Publicité
Serge Lebrasse gage de mémoire
«J?ai une bonne mémoire mais elle commence à fléchir sur les choses banales du quotidien,» explique Serge Lebrasse. Il a 77 ans et six mois, précise-t-il et Serge Lebrasse, comme le souligne Yvan Martial qui signe la postface du livre à paraître : Serge Lebrasse, figure de proue de notre séga, n?a plus besoin de présentation.
Il est l?un des vieux routiers de notre séga est aussi l?un des plus populaires. S?il s?est retiré de la scène musicale pour laisser la place «à la jeunesse» comme il le dit, Serge Lebrasse incarne néanmoins un pan de notre histoire culturelle et nationale dont les mémoires se devaient d?être mis en écrit.
53 ans de carrière dans le séga mais 50 ans depuis qu?il est populaire. Serge Lebrasse a cette faculté de connaître à la date près les grandes lignes de sa vie et de sa carrière malgré son âge avancé. Il se rappelle qu?en 1957, sa Madame Eugène fait un tabac et le propulse dans les axes de la popularité. Pour ne plus vraiment en sortir. Et 120 chansons plus tard, Serge Lebrasse prouva qu?il est le défenseur du séga et de la langue créole.
Son histoire est liée à celle du pays. «Serge Lebrasse est d?abord connu pour la qualité de ses compositions. Avant lui, le séga était rangé dans une catégorie obscure. Il a permis au séga de rentrer dans un cercle plus large, plus intellectuel, plus bourgeois,» explique Yvan Martial.
Et le morceau le plus prisé de son répertoire, Madame Eugène, a joué un rôle prédominant dans l?acceptation du séga par toutes les couches sociales selon Yvan Martial.
«A l?époque, c?était un chant de ralliement. Du fait que cette chanson était accessible à tous, qu?importe leur classe sociale. Dans les années 50, Serge a prouvé que le créole, utilisé correctement, pouvait avoir les mêmes qualités que la langue française et anglaise, que cette langue n?était pas forcément vulgaire,» explique notre interlocuteur.
Donc dédier un livre à Serge Lebrasse s?imposait. Serge Lebrasse, figure de proue de notre séga est selon Yvan Martial : «Une synthèse plus riche, plus abondante, mieux illustrée qui, contrairement aux articles de journaux sur Serge, sera certainement rangé sur une étagère au lieu d?être lu puis mis de côté.»
Serge Lebrasse, figure de proue de notre séga sera lancé le 27 décembre, date du cinquantième anniversaire du mariage civil du ségatier.
QUESTION A JEAN-CLAUDE ANTOINE, AUTEUR DE SERGE LEBRASSE, FIGURE DE PROUE DE NOTR SEGA
<B> Comment avez vous été amené à écrire cet ouvrage ? Est-ce le chanteur qui est venu vers vous et est-ce que c?est vous qui l?avait approché ?</B>
Les Editions le Printemps voulaient lancer la collection figure de proue consacrée aux Mauriciens ayant marqué l?histoire du pays, sous la direction d?Yvan Martial. J?ai dit oui tout de suite. Je ne pouvais pas refuser de raconter l?histoire du père du séga moderne, celui qui a fait le séga quitter la clandestinité des plages et des camps pour entrer dans les salons et qui a donné ses premières lettres de noblesse à la langue créole. Je suis honoré que Serge Lebrasse ait accepté que je sois celui qui écrive le premier livre qu?on lui ait jamais consacré.
<B>Combien de temps avez-vous consacré à ce livre ? </B>
Plusieurs mois. La proposition m?a été faite en octobre 2005 et j?ai livré le manuscrit au mois de juin de cette année. J?ai d?abord longuement interviewé Serge Lebrasse qui a non seulement une mémoire prodigieuse, mais a gardé pas mal de documents, coupures de presse et lettres tout au long de sa longue carrière. J?ai aussi interrogé son épouse et des gens qui le côtoient. J?ai également consulté les archives des journaux pour vérifier les informations.
<B>Après Serge Lebrasse, comptez-vous vous pencher sur l?écriture de la carrière/du parcours d?une autre figure locale?</B>
J?ai quelques projets qui se promènent dans ma tête et des manuscrits qui traînent dans mes tiroirs.
Publicité
Publicité
Les plus récents