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Shahedeen Baccarally raconte comment il a tué Devika Damry

20 juillet 2007, 00:00

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Shahedeen Baccarally raconte comment il a tué Devika Damry

?Touy li.? Une voix hostile fuse de la foule rassemblée à Camp-Lilas, Pointe-aux-Ca-nonniers, hier après-midi. Des éléments de la Special Suppor-ting Unit (SSU) sont en alerte pour assurer la sécurité de Mauhammad Shahedeen Baccarally, alias Noon. Ce dernier, un laboureur de 24 ans, est provisoirement accusé de l?assassinat de Devika Damry, aussi connue comme Mimi, une adolescente de 19 ans. Mimi a été la petite amie de Noon pendant plus de deux ans.

Camp-Lilas vivait hier à l?heure de la reconstitution de faits de l?agression mortelle. Des enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) confient que Shahedeen Bacca-rally aurait, le jour même de l?agression et sur son lit à l?hôpital du Nord, avoué le crime. Il aurait expliqué que la victime lui avait annoncé son intention de rompre. Un des enquêteurs a déclaré que le suspect allait consigner sa déposition dans laquelle il donnerait, en détail, les circonstances de son acte.

Me Prakash Bheeroo, dont les services ont été retenus par les parents de Shahedeen Baccarally depuis mardi, a confié à l?express, hier après-midi, son insatisfaction quant au déroulement de l?enquête. Il a fait état des droits constitutionnels de son client qui n?auraient pas été respectés. Il affirme qu?il était convenu, avec le surintendant de police (SP) Prem Raddhoa, chef de la MCIT, qu?il serait informé de tout développement et que toute déposition serait consignée en sa présence.

Tel n?aurait pas été le cas. L?avocat a confirmé qu?il a demandé à son client qui, dit-il, suit un traitement psychiatrique, de ne rien dire à la police hors sa présence. Un des enquêteurs a, lui, déclaré que le traitement consiste en une désintoxication car le suspect aurait sombré dans l?alcool depuis sa rupture d?avec sa petite amie. L?avocat compte informer le Directeur des poursuites publiques et la Commis-sion des droits de l?homme de ses griefs.

Camp-Lilas, 14 heures, hier. Roopun Damry, dit Chand, est assis sous un manguier, à côté de sa mère. Cet homme de 54 ans, planton à l?école du gouvernement de morcellement Raffray, Le-Hochet, Terre-Rouge, ne peut retenir ses larmes quand il évoque les souvenirs de sa fille Devika. ?Mo finn grandi li pendan tou sa banane la, li finn pran so lavi dan enn minit?, dit-il d?une voix cassée. ?Bizin pena pitie pou li. Li bizin al prizon avi?, renchérit-il.

Roopun Damry et ses proches attendent. Ils ont été avisés que le meurtrier présumé de Devika serait conduit sur les lieux du crime. Vers 14 h 30, un convoi de véhicules de la police fait effectivement son entrée à Camp-Lilas. Des hommes de la SSU, armés, et des policiers de l?Emergency Response Service et ceux de la Divisional Support Unit prennent place.

C?est le chef de la MCIT, le SP Raddhoa, qui dirige les opérations. Il est assisté du sergent Rashid Bhugaloo. Le suspect Baccarally désigne cinq endroits précis pour les besoins de la reconstitution des faits. Le sergent de police Seeneevassen Pillay photographie les lieux et le constable Anil Appanah, dessinateur, prend les mesures pour les besoins des croquis.

?Kan to sorti...?

Ce déploiement de policiers suscite la curiosité d?une foule de badauds dont le nombre augmente sans cesse. Sollicité par les policiers, Shahedeen Baccarally désigne d?abord le lieu où il aurait rencontré la victime, à l?entrée même de Camp-Lilas. Puis, il va sur un chemin de terre dans un champ de cannes, face à la maison où résidait la victime. Ensuite, il montre l?endroit du crime. Il désigne aussi un sentier où il aurait jeté l?arme du crime.

Le suspect est ensuite emmené, toujours sous forte escorte. Alors que le convoi quitte Camp-Lilas, un homme s?arrête devant le véhicule qui emmène le suspect. Il déclare à haute voix : ?Kan to sorti, nou pou pran toi kont?... Le convoi repart et le suspect est conduit cette fois sur la route Royale. Là, il indique aux enquêteurs une boutique où il dit avoir acheté un cutter, arme qu?il aurait utilisée pour trancher la gorge de Devika Damry?

Hier matin, avant la reconstitution des faits, Shahedeen Baccarally a été présenté devant le tribunal de Pamplemousses. ?Ou finn touy dimoun ?? lui demande l?huissier Rasmally. Le suspect reste imperturbable. Il avait été conduit à ce tribunal par les hommes de la MCIT et sous forte escorte de la SSU vers 10 h 15. Il portait un gilet pare-balles. Ses traits sont tirés, il a des menottes. De petites égratignures au visage et un pansement au majeur de sa main gauche témoignent de sa chute à bicyclette. Chute qui se serait produite après l?heure du crime. Il garde le silence.

Le police prosecutor, l?inspecteur Aftal Mohanuth, informe le magistrat Ramphul que la police refuse que le suspect soit libéré sous caution. Shahedeen Bacca-rally est alors informé qu?il restera en détention jusqu'au jeudi 26 juillet. Aujourd?hui, il sera examiné par le Dr Satish Boolell, chief police medical officer.

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