Publicité
Sharon salue le combat de Chirac contre l’antisémitisme
Par
Partager cet article
Sharon salue le combat de Chirac contre l’antisémitisme
Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a fait l’éloge, le 28 juillet, de la lutte contre l’antisémitisme menée par le président français, Jacques Chirac, à l’occasion de l’arrivée en Israël de 200 immigrants juifs français.
“Nous sommes témoins ces dernières années d’une recrudescence de l’antisémitisme et nous éprouvons une profonde estime pour la mobilisation de Jacques Chirac et de son gouvernement contre l’antisémitisme”, a affirmé Ariel Sharon dans un discours de bienvenue prononcé à l’aéroport Ben Gourion, dans la banlieue de Tel-Aviv.
“J’espère que l’exemple donné (par Jacques Chirac) sera suivi par d’autres pays”, a poursuivi Ariel Sharon. Selon lui, “il faut établir une distinction entre la lutte contre l’antisémitisme et l’encouragement à l’immigration (en Israël). Les juifs doivent venir s’installer ici, car c’est leur patrie et non pas pour fuir l’antisémitisme.”
L’hommage appuyé rendu par le Premier ministre israélien au Président Chirac contraste avec les propos tenus le 18 juillet par Ariel Sharon, qui avaient provoqué une vive polémique entre les deux pays. Le Premier ministre israélien avait alors pressé les juifs de France à immigrer “immédiatement” en Israël. “Je propose à tous les juifs de venir en Israël, c’est absolument nécessaire pour les juifs de France et ils doivent déménager immédiatement”, avait déclaré Ariel Sharon.
“En France, il se répand un antisémitisme déchaîné”, avait-il aussi estimé, soulignant que “le fait que 10 % de la population française soit constituée de musulmans fournit un terreau à une nouvelle forme d’antisémitisme.” Le premier ministre s’était borné à mentionner au passage les “mesures prises par le gouvernement français contre des actes antisémites et la propagande antijuive”.
Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, avait qualifié ces propos “d’inacceptables et d’intolérables parce qu’ils touchent aux principes fondateurs de la République”.
La présidence française avait également annoncé que Ariel Sharon ne serait pas le bienvenu en France tant qu’il n’aurait pas expliqué ses propos, tout en rappelant que de bonnes relations avec Israël sont indispensables pour promouvoir la paix au Proche-Orient.
“Le rêve d’une vie”</B>
La plupart des 200 juifs français qui ont gagné Israël mercredi ont souligné avoir réalisé le “rêve de leur vie”. Selon eux, les récents propos d’Ariel Sharon n’ont eu que très peu d’influence sur leur départ.
Pour Roger Altal, qui a quitté Paris après avoir vécu cinquante ans en France, la controverse déclenchée le 18 juillet par Ariel Sharon est excessive. “Le problème de l’antisémitisme en France ne doit pas être exagéré”, a-t-il expliqué dans la file d’attente de l’aéroport de Paris-Roissy, aux côtés de plusieurs dizaines d’hommes portant kippas et papillotes. “Ce n’est pas l’antisémitisme qui me pousse hors de France. Je suis juste en train de réaliser le rêve de ma vie”, a-t-il insisté. “Les attaques sont des incidents isolés. J’ai beaucoup d’amis et de famille ici. Je pars avec de bons souvenirs de France.”
Parmi les immigrants, à l’arrivée à l’aéroport Ben Gourion, on trouvait Karinne Lilti, de Créteil (région parisienne), venue avec ses quatre enfants. “Nous avons décidé de partir parce que nous avons enfin eu le courage de réaliser notre rêve. L’antisémitisme – qui existe, c’est vrai – n’a joué aucun rôle dans notre départ”, a-t-elle affirmé.
Un peu plus loin, Béatrice Sillam, une secrétaire de 45 ans, de Paris, est là avec ses trois enfants. Elle a éclaté en sanglots sous le coup de l’émotion, à son arrivée à l’aéroport. Elle a donné d’autres motivations à son départ de la France. “Nous sommes partis pour donner une bonne éducation aux enfants et à cause du climat antisémite insupportable en France”, a-t-elle expliqué.
Cependant, le directeur à Paris de l’Agence juive Menahem Gour Ary (organisme officiel chargé d’encourager l’immigration en Israël), estime que “l’antisémitisme n’est pas la principale raison qui pousse les gens à partir, ce que veulent avant tout les immigrants, c’est assumer leur judaïsme”. Selon lui, le nombre d’immigrants juifs français devrait atteindre 2 800 à 3 000 personnes cette année contre 2 100 en 2003.
La France, qui abrite les plus importantes communautés juive et musulmane d’Europe, a connu ces dernières années une forte augmentation des actes antisémites, mis pour la plupart sur le compte des tensions israélo-palestiniennes.
Au cours du premier trimestre 2004, la France a enregistré 67 actes antisémites contre des biens ou des personnes contre 34 pendant la même période l’année dernière.
<B>@Le Monde News Service.</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents