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Sithanen : «Soutenir les groupes à revenus moyens et ceux qui sont très vulnérables»
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Sithanen : «Soutenir les groupes à revenus moyens et ceux qui sont très vulnérables»
«S?il n?y avait pas la croissance, nous n?aurions pas pu être aussi généreux.» Rama Sithanen, ministre des Finances, revenait hier sur le contenu du budget 2008-2009 présenté vendredi. Il participait au petit-déjeuner (budget breakfast) organisé par PricewaterhouseCoopers (PwC), au Domaine Les Pailles, pour débattre de la question.
Justifiant les choix arrêtés au cours du dernier exercice budgétaire, le ministre a évoqué la générosité du budget envers les «actionnaires de l?Etat», se référant, entre autres, à l?allègement de la pauvreté extrême. «Il nous fallait soutenir tout particulièrement les groupes à revenus moyens ainsi que ceux qui sont très vulnérables», a-t-il déclaré. «C?est un budget en faveur du bien-être et du développement.»
Rama Sithanen a aussi rappelé l?importance accordée aux infrastructures dans ses propositions budgétaires, «tant physiques qu?humaines». «Le plus grand défi est de mettre en pratique les mesures annoncées, notamment au niveau des infrastructures», a-t-il cependant précisé.
Si le budget peut être décrit comme un «budget expansionniste», le ministre a expliqué qu?il s?agissait avant tout de faire des choix, afin de «payer les dettes, investir dans le futur, et donner de l?argent aux actionnaires». «Comment coupe-t-on un camembert lorsqu?on a trois enfants à la maison ?» s?est interrogé Rama Sithanen.
Pour lui, le principal défi que le pays doit relever est le maintien du rythme de la croissance économique à 6 %. Cependant, a-t-il reconnu, l?inflation est également un défi à relever.
A l?heure des interventions des participants à la rencontre, André Bonieux, de PwC, s?est dit d?opinion que le ministre «aurait dû opter pour un déficit budgétaire plus bas». Il l?a interrogé sur l?éventualité d?une surchauffe de l?économie dans le contexte d?un tel taux de croissance. Pour Rama Sithanen, l?objectif à moyen terme est un déficit budgétaire d?environ 3 % : «Nous avions à faire un choix. Et c?est un choix équilibré que nous avons fait.»
«Récompense de l?inefficience»</B>
Face aux ombres qui se dessinent sur la scène internationale, notamment le risque d?une récession, Rama Sithanen a assuré avoir «pris les mesures qui vont mitiger l?impact adverse de ces crises sur notre économie». Cependant, avec un budget sur six mois, il aura aussi la possibilité de réagir et d?amortir l?impact de certaines menaces qui prévalent sur le plan international.
A propos des conclusions du Pay Research Bureau (PRB), le ministre des Finances a assuré que les paiements seront faits à 100 % tout en maintenant le déficit à 3,3 %, en rehaussant le seuil des impôts sur le revenu, et en étant «très justes vis-à-vis des pensionnés». Pour lui, la «façon dont les gens sont récompensés dans le secteur public et dans le secteur privé n?est pas la même».
Jacques de Navacelle, de la Mauritius Union, l?a sollicité quant à la perception de certains «qui voient dans le PRB une récompense de «l?inefficience»». Le ministre a énergiquement répondu que nous passons d?un input-based budget à un performance-based budget. «En retour, nous nous attendons à un résultat et à la performance, même au niveau des forces de l?ordre.» Les discussions sont en cours quant à la réforme des organismes parapublics.
Gérard Garrioch, président du Joint Economic Council, a, lui, évoqué les inquiétudes de l?industrie locale. Mais Rama Sithanen a affirmé avoir pris «des mesures afin de mettre tout le monde sur un pied d?égalité». Avec la réduction fiscale, il s?agissait aussi d?augmenter le pouvoir d?achat.
Dans le secteur de l?agro-alimentaire, Michel de Spéville, du groupe Food and Allied Industries, s?est posé la question quant à «une contradiction entre le fait de pousser la production alimentaire et d?ouvrir les vannes à la concurrence qui pourrait détruire cette production alimentaire». «Nos chiffres montrent que cela n?aura pas d?incidence sur la production locale, dans des cas spécifiques, comme celui du poulet», a répondu Rama Sithanen. Pour d?autres cas, comme les biscuits et le mobilier, le scénario pourrait différer.
D?autres sujets ont été abordés lors de cette session questions-réponses, dont la Land Based Oceanic Industry, la land transfer tax, le campement site lease, la politique monétaire.
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