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Si le MMM le veut, Bérenger sera le PM du? Changement
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Si le MMM le veut, Bérenger sera le PM du? Changement
Consciente que le meeting inaugural (?) du MSM du vendredi 8 avril 1983 et l?interview qu?elle accorde à Anerood Jugnauth permettent aux anti-Bérenger de déverser toute leur bile contre le leader historique du MMM, la presse indépendante s?estime tenue d?équilibrer le flot d?information, en lui fournissant l?occasion de répondre aux accusations portées contre lui.
Après avoir fait plusieurs révélations, pouvant avoir une certaine valeur historique sur la véracité des faits politiques rapportés par la presse, entre le 11 juin 1982 et le 8 avril 1983, Bérenger fait savoir que, si le MMM le veut, il se présentera comme le Premier ministre du... Changement, lors des prochaines élections législatives. Il estime que l?île Maurice est prête à mettre de côté les considérations racistes pour accepter un Premier ministre non-hindou. L?espoir fait vivre, dit-on !
S?attaquant à Anerood Jugnauth et à son allié, le PSM d?Harish Boodhoo, Bérenger estime qu?ils n?ont pas la vision historique ni la force de caractère pour diriger l?île Maurice. Il oublie malheureusement de préciser que nous lui devons la stature dominante (président de parti, chef de l?opposition même à mi-temps) que le MMM donne à Anerood Jugnauth avant le 11 juin 1982 et qu?il est de ceux qui contraignent Jugnauth à accepter l?alliance avec le PSM.
Il rappelle certaines promesses renouvelées du tandem Jugnauth?Boodhoo (compensation salariale de 30% et obligation faite aux établissements sucriers de restituer au GM les Rs 57 millions de la diminution de la taxe de sortie sur le sucre exporté). Il précise qu?il est de ceux qui, juste après le 11 juin 1982, défendent l?alliance avec le PSM que veulent supprimer des députés mauves n?ayant obtenu aucun ministère.
Au dire de Bérenger, la situation se décante favorablement pour le MMM, depuis l?inoubliable 22 mars 1983, celui de la démission de douze ministres MMM. Ils estiment alors avoir atteint un point de non-retour parce qu?ils jugent Jugnauth «irrécupérable». En demeurant au sein du GM, ils trahissent la lutte anti-raciste menée par eux depuis la création du MMM. Au niveau du Conseil des ministres, ils parviennent à parer les coups communalistes que des esprits rétrogrades veulent porter contre la politique militante en faveur de l?unité nationale. Mais ils s?avouent impuissants contre les coups de poignard qui lui sont portés hors Conseil des ministres et ne peuvent constater, avec la plus grande tristesse, le fait accompli. Ils ne pardonnent surtout pas à Jugnauth de soutirer les manigances et autres magouilles du PSM.
Bérenger se montre surtout très amer à l?égard de l?échec du mouvement coopératif, même piloté par Harish Boodhoo. Il estime que tout régime socialiste doit tenir sur ses deux jambes : un syndicalisme dynamique et efficace et des coopératives en plein mouvement. Côté industrie, la relance tarde à se manifester parce que Bhayat ne se montre pas à la hauteur de ses responsabilités ministérielles, accuse Bérenger.
Bérenger revient sur l?épisode de la tentative de Jugnauth de décréter l?état d?urgence. Le frère Anerood s?en tire avec une pirouette, en alléguant qu?il avait proposé cela sous le couvert de l?humour. Sa plaisanterie laisse de marbre Bérenger et d?autres ministres MMM. Nul d?entre eux n?a alors envie de rire quand Jugnauth, avec toute la hargne qu?on peut lui prêter, s?écrie, en pleine réunion d?analyse de l?action syndicale incriminée : Si bizin crazé, nous crazé. Cette thèse de Bérenger tient la route si nous lui adjoignons les prises de position télévisées, post-23 août 1983, d?un Anerood Jugnauth écumant de rage contre des syndicalistes, des journalistes, des manifestants bref contre ceux qui oseront contester le pouvoir absolu de son gouvernement bleu-blanc-rouge (PMSD-MSM-PTr).
Bérenger dément catégoriquement avoir voulu se défaire du PSM, après la victoire du 11 juin 1982. Bien au contraire, il a tout fait pour contrer les menées des députés MMM n?ayant pas eu de ministère. Il se vante d?avoir calmé la «gourmandise» dont ils font preuve à l?égard du pouvoir ministériel. Il n?hésite pas, en avril 1983, à citer, à ce propos, le... «fameux Lutchmeenaraidoo».
Mais bien vite sa défense initiale du PSM devient injustifiable. Dès le lendemain du 11 juin 1982, le PSM s?efforce de récupérer les éléments dispersés du PTr, en pleine décomposition. Bérenger n?a pas besoin d?aller bien loin. Dans sa circonscription du No 18, le PSM rallie les pro-Travailliste, ayant combattu sa candidature ainsi que celles de Routho et de Kailash Ruhee. Il accuse même le PSM d?avoir voulu se retirer du premier gouvernement Jugnauth. La question est notamment évoquée, lors d?une réunion PSM. Boodhoo est furieux contre les «N.I.U.» au sein de son parti, qui sont allés tout raconter à Bérenger.
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