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Sivaramen et Devila unis jusque dans la mort
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Sivaramen et Devila unis jusque dans la mort
Le monde s?est écroulé pour Vanina, 22 ans, et ses deux frères, Indressen, 29 ans, et Ashwin, 21 ans. Ils ont perdu leurs parents dans un terrible accident de la route à Grand-Baie, lundi soir. Sivaramen et Devila Palanee sont morts sur le coup, fauchés par une fourgonnette alors qu?ils se déplaçaient à mobylette. Le chagrin de Vanina est d?autant plus intense que les infortunés venaient à peine de prendre congé d?elle à son domicile de la rue Topize à Grand-Baie. Ils ont été percutés par-derrière, aux feux de signalisation de Chemin Vingt-Pieds, alors qu?ils allaient s?engager dans Vale Road pour regagner Goodlands.
<B>Amas de feraille</B>
L?amas de ferraille qu?est le cyclomoteur témoigne de la violence de la collision. Sivaramen a été projeté contre les feux. Devila, elle, est tombée plus loin sur la chaussée, la tente contenant le dîner de leur benjamin Ashwin à ses côtés. Le chauffard, Laval Edouard, a ensuite pris la fuite. Il a été appréhendé cinq heures plus tard à son domicile de Grand-Baie par la brigade criminelle de la localité. Les renseignements de certains témoins oculaires ont été précieux : le nom de l?employeur du chauffard figurait sur le véhicule incriminé. Le technicien devra maintenant répondre de ses actes devant le tribunal de Mapou pour homicide involontaire.
« La loi doit être plus sévère contre les chauffards », peste Vimi Loll, la s?ur de Devila. La fureur mêlée à la douleur se lit sur les visages de ceux présents aux funérailles des victimes mercredi. Sivaramen et Devila incarnaient le couple modèle. Malgré leurs trente ans de mariage, ils étaient comme de jeunes mariés. « Chaque dimanche mon père emmenait ma mère à la plage. Il l?adorait », soupire Vanina. La jeune femme est perdue dans ses souvenirs. Et dire que si elle était restée chez ses parents, ils seraient peut-être encore en vie. Comme cela se fait dans de nombreuses familles mauriciennes, Vanina est venue habiter chez les siens peu après avoir accouché de Dushila, un mois plus tôt.
Parce qu?une cérémonie religieuse, l?âdhi, approchait, Devila a voulu que sa fille rentre chez elle avant le début des rites obligatoires. Mère et fille ont donc pris un taxi lundi après-midi pour Grand-Baie. Sivaramen est venu les rejoindre en début de soirée pour rendre visite à sa petite-fille. Il était tout heureux d?être devenu grand-père pour la première fois. « To kwar éne jour nou pou trouve nou ti bébé vine grand couma Vanina », demandait Sivaramen à Devila en berçant Dushila. Lui qui n?était jamais resté chez un proche durant toute sa vie disait maintenant son intention de venir habiter chez sa fille pour voir grandir son petit-enfant.
<B>La mort au carrefour</B>
C?est presque à contrecoeur que le vieux couple prend congé de leur fille pour rentrer ce soir-là. La mort les attendait à un carrefour deux kilomètres plus loin. Mercredi, lors des funérailles de Sivaramen et de Devila, chacun voulait apporter son témoignage. « Ene l?armé kine mort », soupire Isry Bègue, un voisin, en se rappelant du temps où Sivaramen n?était que simple jardinier à la propriété sucrière de Saint-Antoine. En épousant Devila, il a ouvert une petite boutique à Triangle, près de Goodlands. Ils vivaient à l?arrière avec leurs trois enfants. Au fil des années, le couple a transformé la boutique en supermarché et acheté une maison à la rue SSS. « Zot ine allé, zot pane laisse nou lor la paille. Zot fine toujours travaye afin ki nou pas manque narien? » pleure Vanina.
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