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Sinistre nuit pour la famille Siniska

29 novembre 2004, 20:00

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La famille Siniska affirme avoir été victime de violents et dangereux écarts d’officiers ivres de la Special Mobile Force (SMF) samedi soir. Passés à tabac et menacés avec des armes à feu, José, un maçon de 47 ans, et son fils Hergie, 17 ans, sont sortis de l’hôpital Nehru hier soir. Bilan : fractures, hématomes et une peur bleue. Le chef inspecteur Dawoolarain du poste de police de Mahébourg, où Hergie avait été amené à la suite de son altercation, dit que ce dernier a dit dans sa Forme 58 avoir été attaqué par des “unknown persons ”. Il est accusé de “possession of an offensive weapon ”, en l’occurrence un long couteau. Mais Hergie est catégorique : l’arme ne lui appartient pas.

Expliquée par la mère et les cousins d’Hergie, la chronologie de l’incident paraît simple. Vers 21 heures samedi, Hergie et ses cousins, Oliver Jolicoeur et Yannick Marina, se dirigent vers La Maison Bleue où un dénommé Wesley organise une boum. Les trois compères paient Rs150 pour entrer et s’amusent jusqu’à 23 heures, quand ils n’ont plus d’argent. Hergie rentre chez lui emprunter Rs 100 à son père. Jugeant les Rs 25 que réclament les organisateurs par cannette de bière trop élevées, il décide d’en acheter avant de retourner à la fête.

Hergie allègue qu’un membre de la SMF et frère de Wesley, un certain Tito, le malmène en voyant qu’il a apporté sa propre boisson. (Plusieurs personnes affirment avoir vu des officiers de la SMF en train de boire devant La Maison Bleue dès 17 h 30). La situation dégénère et un “taper ” du coin, Jerry, se joint à Tito pour évacuer le jeune homme de l’enceinte de La Maison Bleue. Une fois à l’extérieur, Hergie affirme avoir été victime de coups portés par Tito et Jerry. Voyant que la situation dégénère rapidement, Oliver et Yannick s’en vont en courant vers le domicile Siniska pour alerter José des déboires de son fils. Le père sort de son lit et arrive peu de temps après à La Maison Bleue. Là, il extrait son fils de la bagarre pour le ramener chez lui.

La mésaventure alléguée des Siniska ne s’arrête cependant pas là. Environ 300m plus loin, José et Hergie disent avoir été rattrapés par la fourgonnette de la SMF et que les six passagers du véhicule sont descendus en brandissant des armes. “Pa bouzé ou nou tiré !”, auraient-ils crié. Le groupe s’est alors acharné sur le père et le fils à coups de matraque. Alertés par ses neveux, la mère de Hergie, Lily-Claude, se rend immédiatement sur les lieux pour porter secours à ses proches. Elle dit alors avoir été menacée avec le baril d’un fusil sous le menton. “Mo ti per pou mo la vie ”, frissonne-t-elle.

Après avoir roué José et Hergie de coups de matraque, les membres de la SMF auraient jeté ce dernier dans la fourgonnette pour le transporter au poste de police de Mahébourg. Une fois là-bas, Hergie affirme avoir été menotté par le bras fracturé. Avant que la police ne libère Hergie et ne le transporte à l’hôpital, Lily-Claude dit qu’elle lui aurait proposé de “trouve en aranzeman pou ki li aret lamem ”. “Mo envi koné ki fer zot inn bat mo mari ek mo garson dans lari ”, insiste-t-elle. La famille Siniska compte porter plainte contre la SMF et elle aurait demandé à Me Joy Beeharry de la représenter.

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