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Sithanen invite les entreprises profitables à être plus généreuses

30 mai 2007, 00:00

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Le ministre des Finances, Rama Sithanen, invite les entreprises les plus profitables du pays à accorder une compensation salariale plus généreuse à celle recommandée par le National Pay Council (NPC). C?est la demande qu?il a faite, hier, à l?Assemblée nationale, en réponse à la Private Notice Question. Celle-ci était axée sur le mode de calcul de la compensation salariale annuelle. Le NPC a en effet recommandé une compensation salariale se situant dans une fourchette de Rs 260 à Rs 400 cette année.

Le grand argentier explique qu?en l?absence d?un mécanisme permettant aux employés de savoir si une entreprise est capable de payer plus que ce qui a été recommandé, le NPC a appelé les employeurs à jouer le jeu. Il affirme ainsi avoir reçu confirmation, hier, matin qu?un des secteurs clefs de l?économie est disposé à accorder une compensation salariale de 11 %. Il déclare aussi qu?il est fort probable que le secteur hôtelier fasse un effort en ce sens.

Le ministre des Finances a d?autre part justifié le quantum de la compensation salariale du NPC. Selon lui, tous s?accordent à dire qu?il y a une reprise dans plusieurs secteurs clés. Mais il n?empêche, précise-t-il, que certains secteurs demeurent vulnérables. Et c?est pourquoi, le NPC doit éventuellement adopter la politique de la différenciation, précise-t-il. Grâce à ce principe, le secteur qui sera en mesure d?accorder une meilleure compensation aux travailleurs le fera. Ce système permettra ainsi d?identifier les secteurs qui méritent une attention particulière, comme par exemple les petites et moyennes entreprises. ?Il ne faut pas non plus que le taux d?inflation continue à augmenter. De même il faut garder le taux d?intérêt à un niveau bas pour encourager l?investissement et la création d?emploi?, dit le grand argentier.

Allègement de la pauvreté

Parlant de la recommandation du NPC, Rama Sithanen a affirmé que quatre critères ont été utilisés pour déterminer le quantum de la compensation salariale, à savoir l?indice des prix à la consommation, la capacité des entreprises à accorder une augmentation, la productivité et la compétitivité, ainsi que le taux de l?emploi et du chômage. Le NPC s?est appuyé sur les chiffres suivants pour déterminer la compensation salariale : croissance économique moyenne de 5%, taux de chômage à 9,1%, croissance moyenne de la productivité à 3,4 % et taux d?inflation à 10,7 %. Le ministre des Finances dira aussi que le NPC a utilisé la formule suivante pour déterminer la compensation salariale annuelle : 50 % du taux d?inflation ajoutés à la croissance de la productivité moyenne. Le NPC a aussi recommandé que le principe de productivité ne soit pas qu?un simple slogan mais devienne partie intégrante de la culture du travail. Ce comité s?est aussi prononcé pour l?allègement de la pauvreté.

Après de longues négociations, rappelle encore le ministre, les employeurs et la classe syndicale sont finalement arrivés à un consensus sur la nécessité d?accorder une compensation salariale 8,7 % aux employés touchant jusqu?à Rs 3 000. Il devait aussi déclarer que le NPC aurait préféré faire une distinction entre les différents secteurs.

Aucune leçon à recevoir

Et, dit-il encore, le prochain round des négociations qui aura lieu l?année prochaine fera la part belle à un mécanisme qui incitera les salariés à réclamer une compensation salariale au-delà ce qui a été prévu par le NPC dans les secteurs profitables. Au cas où une entreprise déciderait de payer moins que ce qui a été prévu, elle devra s?expliquer auprès des travailleurs.

Le grand argentier a ensuite répondu à une série de questions venant des bancs de l?opposition notamment celles du député Jayen Cuttaree. Le ministre a tenu à préciser que le taux d?inflation n?a jamais été compensé à 100 % même s?il est parfois à deux chiffres. Il cite le cas de 1982 ou le taux d?inflation était de l?ordre de 26,5 % et la compensation salariale fut fixée à 13,4 %. Il a profité de l?occasion pour accuser l?ancien régime d?avoir ruiné l?économie du pays en n??ajustant pas la roupie pour des raisons purement économiques?. ?Le gouvernement n?a aucune leçon à recevoir de l?opposition ?, a-t-il conclu.

La mobilisation continue

Les dirigeants des treize fédérations syndicales se sont réunis, hier, pour passer en revue la situation après la décision du gouvernement d?aller de l?avant avec la recommandation du NPC. ?Nous craignons maintenant que le gouvernement continue à exclure les syndicats des décisions importantes?, déclare Cassam Kurreeman, président du Mauritius Labour Congress. Il cite le cas de l?invitation lancée aux travailleurs non syndiqués par le ministère du Travail et des relations industrielles pour constituer un National Tripartite Forum. Il critique la déclaration faite par le ministre Bunwaree selon laquelle il ne faut pas qu?il y ait un abus de ?time-off? de la part de certains syndicalistes. Les membres de la plate-forme syndicale se réuniront la semaine prochaine pour décider de la marche à suivre.

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