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?Si to ladan?, change de regard?
?Se dan regar lezot ki nou konstrir ou detrir nou. Twa, ki to regar ?? Un art qui vient cimenter les failles. Les huit artistes d?Evazyon sont revenus avec une exposition qui se dresse contre les préjugés, Si to ladan. C?était du 1er au 4 décembre au Caudan Waterfront. Entre regarder et observer, la différence est de taille. Êtes-vous aussi de ceux qui jugent les séropositifs ? C?est dans cette optique que les artistes se livrent.
Quatre regards. Le moqueur, le méprisant, le douteux et l?enfant. Un tableau qui démontre à quel point la société s?enferme dans cette sphère critique envers les porteurs du virus. Comme l?explique Stéphane Rézannah, un des artistes d?Evazyon : ?Le regard de la société est trop agressif, trop violent. Nou pa atann nou a gran soz avek sa lexpozisyon la, nu ena sinpleman bann zafaire pou dir ek nu elev nu lavoi pou dir li??
Dire ce qu?ils ont vu et vécu auprès des séropositifs durant presque une année. Evazyon se compose de jeunes artistes, ancrés dans le social, qui scient les barreaux des idées préconçues. Ils ont choisi d?aller au plus près de ces porteurs du virus pour comprendre leur calvaire. Exprimer ce mal-être constant de voir la société mépriser les séropositifs.
Ce n?est pas une campagne de sensibilisation, mais une démarche artistique qui essaie de traduire des émotions. ?Ce sur ki li ena enn konotasyon sosyal me li ausi enn representasyon individuel kot sak artist inn montre linterpretasyon.? Et des sentiments se greffent dans chaque ?uvre.
Parler de la technique importe peu. Ce sont les idées derrière les formes qui racontent une histoire. Comme cette silhouette humaine qui se cache le visage. L?on pourrait presque tenir entre les mains la douleur de cet individu en proie à un haut le c?ur. Les ?autres? se tiennent derrière lui.
D?un côté, les séropositifs, de l?autre, les négatifs. Les ?autres? montrent plusieurs réactions. La mine durcie, la bouche hurlante. Certains hommes de la société, ceux qui sont séronégatifs, ne veulent pas se mêler à cette cohue de ?contaminés?. Une foule humaine qui se pose des questions quant au sida.
Ou encore ces tableaux rouges. Couleur de sang, couleur de transmission de la maladie. Un rouge intense où des visages naissent. Un homme et une femme, qui n?ont pas recours au préservatif alors que ces moyens de protection s?accrochent partout à travers le canvas. Et la femme tenant entre ses doigts, un f?tus infecté. Un f?tus qui est omniprésent dans ces tableaux. Il est au centre des interrogations.
La vraie réflexion s?impose : le sida est une maladie. C?est un mal qui s?entoure de préjugés et de critiques acerbes. Pourquoi s?acharner à juger ceux qui en souffrent déjà ?
Les artistes exposeront encore à la salle des fêtes de la municipalité de Beau-Bassin-Rose-Hill demain à partir de midi et ce jusqu?à 22 heures dans le cadre du concert Urgence Talk Sida. Cette exposition interroge en quelque sorte ces regards. ?To ladan toi ausi ?? en revient-on à se demander.
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