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Soixante jours pour réussir?

25 février 2005, 00:00

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Des bribes de conversation s?échappent des fenêtres d?un bâtiment en béton. L?oreille aux aguets, il est facile de deviner que les occupantes suivent des cours. L?ambiance est amicale et la bonne humeur est au rendez-vous. Assises à même le sol, une vingtaine de femmes manient des fibres de vacoas avec beaucoup de dextérité. Le deuxième jour du cours est basé sur les différentes techniques de fabrication de nattes.

?Il y a un défaut ici Devi. Regarde. Tu dois tout recommencer.? Celles qui ont maîtrisé la technique conseillent les autres. Devi accepte positivement la remarque de son amie. ?Si nous ne nous corrigeons pas, il sera difficile de progresser?, commente une autre. Tous ses gestes se passent sous l??il vigilant d?Anne Félicité, la formatrice. Elle est passée maîtresse dans l?artisanat après avoir acquis une formation à Madagascar et dans d?autres pays africains.

Une brilllante idée

Au fond de la salle, Catherine Velielle donne l?exemple. Debout devant une table, elle prend plaisir à natter les feuilles de vacoas. Elle est la présidente de l?Association féminine Etoile Brillante de Baie-du-Cap. Il y a trois ans, l?association a regroupé les femmes au foyer de la région de Baie-du-Cap. Et l?idée a germé dans la tête d?une jeune femme, Julienne Genave.

Catherine Velielle se souvient encore quand Julienne l?a approchée. ?Je suis une femme populaire et j?ai de l?expérience dans l?artisanat. Les femmes voulaient avoir une certaine connaissance?, déclare-t-elle. Les cours commencent alors avec sept femmes.

L?entreprenante Catherine approche peu de temps après le National Entrepreneur Council pour bénéficier de quelques facilités, mais il faut, bien sûr, se faire enregistrer. De bouche à oreille, l?association sort de l?ombre.

En 2003, un premier groupe de femmes bénéficie d?une formation dans la fabrication de paniers en osier. Elles sont 22. Les démarches de la présidente aboutiront sur d?autres cours, ceux de confection d?objets en paille. Et tout récemment, l?International fund for agricultural development a apporté sa contribution pour leur formation en finançant les cours de vannerie qu?elles suivent depuis une semaine.

?Ces cours dureront soixante jours. Je leur enseignerai la base de la vannerie et comment observer un objet fait avec de la matière synthétique et le copier avec des matières végétales?, explique la formatrice. Dans soixante jours, les femmes seront capables de fabriquer des paniers et elles en sont contentes.

Julienne Genave, la femme qui a eu l?idée de former cette association, est ravie. ?Je n?avais rien à faire à la maison. Grâce à ce groupe, j?ai acquis certaines connaissances. Il me reste à développer ce que j?ai appris?, dit-elle. La plupart d?entre elles n?avaient aucune activité, leurs besognes ménagères terminées.

Cherchent local

Quelques unes vendent leurs produits avec des proches sur commande, mais d?autres n?ont pas cette chance. La location des étals lors des différentes foires commerciales est trop chère pour ces femmes. Elles se tournent alors vers le gouvernement pour leur venir en aide. ?Il ne faut pas que nos connaissances restent au fond d?un tiroir. Il nous faut un endroit pour écouler nos produits. Nous cherchons aussi des personnes pour nous aider à confectionner des produits de qualité?, souligne Catherine.

Ce serait le comble du bonheur si elles pouvaient avoir un endroit pour vendre leurs produits. Elles sont toutes au chômage. L?âge avancé de quelques-unes ne leur permet pas de travailler à l?usine. L?artisanat est probablement leur seul salut.

Elles sont confiantes parce que leurs produits sont bons. D?ailleurs, elles visent loin. ?Nous obtiendrons tout le soutien réclamé, nous allons décrocher le National Quality Award?, conclut la présidente qui sait motiver son groupe.

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