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Silence sur les 25 ans de la mort de Rozemont
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Silence sur les 25 ans de la mort de Rozemont
Les lecteurs de l’express savent la part prééminente prise par leur journal dans la récente célébration du cinquantième anniversaire de la mort du troisième président et leader du Parti Travailliste (après Maurice Curé et Emmanuel Anquetil), Joseph Guy Rozemont. Ils savent comment après la parution des deux hommages d’Anand Moheeputh et de Jacqueline Francescani-Maunick, hommages publiés le 22 mars 2006, le PTr tint une conférence de presse pour annoncer une série de manifestations, à partir du 23 mars, pour marquer cet anniversaire. Ils savent que, à cette occasion, les porte-parole de ce parti reculèrent de 24 heures la date de la mort du tribun, suivis en cela par une presse obéissante jusqu’à la servilité la moins glorieuse. Ils savent même comment on s’est employé pour fausser l’Histoire afin que coïncident les dates des décès de Guy Rozemont et de Sir Sactam Boolell à un demi-siècle d’intervalle. Mais ce qu’ils ne savent pas c’est que, en 1981, le PTr ne jugea pas utile, à la veille pourtant d’élections législatives particulièrement décisives puisqu’elles devaient mettre fin temporairement à la domination ramgoolamienne de la vie politique locale, de commémorer le 25e anniversaire de la mort de Rozemont.
L’express s’étonne de cette omission et parle “des oubliettes de l’Histoire”. Il ne comprend pas l’absence de toute cérémonie commémorative pour marquer cet anniversaire. Rien ! Pas de dépôt de gerbes sur sa tombe, pas de messe de requiem, pas d’atelier de réflexion, pas de dévoilement de statue au Jardin de la Compagnie où ce tribun se fit entendre plus d’une fois, faisant rire aux éclats l’imposante foule venue l’entendre brocarder les adversaires de son parti. Pas de publications biographiques surtout, relatant son combat en faveur des masses laborieuses et toute la somme de sacrifices qu’il suppose. L’express espère seulement que le PTr se rattrapera, soit à l’occasion d’un congrès national, soit à celle du meeting du 1er Mai., Place du Quai, s’il vous plaît.
L’express rappelle qu’en 1966, le PTr a organisé, à l’initiative, il faut le dire, de son président, Guy Balancy, une semaine Guy-Rozemont, à l’occasion du 10e anniversaire de sa mort, avec un “Memorial Lecture”, présidé par nul autre que le Pr. Titmuss, l’expert en sinistrose que nous connaissons si bien. Cette Semaine comprend, entre autres, le dévoilement d’une plaque commémorative sur le lieu de naissance du successeur d’Emmanuel Anquetil et du Dr Maurice Curé, ainsi qu’une conférence, précieuse entre toutes, de Gaëtan Raynal sur sa vie et son œuvre. Peut-on retrouver trace, aujourd’hui, de cette étude ? Comme quoi, il suffirait de refaire aujourd’hui ce qui fut fait, en 1966, pour que la présente génération sache qui fut Guy Rozemont et la place qu’il occupe dans l’histoire politique de notre pays. Mais qui donc a intérêt à ce que les “oubliettes” de l’Histoire se referment sur le compagnon de lutte de Maurice Curé et d’Emmanuel Anquetil ?
A la mi-avril 1981, les coups de griffe d’un parti à l’autre ne font pas défaut. Ainsi, la presse boolelliste relève une étrange coïncidence de pourcentages entre la répartition ethnique au comité central du MMM et de la population mauricienne. Les 23 candidats hindous représentent exactement 52,27% du nombre total des candidats soit un peu mieux que le recensement officiel de 1972 donnant 51,8% de Mauriciens hindous. Idem pour la population générale affichant 28,58% de la population mauricienne et 29,54% des candidats mauves. Les 8 candidats de foi islamique sont bien représentatifs avec 18,18% et les 16,5% de Mauriciens de cette confession. Notons, toutefois, l’absence de tout candidat d’origine chinoise, Nono Lee-Chong-Lem étant peu intéressé par les délibérations du comité central de son parti politique d’alors. Les élections à ce comité central sont prévues pour le 26 avril 1981. Aux 15 élus de cette date, sur une base nationale, s’ajouteront ceux des 20 circonscriptions, sur une base régionale. Laissons parler ici les méchantes langues de… communalisme scientifique.
A la même date, le regretté John Clifford fait savoir que l’Union Démocratique Mauricienne (UDM) serait prête à négocier une éventuelle alliance électorale avec le PTr de Sir Seewwoosagur Ramgoolam. Kher Jagathsing, le secrétaire général rouge et prédécesseur à ses fonctions de l’ancien mauve Dharam Gokhool, alors très actif dans les colonnes du « Nouveau Militant », fait savoir que son parti est prêt à examiner favorablement ce désir de rapprochement de l’UDM au PTr. Mais attendons la réaction de Gaëtan Duval. Espérons surtout que l’UDM ne perde pas dans l’affaire son secrétaire général, John Clifford, comme il perdit son négociateur, Karl Offmann, lors des négociations entre le parti de Guy Ollivry et celui d’Harrish Boodhoo.
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