Publicité
Secrétaire : un métier d?avenir
«On a trop longtemps cru que le principal rôle des secrétaires était de taper à la machine et de répondre au téléphone. Aujourd?hui elles constituent un maillon important de la chaîne car elles sont la mémoire et les yeux du patron », affirme Arlette Orian, directrice de l?Orian Educational Centre, l?une des premières écoles de formation des secrétaires à Maurice. Sophia Serret, responsable des départements du recrutement et des ressources humaines chez DCDM, estime pour sa part que le métier est très demandé. « Si auparavant la fonction de la secrétaire se limitait aux affaires personnelles du patron, aujourd?hui elle est considérée comme l?assistante personnelle et administrative qui aide le patron à gérer la compagnie ou le département », explique-t-elle. L?importance de la secrétaire est également soulignée par Kamla Venkiah, directrice du New Secretarial Institute, qui forme des secrétaires depuis vingt-six ans : « Sa polyvalence fait d?elle une personne qui enrichit toute l?entreprise. » Aisha Mosaheb, consultante auprès des entreprises, estime que le métier est aujourd?hui valorisé. « La preuve, on ne fait plus référence à la secrétaire mais à l?assistante de direction, alors qu?avant elle était plutôt la bonne à tout faire du bureau. Maintenant, elle est même habilitée à prendre des décisions en l?absence du patron », dit-elle.
Avec les nouvelles technologies, le métier a beaucoup évolué. La secrétaire est appelée aujourd?hui à être une facilitatrice qui aide le gestionnaire à mettre en place les structures pour le bon fonctionnement de l?entreprise. Elle est aussi un tremplin entre le patron et les différentes personnes ou groupes qui ont un intérêt dans la compagnie. « Jugez-en vous-même : elle classe les dossiers, organise les réunions, prépare les voyages d?affaires et aide aussi à la gestion. On peut même la considérer comme une directrice des opérations. C?est pourquoi je dis qu?elles sont indispensables », insiste Arlette Orian. « Capitale, même », ajoute Aisha Mosaheb.
Malgré tout, dans certains bureaux, les secrétaires sont toujours considérées comme des bonnes à tout faire, qui préparent même le thé du patron à l?occasion. Ce que refusent de faire quelques-unes des secrétaires que nous avons rencontrées. « Dans des cas exceptionnels, il se peut que l?on se trouve dans une situation où il faut servir le thé au patron et à ses invités, mais il ne faut pas que cela devienne systématique », affirme Neha, secrétaire depuis dix ans dans une entreprise.
« Personnellement, je ne vois pas de mal à ce que la secrétaire fasse le thé du patron ou vice-versa, mais il ne faut pas qu?elle ne fasse que ça à longueur de journée », répond Aisha Mosaheb. Pour Sophia Serret, c?est un faux problème car aujourd?hui, il existe des distributeurs dans presque tous les bureaux.
Le fait d?être constamment en contact avec le patron met souvent la secrétaire dans une situation délicate car elles sont étiquetées « maîtresse du patron ». Elles s?en défendent. « Il est vrai qu?il peut y avoir une perception et qu?il y a eu peut-être des cas, mais il ne faut pas exagérer en généralisant. Ce serait vraiment avoir une idée très réductrice de ce si beau métier », affirme Suzelle, secrétaire dans une entreprise de communication. C?est d?ailleurs l?une des raisons pour lesquelles on recommande aux secrétaires d?être toujours discrètes, autant dans leur tenue vestimentaire que dans leur démarche. « Au lieu de maîtresse du patron, j?opterais plutôt pour la maîtresse de maison qui est attentive à tout, qui gère tout dans la boîte, qui accueille les visiteurs, qui a le sens de l?humour pour égayer l?atmosphère. Et puis, je pense qu?à force de travailler ensemble, cela peut arriver que des liens se créent, mais il ne faut pas que l?exception devienne la règle », précise Arlette Orian avec un petit sourire. Aisha Mosaheb va plus loin : « C?est encore une perception. Vu le travail de proximité entre la secrétaire et le patron, il n?est pas rare qu?ils soient victimes de ragots. Il y a les professionnels et ceux qui ne le sont pas et cela s?applique aussi bien aux patrons qu?aux secrétaires », dit-elle. Sophia Serret est catégorique : « Je pense que cette idée n?est pas fondée. Il n?y a qu?à voir le nombre de femmes qui dénoncent aujourd?hui ces pratiques. La femme étant plus indépendante devient du même coup plus maîtresse, non pas du patron par obligation, mais de ses actes en ayant plus d?armes pour se défendre. » Kamla Venkiah directe : « Si en tant que professionnelle, la secrétaire ne peut pas à se faire respecter par son patron, je lui conseille de se retirer. De toute façon, elle connaît ses droits ».
<B>Satisfaits de leurs collaboratrices</B>
Qu?en pensent les patrons ? Raymond, directeur d?une entreprise de distribution, et Vijayen, responsable de département dans une compagnie d?assurances, sont satisfaits de leurs collaboratrices : « Je ne sais pas ce que j?aurais fait sans Penny. Elle s?occupe de tout, elle connaît les traits de caractère de chacun des clients de l?entreprise par c?ur et sait comment traiter avec chacun d?entre eux. Il est rare que j?ai eu à la reprendre sur une décision qu?elle a prise en mon absence », assure Raymond. Vijayen abonde dans le même sens. « Annie est une perle et comme toute perle, elle est rare.
Il m?arrive parfois de me demander ce qu?il adviendra si elle nous quitte. » Mais ni l?un ni l?autre n?a pensé à leur offrir un bouquet ou une boîte de chocolat. Leurs excuses ? Ils ne savaient pas que le 15 avril était la Fête des secrétaires. Mais que leurs assistantes se rassurent car leurs patrons respectifs ont pris bonne note et ne les oublieront certainement pas l?année prochaine.
<I>« Aujourd?hui la secrétaire est considérée comme l?assistante personnelle qui aide le patron à gérer la compagnie »</I>
Publicité
Publicité
Les plus récents