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Sheila Bappoo fond en larmes devant ses présumés agresseurs

15 octobre 2008, 00:00

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Le temps ne semble pas avoir atténué les pénibles souvenirs de son agression, il y a plus de dix ans. La ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, a fondu en larmes, hier en cour intermédiaire, lors de son contre-interrogatoire.

A un certain moment, on lui demande d?identifier quatre des sept présumés accusés qui sont Abdool Cader Moolan, Mahmad Safeck Moolan, Mohamad Naushad Khaidoo, Logeedassen Govindram, Abdool Twayab, Abdool Rummun et Hassen Eiden Rummun. «Comment voulez-vous que je puisse les identifier après tout ce temps ?, répond-elle. Je l?ai fait lorsqu?il y a eu des parades d?identification mais dix ans ont passé?»

Pour rappel, Sheila Bappoo et son mari sont agressés à l?aube du 15 janvier 1997. Quatre individus font irruption dans sa maison à Beau-Bassin vers 2 h 30. «L?un d?eux était encagoulé, un autre avait une arme à feu et le troisième tenait un sabre», raconte-t-elle.

Un des bandits lui donne un coup de poing au visage avant d?exiger la clé de son coffre-fort. Entre-temps, les trois autres ouvrent son armoire et déchirent les vêtements qui s?y trouvent.

Elle est ensuite bâillonnée de même que son mari. Les malfrats lui ordonnent : «Donn la kle sinon nou touy twa.» Les menaces sont de plus en plus précises et elle n?a d?autre choix que d?obéir. Les quatre individus font alors main basse sur tous ses bijoux et autres objets de valeur avant de s?enfuir.

Le même jour, vers 7 heures, Sheila Bappoo donne une déposition à la police de Beau-Bassin. En cherchant des indices, les policiers retrouvent un mégot dont les empreintes prélevées correspondent à un des suspects. L?enquête policière déduit aussi que trois autres personnes attendaient dehors alors que quatre s?attaquaient aux Bappoo.

Le fait que Sheila Bappoo a été incapable d?identifier ses agresseurs, hier lors de son contre-interrogatoire, suscite plusieurs réactions parmi les légistes présents.

«C?est normal qu?elle n?a pu le faire et ce n?est pas normal d?avoir autant attendu pour entendre cette affaire», disent certains. D?autres, plus tempérés, estiment que c?est la prérogative du Directeur des poursuites publiques. «Mais il faut bien que quelqu?un puisse expliquer ce retard», s?exclame l?un d?eux.

<B>Audience suspendue</B>

Poursuivant le contre-interrogatoire de la ministre, Me Zakir Mohamed, avocat de Mohamad Naushad Khaidoo, demande à Sheila Bappoo : «Qu?est-ce qui s?est passé exactement ce jour-là ?». «Mais je vous l?ai déjà dit?»

Est-ce le fait de devoir répéter les mêmes choses et revivre ces moments pénibles ? Toujours est-il que Sheila Bappoo craque. Elle éclate en sanglots.

«Mister Mohamed, you must be happy. You got what you wanted», dit alors la magistrate, Jane Lau Yuk Poon qui estime que Sheila Bappoo a déjà répondu à la question. Elle décide de suspendre l?audience pendant dix minutes afin de lui permettre de se remettre de ses émotions.

En apprenant ce qui se passe, le mari de Sheila Bappoo, qui se trouve à l?extérieur de la salle, essaie de l?approcher pour la soutenir. Les policiers l?en empêchent car étant lui aussi témoin, il ne peut l?approcher en cour.

L?audience reprend mais elle ne dure pas plus d?une dizaine de minutes. Le témoin est invité à se retirer. Après concertation avec les avocats de la défense et du parquet, la cour fixe la prochaine séance au 14 novembre.

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