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Sithanen blâme les abus dans les dépenses publiques

28 avril 2006, 00:00

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L?administration publique face à ses responsabilités de rigueur budgétaire. Le vice-Premier ministre (VPM) et ministre des Finances, Rama Sithanen, exhorte les ministères, les départements gouvernementaux, les corps et les entreprises parapublics à s?engager plus activement dans le combat contre le gaspillage, l?inefficience et la mauvaise utilisation de l?argent des contribuables.

Rama Sithanen procédait hier au lancement des comités d?audit au sein des ministères. La fonction a eu lieu au Lunch Room de l?Assemblée nationale à Port-Louis. L?avènement de ces nouvelles structures s?insère dans le cadre des initiatives visant à promouvoir une gestion saine des ressources financières à la disposition du gouvernement.

Le grand argentier a adressé un message fort et dur aux fonctionnaires pour que chaque sou provenant des caisses publiques soit dépensé convenablement. A quelques semaines de la présentation du budget, le ministre a dévoilé les grandes lignes de sa lutte anti-gaspillage. Mais c?était aussi l?occasion d?émettre des critiques contre certains départements et organismes publics sur la manière dont ils gèrent les fonds qui leur sont alloués.

?Il faut que les fonctionnaires réalisent que cet argent provient des contribuables, dont des gens pauvres et de la classe moyenne qui payent la TVA et l?impôt?, fait remarquer Rama Sithanen.

En raison de certains dérapages, les demandes pour les dotations budgétaires par les différents ministères seront soumises à un examen plus rigoureux. ?Les ministères devront revoir la priorité de leurs dépenses. Nos ressources sont limitées. (?) Je suis outré de constater que certains projets de développement dépassent largement leurs coûts initiaux.?

Les décaissements méritent un meilleur contrôle. Le ministre des Finances affirme qu?il a insisté auprès de ses collègues pour que les budgets des différents ministères soient alloués selon de nouveaux critères. ?Je leur ai fait comprendre que les prochaines allocations ne pourront servir de benchmark comme certains ont suggéré. Les ministères doivent éliminer les gaspillages au préalable.?

Le ministre des Finances égratigne au passage les organismes et les sociétés parapublics. L?attitude de certaines agences l?irrite. ?Je suis indigné par l?aisance avec laquelle certains corps parabublics demandent au ministère des Finances de rayer leurs dettes qui se chiffrent parfois à Rs 150 millions ou plus. On peut construire des écoles avec cet argent !?

Assumer ses actes

L?assainissement des caisses publiques a pour but de réduire le déficit budgétaire qui demeure un des principaux maux macroéconomiques du pays. Le déséquilibre fiscal pour l?année financière en cours se situera à 5 % du produit intérieur brut (PIB). Si l?on tient compte des déficits des agences parapubliques, ce chiffre sera de 7 %. En conséquence, la dette publique prend des proportions inquiétantes. Le service de la dette pour 2005-06 représente 22,5 % du budget courant. Il est prévu que le remboursement des emprunts absorbera au moins un quart des dépenses courantes lors de la prochaine année financière.

Les comités d?audit serviront de structure par excellence pour mettre en pratique les recommandations du directeur de l?Audit pour une utilisation judicieuse des fonds.

Vasdev Hassamal, conseiller au ministère des Finances et président de la Mauritius Revenue Authority (MRA), s?est appesanti sur le rôle et la responsabilité de ces structures. Celles-ci auront davantage une fonction de conseiller que d?autorité auprès des ministères.

Jayen Cuttaree, président du Public Accounts Committee (PAC) du Parlement, dans l?assistance, a affirmé que les fonctionnaires devront assumer davantage leurs actes et leurs décisions. ?Les ministres ont parfois à répondre pour des décisions pour lesquelles ils ne sont pas personnellement responsables à l?Assemblée nationale?, fait-il remarquer.

Dhanraj Boodhoo, membre du PAC, a, lui, mis en garde contre une forme de camaraderie entre officiers publics qui pourrait nuire au fonctionnement des comités d?audit. ?Les fonctionnaires ont souvent tendance à ne pas blâmer leurs collègues. Il faut faire appel à des gens du secteur privé pour siéger dans ces comités.?

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