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Semaine de turbulences pour Veerasamy

24 juin 2006, 20:00

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Vendredi vers 16 h 30. La direction d’Air Mauritius convoque d’urgence une conférence de presse pour 18 heures. Les rumeurs les plus folles circulent alors. Mais posément, entouré du président du conseil d’administration d’Air Mauritius, le directeur général (DG), Nirvan Veerasamy, répond à la question que tout le monde se pose ce soir-là : « Si je suis encore là, c’est que j’ai la con-fiance de mon conseil d’administration qui lui-même a la confiance de tous ses actionnaires. »

Quand on lui fait remarquer que son prédécesseur (NdlR : Megh Pillay) tenait le même langage quelques semaines avant son départ forcé, le patron d’Air Mauritius lance une boutade : « Peut-être que je serai parti dans quelques semaines. » Ce qui est certain par contre, c’est que beaucoup, dont certains travaillistes, s’intéressent à Nirvan Veerasamy…

La semaine de turbulences du DG d’Air Mauritius commence samedi dernier, avec la publication d’un article de presse faisant état de sa démission imminente. La raison : le conflit d’intérêt dont il serait l’objet. Il a en effet fondé, puis démissionné d’entreprises de location et de ventes d’avions avec lesquelles le Paille-en-Queue a pu être en affaires. Ce qui force le conseil d’administration d’Air Mauritius à réagir et à émettre le même jour un communiqué qui passe inaperçu «….contrairement à certaines rumeurs circulant actuellement, il n’a jamais été question de démettre de ses fonctions le directeur général de la compagnie », y lit-on.

Mais l’escalade continue. Mardi, le député Suren Dayal questionne le ministre du Tourisme au sujet du prétendu conflit d’intérêts. Ce dernier s’empresse de dire qu’une enquête sera ouverte. Un feu de paille que le président du conseil d’administration d’Air Mauritius se hâte d’étein-dre vendredi en affirmant qu’il n’y a pas matière à poursuivre l’enquête. Il sera relayé par le Premier ministre lui-même, qui fait savoir que Nirvan Veerasamy a sa confiance. Mais en vain. Alors que la situation semble se décanter, on apprend que mardi prochain, le député Ram Mardemootoo reviendra à la charge au Parlement sur la question du conflit d’intérêts.

Une gestion « de rupture »

Alors, couac de la communication au sein du gouvernement ou tir de barrage visant à montrer la porte à Veerasamy ? « Je ne crois pas qu’il y ait un agenda caché. Mardemootoo, comme d’autres députés, suit l’actualité et pose des questions sur les sujets qui l’intéressent. Par coïncidence, il a choisi de poser une question sur Veerasamy cette semaine », tempère un collègue député de Mardemootoo. Avant de se féliciter du non-interventionnisme de Navin Ramgoolam sur les questions que posent les backbenchers.

Mais d’autres ont une lecture différente. Le poste de directeur général d’Air Mauritius est l’un des plus convoités du pays. Et il semblerait que deux nominés politiques à la tête d’autres corps parapublics se verraient très bien à la place de Veerasamy et contribueraient à faire circuler les informations dont certains députés se sont saisis. Suren Dayal l’auteur de la première question sur Veerasamy récuse toute accusation allant dans ce sens. « Je ne fais le jeu de personne. Je ne fais que mon travail de backbencher », affirme-t-il.

Mais les « informations » concernant le directeur général d’Air Mauritius pourraient également provenir d’autres sources, toutes aussi mécontentes de lui et de sa gestion. En effet, certains du top management d’Air Mauritius n’hésitent pas à dire que Nirvan Veerasamy n’a pas l’étoffe requise pour diriger une entreprise de cette envergure.

Au Prime Minister’s Office, on pense plutôt que certains d’entre eux vivent mal la gestion « de rupture » que mène Veerasamy et la confiance qu’il accorde aux seuls directeurs, même nouveaux, avec lesquels il partage la même vision pour l’entreprise.

Mécontentement ou pas, Veerasamy semble être bien en selle pour le moment. « Le Premier ministre accorde une très grande confiance à Sanjay Buckhory. Tant que ce dernier et son conseil d’administration jugent que Veerasamy fait du bon boulot, il n’y a aucune raison qu’il parte », confie un proche de Navin Ramgoolam.

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