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Sit-in d?Eliézer François à la police de B. Bassin

16 mai 2007, 00:00

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Eliézer François, alors ministre du Logement et des Terres (décembre 1976-juin 1982), fait parler de lui, en ce mois de mai 1982. Il est question, par exemple d?un sit-in familial (avec femme et enfants) au poste de police de Beau-Bassin, dans la nuit du 16 au 17 mai 1982. Il entend protester ainsi contre ?l?attitude discriminatoire de la police? à l?égard des siens. A minuit, il se permet de téléphoner à Sir Seewoosagur Ramgoolam pour l?informer dudit sit-in. A nous d?imaginer la tête de Chacha, ainsi retiré des bras de Morphée, pour cause de sit-in nocturne, policier et ministériel.

Cette protestation sortant de l?ordinaire fait suite à l?arrestation d?un frère du ministre pour perturbation de l?ordre public. Eliézer François raconte à la presse : Le 16 mai, il apprend qu?on veut créer du désordre au meeting qu?il doit tenir dans les heures qui suivent. La police est dûment avertie. Mais le meeting se déroule sans incident. Efficacité policière donc irréprochable. Cela n?empêche toutefois pas l?arrestation du frère du ministre, suite à la déposition de trois personnes contre lui, alors qu?il n?y a pas eu d?incident, foi de politicien. D?où le sit-in ministériel et familial. La presse mauve fait bien état d?une femme agressée lors d?un meeting du PAN (PTr + satellites), suivie de l?arrestation d?un frère de ministre, de demande d?asile au poste de police de Beau-Bassin pour cause d?intimidation de la part de tapeurs du PMSD. Version crédible pour militants seulement.

La presse allègue qu?Eliézer François est condamné par la Cour suprême, s?il vous plaît, à une amende de vingt roupies pour outrage à magistrature. La même instance judiciaire lui a interdit de faire usage du coq de Gaëtan Duval et de l?appellation PMSD. Coq à l?appui, Eliézer François aurait toutefois invité, par voie d?affiches, les Vacoassiens à assister à un meeting du... PMSD.

Plus sérieusement, Eliézer François confie ses espoirs électoraux à notre presse indépendante : ?Le PAN n?était pas encore en campagne. Maintenant ça va changer?, déclare-t-il. Il est temps car, si l?Assemblée législative est dissoute depuis décembre 1981, les élections législatives du 11 juin 1982 sont désormais à moins d?un mois.

Curieuse carrière politique que celle d?Eliézer François. Il débute dans la vie politique au début des années 1960, en créant un petit Parti libéral, un premier Groupe Eliézer François en quelque sorte. Les premiers résultats électoraux sont prometteurs puisqu?il obtient presque 10% des voix des 5 006 votants aux législatives du 23 octobre 1963. Lors du même scrutin Marcel Mason n?obtient que 151 voix à P. Louis Nord, D. Napal 216 voix aux Pamplemousses, Raymond Rault 620 voix à Mahébourg, Mahess Teeluck 265 voix à Belle Rose, Soo Soobiah 262 voix à Moka, Dr Edgar Millien 43 voix à Beau Bassin. Il s?est porté candidat parce que la propriété familiale est réquisitionnée aux Cassis pour les besoins de la construction de l?autoroute Saint-Jean-Port Louis. On l?oblige à évacuer les lieux, alors que son père vient de mourir. Cela l?incite à prendre part à un meeting du PMSD qui le fait élire conseiller municipal, en 1964. Son refus de toute injustice l?incite aussi à défendre la candidature de Maurice Hein à Port Louis, que dénigrent des racistes, aux cris de ?pas de candidats blancs dans une ville noire !? C?était toutefois le PMSD de Jules Koenig, s?empresse de préciser Eliézer François. En 1965, il est encore candidat du PMSD à une élection municipale partielle à P. Louis.

Il se plaint toutefois des intrigues d?Augustin Moignac et de Gaëtan Duval à son détriment au sein du PMSD. Les deux lorgnent le No 1 où Eliézer François se sait le candidat le plus populaire. Il travaille à fond cette circonscription mais à l?heure du partage des tickets, Duval se présente au No 1 avec Moignac et Monaf Fakira comme colistiers. Il démissionne du parti et Duval s?empresse d?accepter sa lettre. On exerce des pressions sur Duval qui propose à Eliézer François de se porter candidat à Curepipe pour donner finalement le ticket à Gaëtan de Chazal. Il envoie Eliézer François à Floréal où de nouveau il le supplante, à la dernière minute, par Emmanuel Bussier. Eliézer François conclut : ?De tout temps, Duval a voulu me finir politiquement. Il ne n?a jamais aimé.? Il voyait en moi un jeune rival potentiel, explique-t-il. A la demande de ses amis dockers portlouisiens, il accepte l?idée d?être candidat travailliste aux législatives de la Saint-Gaëtan (7 août) 1967.

Le PTr lui fait confiance et lui donne un ticket électoral au No 20 aux législatives du 7 août 1967. Il n?est pas élu mais obtient 43.45% des suffrages (6 065 voix sur 14 358 votants). Le PTr refuse précédemment de le désigner au No 1, préférant faire confiance à un vétéran, le Dr Willy Dupré, pour mater Duval. Au No 20, Eliézer François fait assez bien pour être désigné député correctif. Il se consacre alors à l?action syndicale parmi ses amis dockers.

En 1969, il s?oppose à l?idée d?une coalition PTr-PMSD car il n?aime pas la manière de faire de G. Duval ni la cour qui l?entoure, tapeurs compris. Pour lui, la coalition c?est une fiesta duvalienne que le PTr et SSR doivent subir. Botté hors du gouvernement en décembre 1973, Duval se rapproche d?Eliézer François qui accepte la main tendue en espérant, à tort, qu?il n?y aura pas d?autres coups bas.

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