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Serge Lebrasse, toucher l?immortalité

27 décembre 2007, 20:00

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«Et si Serge Lebrasse n?avait pas été ségatier ?» Question d?intervieweur. Impossible direz-vous. Et pourtant, que de vies vécues par le chanteur, mais aussi instituteur, garde-forestier et pêcheur de «chevrettes» de rivière, activité faite en cachette de sa mère, bien que pour l?aider financièrement. C?est avec minutie que l?intervieweur Jean-Claude Antoine retrace le parcours hors pair de ce «monument culturel» qu?est Serge Lebrasse. Permettant au chanteur de toucher de près à l?immortalité. Le tout livré dans Serge Lebrasse figure de proue de notre séga, premier né de la collection Figures de proue des Editions Le Printemps. L?ouvrage a été lancé hier.

Récit en ordre chronologique. De la naissance de Joseph Emmanuel Serge Lebrasse le 25 juin 1930 jusqu?au «regard que ce spécialiste incontesté du genre porte sur l?évolution du séga et son avenir», l?auteur saisit sur le vif réalités, mentalités et vérités.

Notamment la mauvaise réputation faite au séga, réservé au «tcholo», par opposition aux «gens biens». Que de décennies écoulées depuis qu?à été écrit le refrain, «Mama kreol, papa kreol, moi ousi mo bizin kreol. Dan dizef poul pa kapav gagn ti kanar». Des paroles que Jocelyn Grégoire a faites siennes lors de la cérémonie de lancement hier. Présentant littéralement le chanteur comme un «prophète», il a affirmé : «Son combat, c?est mon combat aujourd?hui, celui de la reconnaissance officielle du kreol» avant de rappeler que son titre-hommage au Père Laval a fait de Serge Lebrasse le «premier ségatier à écrire un cantique en kreol».

Serge Lebrasse militant de la cause kreol ? C?est en tout cas lui qui stigmatise ironiquement ceux qui ont recours aux pratiques occultes, aux longanistes, dans son immortel Madame Eugène, estampillé année 1956. Sans compter l?anecdote de la belle-mère de Serge Lebrasse, quand les gens se sont mis à dire que Madame Eugène c?était elle. Autant d?épisodes racontés dans un style épuré, servi par les nombreuses photos d?époques qu?elles immortalisent, des concerts ou des anniversaires.

Ainsi, au fil des 80 pages, le lecteur croise Philippe Ohsan, chef d?orchestre de la police, celui qui rassurera le chanteur avec ces mots : «C?est la musique de ton pays, tu ne dois pas avoir honte de la chanter.» Le lecteur rencontre aussi Damoo père qui commence alors tout juste à enregistrer et diffuser les séga.

Signe distinctif, le livre s?ouvre sur les honneurs reçus par le chanteur : Ordinary Member of the Order of the British Empire en 1976, puis citoyen d?honneur de Beau Bassin-Rose-Hill en 2000. Plus loin, un cliché montre Serge recevant sa royale décoration, alors qu?à ses côtés se tient Alphonse Ravaton, Ti-Frère. Son mentor et aussi un peu son professeur. Son grand frère du séga. C?est avec intérêt que l?on suit Serge et sa mère qui pour fuir l?épidémie de malaria quittent Rose-Hill pour Quartier-Militaire, le village de Ti Frère. Un séjour qui durera trois ans. «Alphonse Ravaton se prendra d?amitié pour son jeune voisin et l?initiera au séga typique», écrit l?auteur.

L?ouvrage se veut un vibrant hommage du vivant du chanteur. Son histoire personnelle, professionnelle et culturelle est tissée à l?aide des détails fournis par Gisèle son épouse ? le couple fête d?ailleurs ses noces d?or dimanche ? et les souvenirs évoqués par Sego, le fils installé en Australie. Le tout appuyé par des articles de presse. Serge Lebrasse figure de proue de notre séga est disponible à Rs 250.

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