façon drastique les émissions des gaz à effet de serre. À Maurice, l?utilisation de l?énergie solaire est plus connue pour le chauffe-eau, même si elle peut être utilisée pour le chauffage de piscine et d?édifices, la cuisson et le traitement des eaux, entre autres. Elle peut également produire l?électricité grâce à des réseaux photovoltaïques. Suresh Boodhoo explique qu??initialement il faut beaucoup d?investissement pour mettre en place des mécanismes permettant une utilisation efficace de l?énergie solaire et éolienne. La bonne nouvelle c?est qu?une fois que c?est fait, il n?y plus que les frais de maintenance. Donc, c?est une source d?énergie électrique avantageuse.?
Par ailleurs, la Station de traitement des eaux usées à St. Martin produit du méthane à partir de la boue pour générer de l?électricté afin de satisfaire partiellement les besoins de la consommation interne. Quant à l?énergie hydraulique, elle représente 5 à 6 % de sources d?énergie du CEB, qui revient à environ 100 GW/hr. Pendant la saison pluvieuse, c?est-à-dire en février et mars, l?hydraulique est utilisée au maximum tandis que durant la sècheresse, son utilisation diminue considérablement.
On entend aussi parler d?autres énergies renouvelables, notamment l?énergie thermique de l?océan, les vagues et l?énergie géothermique. Tant à sa surface qu?en dessous, la mer est en mesure de générer de l?électricité. En ce qui concerne l?énergie des vagues, le CEB a eu des séances de travail avec les firmes Ocean Tech du Danemark et Energy Tech de l?Australie. Par ailleurs, le Mauritius Research Council et le ministère des Finances ont exprimé un intérêt d?utiliser l?eau froide de la mer pour la climatisation. Les schémas 1 et 2 montrent la consommation d?énergie électrique durant l?hiver et l?été. Durant l?été, la consommation d?électricité est supérieure à cause de la climatisation des bâtiments. Ainsi, l?eau froide de la mer représente une autre source alternative d?énergie qui peur mener à la réduction de l?utilisation des produits pétroliers pour la génération de l?électricité. Cependant, on nous apprend que de tels projets sont trop coûteux. De plus, les techniques ne sont pas encore tout à fait au point.
L?Outline of Energy Policy 2007-2025 estime que la nouvelle politique énergétique du gouvernement demande des investissements d?une valeur de Rs 80 milliards pour la génération d?électricité. La transformation des énergies renouvelables en énergie électrique exige des capitaux massifs dont l?amortissement est dans la durée. Du côté du Mauritius Research Council, on laisse entendre que bouger du fuel vers les sources renouvelables prendra du temps. Les résultats des actions prises à présent feront surface dans deux décennies. Une démarche qui s?avèrera être bénéfique à la longue, car elle permettra d?économiser sur l?importation des produits pétroliers, d?alléger le fardeau du CEB et de réduire les dépenses en devises. Consommateurs, gardez les doigts croisés? Peut-être que le prix de l?électricité sera plus abordable dans le futur?
<B>Aansa BEDACEE</B>
<B>Les objectifs du gouvernement en matière de politique énergétique nationale </B>:
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Elargir la base d?énergie du pays afin de réduire la dépendance sur les transporteurs d?énergies importées, tout en limitant la vulnérabilité de Maurice en ce qui concerne les carburants et leurs prix instables ;
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Permettre l?utilisation optimale des énergies locales et renouvelables en s?assurant que d?autres projets d?énergies alternatives (par exemple l?éthanol) sont évalués sur la base de leur bénéfice pour leurs consommateurs ;
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Augmenter la protection et la préservation de l?environnement, en particulier la réduction de l?émission des gaz à effet de serre ;
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Promouvoir l?efficacité énergétique incluant le secteur du transport ;
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Offrir une énergie abordable à tous les secteurs de l?économie tout en s?assurant la durabilité financière de l?électricité du service public ;
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Faire preuve de transparence dans les accords de l?achat d?énergie indépendante ;
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Promouvoir la croissance économique et la création d?emploi en s?assurant l?approvisionnement fiable d?énergie à des prix compétitifs au niveau international ;
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Démocratiser l?approvisionnement d?énergie en s?ouvrant à de nouveaux venus par le développement d?un système transparent et ouvert qui encourage les nouveaux, incluant les petites et moyennes entreprises, à concourir pour offrir des produits d?énergie.
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