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Sida : Les femmes en première ligne
VIH et sida
VIH et sida : on est de plus en plus confrontés à ces mots dans notre quotidien. Mais savons-nous vraiment ce qu?ils veulent dire ? Le VIH, qui est le virus de l?immunodéficience humaine, et fait partie de la famille des rétrovirus, est responsable de la maladie. On trouve ce virus dans les liquides organiques ? le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel ? des personnes infectées. Il attaque le système immunitaire chargé de protéger l?organisme contre les microbes. Le VIH envahit alors certaines cellules de l?organisme, appelées les lymphocytes CD4. Après une phase plus ou moins longue (qui peut durer dix ans environ), le virus se développe et se multiplie à l?intérieur de ces cellules, entraînant leur destruction. La destruction des lymphocytes CD4 conduit elle-même à une diminution des capacités du corps à lutter contre les infections. Lorsque le nombre de CD4 est inférieur à 300/350, la personne infectée atteint le stade du syndrome d?immunodéficience acquise ou sida. Le système immunitaire est affaibli par l?infection, ce qui limite l?aptitude naturelle de l?organisme à lutter contre les maladies. Des symptômes se manifestent alors : une perte de poids inexpliquée qui dure pendant un mois, des diarrhées, un enduit blanchâtre sur la langue, des ganglions hypertrophiés ou douloureux dans le cou, à l?aisselle, une toux et une fièvre persistantes, ou des mycoses vaginales. Des affections respiratoires et des maladies opportunistes peuvent aussi survenir.
Femmes et filles dans le collimateur
Femmes, filles et VIH : le thème de la Journée mondiale n?a pas été choisi par hasard. Selon les médecins, elles sont plus vulnérables face à la maladie. Plus de 57 % d?entre elles sont infectées par le VIH en Afrique sub-saharienne. Dans cette région, le risque d?infection pour une jeune femme de 15 à 54 ans est trois fois plus élevé que pour un jeune homme du même âge. À Maurice, il y a une prédominance chez les hommes mais d?ici peu, la situation risque de s?inverser. Dans quelle mesure est-ce que femmes et filles sont plus exposées à la maladie ? « Le premier facteur de vulnérabilité est biologique. Chez les hommes, le pénis est recouvert de peau, alors que chez la femme, le vagin est un organe interne qui possède des muqueuses, facilitant ainsi une plus grande pénétration du virus. Puis il y a aussi une dimension sociale et économique où la femme peut difficilement négocier quand, où, et comment avoir des relations sexuelles », affirme le Dr Renaud Ng Man Sun. Ses propos sont réitérés par Nicolas Ritter, porte-parole de l?association Prévention Information et Lutte contre le Sida (PILS) : « Pour l?heure, il y a une contamination d?une femme pour trois hommes, mais on va vers une féminisation du virus. La raison : la femme qui désire avoir des relations sexuelles protégées ou faire abstinence, se heurte souvent à son époux et ne peut maintenir sa position ». Dans certains cas, des femmes se prostituent pour nourrir leur famille, courant alors le risque de contracter le VIH. Les mères séropositives peuvent aussi transmettre le virus à leurs bébés. Comment réagir face à tant de vulnérabilité ?
« Je crois qu?il faut saisir cette occasion pour donner plus de formation aux femmes sur le sida. Parallèlement, il faut aussi que les hommes puissent changer d?attitude et cessent de s?attendre à ce qu?elles soient soumises », déclare Nicolas Ritter.
Comment on l?attrape
Souvent, on redoute le sida car nous connaissons mal la maladie. Pour vous éclairer, voici comment le VIH se transmet et ne se transmet pas :
Le sida se transmet :
● Lors de rapports sexuels anaux, vaginaux ou oraux non protégés avec une personne infectée.
● Par un contact avec du sang contaminé ; par exemple lors d?une transfusion sanguine.
● D?une mère infectée à son bébé pendant la grossesse, à l?accouchement ou après l?accouchement.
● Par intraveineuse, parmi les toxicomanes qui partagent la même seringue.
● En faisant un piercing ou un tatouage avec des équipements non désinfectés.
Le sida ne se transmet pas :
● En se touchant, en donnant une poignée de main, une accolade, la baignade dans une piscine publique ou en jouant.
● En s?embrassant, ou par les larmes ou la sueur.
● En buvant dans le même verre ou en utilisant les mêmes couverts.
● En utilisant les mêmes toilettes.
● En utilisant les appareils téléphoniques, les poignées de porte.
● Par piqûre d?insecte.
Mère et enfant : les risques de contamination
Onze bébés ont été contaminés par leurs mamans séropositives : c?est ce qu?indique l?Aids Unit. Comment peuvent-elles infecter l?enfant ? Le risque peut survenir pendant ou à la fin de la grossesse. Par exemple, lors des contractions, des gouttelettes de sang de la mère atteignent le bébé et l?infectent. Après l?accouchement, les saignements de la mère séropositive entrent en contact avec le sang de l?enfant par les muqueuses ? le nez, la bouche, les yeux etc. Une petite égratignure peut également transmettre le virus. Après la naissance, l?allaitement maternel peut aussi être dangereux. Enfin, le risque de transmission est accentué si la mère est mal nourrie, se drogue, fume ou boit de l?alcool. Mais il faut savoir que le risque de contamination de la mère séropositive au nouveau-né est de 30 % si cette dernière ne suit aucun traitement antirétroviral pendant sa grossesse.
326 nouveaux cas en 2004
De janvier à septembre 2004, 334 cas de séropositivité ont été enregistrés par l?Aids Unit, soit 290 contaminations pour les hommes et 36 pour les femmes, et huit cas concernant des étrangers. Depuis le premier cas recensé en 1987 cette unité, mise en place par le ministère de la Santé, a recensé 1 032 contaminations jusqu?en 2004, dont 107 pour les étrangers et 925 pour les Mauriciens, soit 695 hommes et 230 femmes. De plus, 115 décès ont été répertoriés depuis 1987.
En 2003, le nombre de nouveaux cas de séropositivité était de 240, en 2002 de 102 et en 2001 de 69. Sur les 334 nouveaux enregistrés en 2004, 87 % sont dus à une contamination par intraveineuse. Ailleurs dans le monde, on attribue le nombre de personnes infectées par le virus à ce jour, à environ 40 millions.
■ Le dépistage
Si vous pensez qu?il y a un risque d?avoir contracté le virus, le seul moyen d?en avoir le c?ur net est de faire un test de dépistage. Mais il ne peut pas être effectué le lendemain d?une possible contamination. Il faut attendre trois semaines à trois mois, en moyenne, pour détecter la particule virale. Ce délai est appelé période de fenêtre. Le test se fait à l?hôpital ou avec les représentants de l?Aids Unit. La première étape consiste
à faire un Pre-test counselling avec la personne concernée. Puis, on effectue une première prise de sang qui est transmise au centre de virologie de Candos. Le test de référence pour rechercher une infection par le virus VIH est appelé test Elisa. Simple et rapide, il permet de détecter des anticorps dans un délai compris entre le 20e et le 45e jour, après la contamination. Les résultats sont communiqués au bout de deux jours. Si ce test est négatif, on confirme l?absence d?infection par le VIH. Par contre, s?il est positif, il faut réaliser un autre examen, le Western blot, à partir d?un nouveau prélèvement sanguin. Il s?agit d?une technique qui met en évidence les anticorps dirigés contre différentes fractions antigéniques du virus. Ce test de certitude permet de confirmer un diagnostic d?infection par le VIH. Si le deuxième test est positif, cela indique que la personne est séropositive, mais qu?elle n?a pas encore le sida à ce stade. Pour les femmes enceintes, le dépistage du VIH peut se faire lors du suivi de sa grossesse à l?hôpital.
■ Le traitement
Lorsqu?une personne est séropositive, un traitement antirétroviral lui est proposé. Ces médicaments retardent la progression de l?infection. Les médicaments proposés sont l?AZT, la néviprane, l?amivudine. Il s?agit de la trithérapie. Ils doivent être pris régulièrement pendant la journée. Quand une femme enceinte est séropositive, le traitement antirétroviral est proposé au septième mois, et ce jusqu?à la fin de la grossesse, en collaboration avec un gynécologue et un coordinateur de l?Aids Unit. Elle doit aussi se rendre au Centre Bouloux de Cassis pour y effectuer des tests spécifiques qui permettent de suivre l?évolution du virus. Elle recevra aussi toutes les informations relatives à la maladie. Une césarienne sera effectuée deux semaines avant la naissance du bébé pour éviter les risques de contamination. À la naissance, l?enfant recevra un traitement antirétroviral en sirop pendant six semaines et prendra du lait en poudre pendant deux ans. Il faut savoir que jusqu?à l?âge de 18 mois, on ne peut détecter le virus chez le bébé car ce dernier a les anticorps de sa mère. Passé cet âge, il développe les siens. Le suivi médical se fait jusqu?à 18 mois et un Polymerase Chain Reaction (PCR) Test est effectué pour détecter le virus.
■ Les services
Si vous souhaitez avoir plus d?informations, vous pouvez contacter :
● Aids Unit : Bâtiment Atchia, rue Suffren, Port-Louis. Tél. : 212.32.24.
● Centre régional d?information et de dépistage : Port-Louis ? Tél. : 257.78.90. Plaines-Wilhems et Ouest ? Tél. : 257.78.91.Nord ? Tél. : 257.78.92. Flacq ? Tél. : 257.78.74. Sud ? Tél. : 257.79.02.
● Centre Bouloux Cassis. Tél. : 211.24.42.
● PILS : rue Deschartes, Port-Louis. Tél. : 210.70.75/47.
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