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?Shakti Yug? : grandiose intensité
L?ère de la malédiction. On a blessé la reine Draupadi. Mama later est comme incendiée. Irradiée de la haine d?avoir été humiliée. Dévoilée au regard de tous, sur un coup de dé.
Son vêtement n?en finira pas de se dérouler. Anna Patten, en reine bafouée, tourne sur elle-même. Longtemps. Derrière elle, des derviches tourneurs accentuent le mouvement. Jusqu?à nous donner le vertige.
C?était vendredi, lors de la première de Shakti Yug (l?ère de la force féminine), ballet conçu par le tandem Anna Patten et Sanedhip Bhimjee. Première impression : des taches de couleurs qui nous restent au fond des yeux.
Le ballet d?Art Academy, c?est avant tout des costumes à la fois somptueux et proches de la réalité. On se surprend à s?imaginer en train de les porter. Un petit air de haute couture, avec suffisamment de recul pour descendre du podium.
Créées par le chorégraphe lui-même, ces tenues font partie d?une collection et sont désormais en vente. Des nuances rares assorties avec goût. Du orange et du noir, mélangeant churidar et flamenco pour Eva Dalais quand elle danse Ziliet. Du mauve qui se marie au vert sans que cela nous effraie. Il fallait oser. Sanedhip Bhimjee l?a fait. Tellement bien que cela nous détourne de l?intrigue et de la chorégraphie.
<B>Des jeux de lumière pour décors</B>
Autre idée bien exploitée : des décors uniquement composés de jeux de lumière. Des éclairages qui ont su mettre en lumière les quatre tableaux de Shakti Yug. éclairer l?atmosphère lourde et pesante de ces vies de femmes marquées par la fatalité. Ziliet et son Roméo drogué, Ti Marie et ce monstre à trois têtes qui assimile sexualité et bestialité.
Shakti Yug, c?est aussi la performance physique des danseurs poussés jusqu?au bout. Pour danser sur scène l?intensité de drogués en manque. Restituer les tics et frissons incontrôlables qui secouent leurs corps. Leurs cris de douleur aussi. Le chorégraphe Bhimjee n?épargne pas le corps de ses danseurs. Le sien non plus. Acrobaties, pas-de-deux, sauts et portés sont exécutés sur un mélange volontaire de kathak, de rap, de techno et de break dance. Saupoudré de didgeridoo.
Nous partagerons l?émotion de Dev Virahsawmy, auteur du texte de Shakti Yug, quand il montera sur scène. Il a raison, nous avons eu droit à un beau show. Qui a eu droit à une standing ovation.
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