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Sharon fait face aux colonssur le retrait de Gaza

23 octobre 2004, 20:00

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La tension monte en Israël autour du débat suivi d?un vote crucial au Parlement sur le plan de retrait de la bande de Gaza du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, prévu pour demain.

« Les mesures de sécurité vont être renforcées. La garde sera renforcée et les entrées seront strictement limitées », a indiqué le bureau du porte-parole de la Knesset. Ces mesures sont prises pour empêcher d?éventuelles attaques contre des ministres ou députés.

Le chef de l?opposition travailliste israélienne, Shimon Pérès, qui a promis à M. Sharon le soutien des 21 élus de sa formation, a affirmé craindre un assassinat du Premier ministre ourdi par les opposants à son plan de retrait, a rapporté le quotidien Maariv. « Je suis très inquiet de ces provocations, de ces choses dures qui sont dites », a déclaré M. Pérès, partisan du plan Sharon. « J?ai peur que quelqu?un n?essaie d?assassiner le Premier ministre », a-t-il ajouté. La télévision publique a diffusé les images sans précédent de M. Sharon entouré d?une bonne dizaine de gardes du corps à l?intérieur du Parlement, où il se rendait à une réunion des élus du Likoud, son parti.

Durant cette réunion, M. Sharon a réussi à renvoyer en commission la question d?un référendum sur son plan demandé par de nombreux députés et ministres de sa formation. Le parti d?opposition de gauche Yahad (six sièges) a également assuré à M. Sharon de son soutien.

« Les ministres et vice-ministres du gouvernement seront forcés de voter pour le plan à la Chambre, mais les députés du Likoud jouiront de la liberté de vote », a cependant déclaré le ministre de la Santé, Dany Naveh (Likoud). Depuis l?adoption de son plan début juin par son cabinet, M. Sharon n?a plus de majorité à la Chambre (120 sièges).

<B>La rupture consommée</B>

Le ministre de la Défense israélien, Shaul Mofaz, et le chef d?état-major, le général Moshe Yaalon, se sont élevés contre ces appels à la désobéissance, estimant qu?ils étaient « illégitimes » et risquaient de provoquer « la haine et l?effritement de la cohésion nationale ».

Depuis leur rencontre avec M. Sharon, les dirigeants des colons estiment la rupture consommée. Une délégation de colons de la bande de Gaza a annulé sa rencontre prévue avec M. Sharon en l?adjurant de soumettre à un référendum son plan de désengagement, qui prévoit l?évacuation des 21 colonies de la bande de Gaza et de 4 colonies isolées du nord de la Cisjordanie. Les prisons israéliennes ont indiqué avoir reçu ordre de se tenir prêtes à accueillir des centaines de colons s?opposant à leur évacuation.

Selon le quotidien Yediot Aharonot, l?armée israélienne devait procéder prochainement à des exercices simulant la prise d?assaut de bâtiments dans lesquels se retrancheraient des colons armés.

<B>Contraints par la force</B>

Les colons israéliens devront avoir évacué Gaza d?eux-mêmes avant la fin de juillet 2005, ou bien ils y seront contraints par la force avant la fin de septembre, a annoncé Giora Eiland, conseiller d?Ariel Sharon et architecte du projet de démantèlement des colonies. M. Eiland, principal conseiller de Sharon en matière de sécurité, a déclaré à Radio-Israël que les dates limites définitives étaient encore sujettes à l?accord final du gouvernement. Il a également dit espérer que les colons désireux de quitter la bande de Gaza d?eux-mêmes recevraient rapidement les compensations financières prévues.

Sur le terrain, l?armée israélienne a tué deux activistes palestiniens du mouvement islamiste Hamas qui tentaient de placer une charge explosive au nord de la bande de Gaza, en territoire israélien.

Un soldat israélien a par ailleurs été tué dans la soirée par des tirs palestiniens lors d?une embuscade près de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Ces décès portent à 4 502 le bilan des tués de l?Intifada déclenchée en septembre 2000, dont 3 473 Palestiniens et 955 Israéliens.

Enfin, le chef de la diplomatie française, Michel Barnier, a pour sa part achevé sa première visite de trois jours en Israël en appelant Américains et Arabes « à ne pas laisser sans réponse la crise au Proche-Orient ».

<B> @ 2 004 Le Monde ? AFP

Distribué par The New York

Times Syndicate</B>

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