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Soldats des rimes engagées
Ce soir c?est le concept «Pas joujou, pas dodo» qui va primer à Anjalay. Les figures de proue de cette sonorité, sur l?échelle mondiale, seront en action. De grosses étincelles sont prévues. «Pas joujou, pas dodo», comme le dit si bien Daddy Mory, souligne le fait que ces artistes «ne sont pas là pour jouer ou dormir sur scène. Cela va être du sérieux? »
Le message est clair. Les deux voix emblématiques de ce mouvement promettent un spectacle à la hauteur de nos attentes.
Celui qui est déjà venu chez nous, par l?entremise du Festival Reggae Donn Sa (OSB Co. Ltd), se dit motivé à bloc pour chauffer le public. Il proposera, ce soir, les titres de son dernier disque Reality. «C?est un disque engagé mais qui comprend aussi des morceaux club. J?ai travaillé avec beaucoup d?artistes du milieu hip-hop, comme Mokobé?» explique l?ex-membre de Raggasonic.
Pionnier du raggamuffin (devenu dancehall), en France, Daddy Mory note que ce milieu bouge de manière positive dans son ensemble. «Le dancehall francophone se porte bien. Il y a des jeunes artistes qui émergent. A 35 ans, je suis fier de pouvoir avancer en parallèle avec la nouvelle génération.» La clé de cette pérennité ?
«Il faut rester humble et être toujours proche des gens», dit Daddy Mory.
Pour Admiral T, qui a sorti Toucher L?horizon en 2007, où il invite Diams pour mettre le feu, «ce disque est un message pour dire qu?on ne finit pas d?apprendre? Il faut toujours avancer dans la vie, traverser les étapes pour aller encore plus loin, pour toucher l?horizon.»
<B>Reconnaissance identitaire</B>
Dans cet opus, on retrouve encore et toujours l?attachement d?Admiral T pour la culture créole. «On a besoin, en tant que créole, d?avoir une certaine reconnaissance. Les artistes, écrivains , poètes ont une grande influence et peuvent travailler dans ce sens. On doit mettre en avant notre identité. C?est très important de savoir qui on est et d?où on vient.»
Aujourd?hui, ce message a été entendu par beaucoup.«Nous sommes tous des acteurs dans la reconnaissance de notre identité. Quand Lilian Thuram vient parler de la culture créole, c?est bien pour la jeunesse. Il faut être fier de ce qu?on est, comme le disait Aimé Césaire», déclare Admiral T.
De leur carrière, les deux artistes les abordent avec le même état d?esprit. «C?est par passion avant tout», concèdent-ils. «Aujourd?hui, beaucoup font de la musique pour de l?argent ou pour ressembler à un tel. Pour moi le dancehall c?est un engagement. Il faut être passionné et avoir de la patience. Sans patience, on n?arrive pas à perdurer dans ce milieu», explique Daddy Mory. Admiral T abonde dans le même sens : «j?aborde la musique avec passion. C?est cette passion qui a fait que j?ai pu concrétiser mes envies?»
Que ce soit pour Daddy Mory ou pour Admiral T, ils sont tous deux à leur deuxième album solo. Et ils préfèrent parler de la «continuité» d?un parcours que «d?un album de maturité.» Avec Toucher L?horizon, Admiral T s?affirme encore plus et atteste son côté engagé. «Je suis un artiste engagé. Mais, c?est le public aussi qui décide si un artiste et engagé ou pas. La musique je l?aborde avec passion.»
Quand on lui parle d?ascension fulgurante, Admiral T parle plus d?un cheminement. «J?ai débuté à 12, 13 ans. J?ai vu les choses progresser? pour en arriver là. Ce sont des années de travail. Et c?est le travail qui paie. Le monde de la musique, ça a un côté un peu vicieux. C?est pourquoi je dis toujours : «J?aime la musique mais pas le milieu show-biz», déclare l?auteur de Toucher L?horizon. Pour les deux, la musique se vit sur scène. Et ce soir, ils comptent bien le démontrer. Ok Dem!
Plateau local versatile</B>
Du côté de chez nous, il y a une pléiade d?artistes qui assurera la première partie de cette nuit du dancehall? Musicalement, c?est très varié. Du rap au dancehall en passant par le rock et du reggae.
Un creuset sonore pour diffuser les influences diverses de notre pays. Le combo North Side Zoo sera le premier en scène. Suivra, Cris Yar, N.A.S Posse, les rappeurs de la ville lumière (Curepipe), Yenla Kila, la nouvelle voix du dancehall et Ben G.
On passera, après, à une autre phase avec les ambassadeurs du rock mauricien, Crossbreed Supersoul. Ras Minik & Cool is I distillera son seggae/reggae particulier et Negro Pou Lavi, qui à la dernière nouvelle sera accompagné par le groupe Natir (Samarel). Il y aura aussi de la danse avec Hip Hop Dancers de AS T.
Il reste encore des billets</B>
Les places pour le concert de ce soir, il y «en a plein encore» dit Vincent Choowrimootoo, de Gial Evènement International. Les billets seront en vente sur le site du concert en début de matinée. Ils sont encore disponibles à Rs 350 chez Power Music Shop (Curepipe, Rose-Hill et Port-Louis), Symphony (Curepipe), Harbour Music (Rose-Hill et Port-Louis), Hardrock Music (Port-Louis), East Sider (Quatre-Bornes), Raja Music (Flacq), Dodo Music (Mahébourg), One Drop (Chemin Grenier) et à travers le Rézo Ôtayô (466 9999). Par ailleurs, les portes seront ouvertes à partir de 18 h, précisent les organisateurs.
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