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Shujaat Khan rencontre avec le dieu du sitar
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Shujaat Khan rencontre avec le dieu du sitar
Le sitar est l?instrument roi de la musique classique indienne. Entre les mains de Shujaat Khan, jamais musique n?aura sonné plus suave, plus délicate, plus vraie et aussi paisible et naturelle. Imaginez. Un sitar magnifique, que des doigts experts pincent et de temps en temps, le petit soutien d?un tabla et le tour est joué.
Cette musique prend à la fois la forme intime et infime, d?une frétillante vigueur et d?une douceur que les mots ne sauront décrire. Elle est à la fois aérienne et légère, capable d?éveiller des milliers de sensations. Tantôt elle se fait ferme, tantôt d?une fragilité évanescente. L?art de Shujaat Khan est unique. L?enveloppante magie de la musique du maître Khan, fait un bien fou à l?âme. A coups de vertiges orchestraux, les aspirants musiciens qui ont envahi le musichall du Mahatma Gandhi Institute, n?en croient pas leurs oreilles. Entre poésie et mystère, le maître Khan explique, décortique et met son art à nu. «I get very worried, since I was a child, when it comes to explaining. The thing we can do, is to take advantage of this time by making it as informal as possible,» declare d?emblée Shujaat Khan.
Installés sur deux immenses tapis, les femmes d?un côté, les hommes de l?autre, selon la tradition indienne, l?auditoire est attentif. «Let me play. It is so wonderful to do things musically,» explique-t-il. Il ferme les yeux, se concentre. Il a cette façon de fermer les yeux, d?incliner la tête, de la remuer au rythme des sonorités qui s?échappent magistralement de son sitar. Et quand il pousse la voix, le chant de Shujaat Khan est proche du chant des anges. Il s?offre ainsi le c?ur, les sourires, la myriade d?étoiles qui a envahi les yeux de tout un chacun, ainsi que les applaudissements de l?auditoire.
Il y a également la fraîcheur des mélodies, la fermeté des notes bien frappées et le tempo qui fait s?élever sa main droite alors qu?il chante les gammes de base de la musique classique indienne. L?homme a tous les pouvoirs. Ceux principalement de calmer l?âme et d?apporter une forme de sérénité que lui seul et sa musique peuvent apporter. «The power of music is imaginable,» explique-t-il à une jeune fille qui l?interrogeait justement sur les pouvoirs de guérison de la musique classique indienne. «It?s all a matter of internal faith,» ajoute-t-il.
A grands éclats de rire, Shujaat Khan raconte ses débuts laborieux, son refus de s?astreindre à des heures et des heures de travail sur son instrument. «Practice needs courage,» affirme-t-il. Dans un flot de mots généreux, le virtouse du sitar raconte son emploi du temps particulier à l?époque de l?école, dans lequel il devait d?une part suivre ses classes, faire du sport, dormir et travailler son instrument de 21 heures à cinq heures du matin.
Cette vie d?ascète l?a pourtant amené là où il est aujourd?hui, c?est-à-dire sur les toits du monde.
Fils du grand Ustad Khan, Shujaat Khan semble avoir eu du mal à tracer son chemin. «For many years I have struggled to find my place. People expected me to be the carbon copy of my dad. I am his student and I am his follower, but I have my own personality,» affirme-t-il. Dans la foulée, il s?extasie du talent des uns et des autres, avec des références dithyrambiques à Ravi Shankar. Dans l?évocation de ses souvenirs et de cette flamboyante carrière qui l?a conduit sur toutes les scènes du monde, Shujaat Khan, reste terriblement tendre. Il prêche l?amour, la paix et l?harmonie.
Cet interprète de la poésie et du sacré, quadragénaire heureux, béni des dieux, généreux et attachant, qui aime autant la simplicité, les plaisirs de la vie que les comic books, est un être à part.
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