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Sea, sun, sand et finance

27 janvier 2008, 00:00

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«La nouvelle île Maurice : le monde à votre service. » Et pour doper cette nouvelle vision, le Board of Investment (BOI), en partenariat avec le Secrétariat du Commonwealth, organisait un symposium réunissant un parterre d?une quarantaine de personnalités, gratin de la finance internationale. Axé sur la valeur ajoutée dans l?exportation des services financiers, le symposium a, entre autres, mis en relief les nouvelles filières à exploiter dans le marché mondial des capitaux.

Après quatre jours de débats à bâtons rompus, sans langue bois, l?île Maurice semble déterminée à évoluer du traditionnel triptyque de sea, sun and sand vers une nouvelle modernité ancrée sur le sea, sun, sand et financial services.

« On passe trop de temps ici à se préoccuper de la préservation du traité de non-double imposition avec l?Inde, alors que la tendance naturelle aurait dû évoluer vers les services financiers à valeur ajoutée », constate d?emblée Percy Mistry, Chairman de l?Oxford International Group. En effet, les produits financiers haut de gamme sont en plein boom sur le plan international. Et ce qui souligne l?impératif pour le secteur financier mauricien de monter dans la chaîne des valeurs en vue de gagner des parts de marché dans le commerce international.

En 2005, le marché global des exportations des services financiers à valeur ajoutée représentait 44 trillions de dollars et les projections indiquent qu?il sera à 122 trillions de dollars à l?horizon 2020. Ce marché se décline en de nombreux sous-segments dont, entre autres, la gestion du patrimoine (asset management) et la gestion des fortunes des milliardaires (Private Banking & wealth management).

Forte déjà de son expérience en tant que centre offshore avec un taux de progression à deux chiffres depuis 2002, Maurice peut encore certainement se développer dans l?optique du marché niche du private banking et du wealth management des High Networth Individuals. Ce secteur représenterait, à lui seul, environ 64 trillions de dollars en 2010.

Cependant, pour pouvoir exploiter tout le potentiel de ce créneau, encore faudrait-il que Maurice repense ses stratégies de marketing des services. Pourquoi ne pas combiner les services financiers et le tourisme dans le marketing, s?est demandé un intervenant lors du symposium. Selon lui, il est important que le marketing du Global Business mauricien aille de pair avec le développement du tourisme et la promotion des Integrated Resorts Schemes (IRS).

<B>« Trouver la bonne synergie »</B>

Ce qui amène un autre intervenant à souligner qu?il faudrait repenser de manière combinée, voire plus intégrée, le rôle des agences de promotions comme le BOI et la Mauritius Tourism Promotion Authority. Ainsi un High Networth Individual s?intéressant à l?achat d?une villa à Maurice pourra aussi disposer d?informations sur les services à valeur ajoutée offerts par les banques et les institutions financières mauriciennes, ainsi que sur les gestionnaires mauriciens capables de gérer ses actions cotées dans les Bourses internationales.

« Il s?agit de développer une nouvelle stratégie de marketing. Par exemple, les campagnes internationales sur les Integrated Resort Schemes ont été très efficaces. Tout le monde connaît Maurice en tant qu?île où il fait bon vivre. Il faut trouver la bonne synergie », a indiqué Phillip Dawe, directeur de Stanley Gibbons, basé à Guernsey, dans les Iles anglo-normandes.

Cependant, force est de déplorer que malgré l?attrait que peut représenter la gestion des portefeuilles financiers des milliardaires, dont la gestion des fortunes de ces propriétaires de villas haut de gamme à Maurice, il n?y a pas encore de véritable stratégie et de politique articulées pour faire du pays un centre de private banking.

« Le concept de private banking et de wealth management n?est pas bien compris à Maurice. Dans le dernier budget, il est mentionné en deux lignes que le Banking Act allait être amendé pour inclure le private banking. Puis, il y a eu le Finance Bill qui a donné force de loi à l?amendement. Mais il n?y a pas de positionnement sur le private banking. Après ce symposium, il faudra passer à l?action », a soutenu Aisha Timol, CEO de la Mauritius Bankers Association lors d?un échange dans le cadre du symposium.

« Un pont pour l?Afrique »</B>

De son côté, James Benoît, CEO d?Afrasia Bank a souligné dans sa présentation que « Maurice n?a pas encore le profil requis de centre de gestion des fortunes. En termes de provision de services à valeur ajoutée, peut-être que le pays va devoir évoluer au-delà de la plate-forme de la gestion des taxes ».

Et quid de ceux qui feront le procès de ce symposium, encore un, comme dirait l?autre, avec des effets d?annonces et rien de tangible et concret ? « Tous les participants incluant le ministre des Finances, ont pris le commitment de walk the talk pas seulement pour échanger les idées, mais aussi pour aller vers des résultats concrets et agir pour montrer aux investisseurs que Maurice a un potentiel énorme », assure Nikhil Treebhoohun, du Secrétariat du Commonwealth.

Et devant la perception que les Mauriciens tardent avant de prendre des décisions et avant de faire bouger les choses, Percy Mistry de dire sur un ton moqueur que « ce n?est pas de conseils dont le pays a besoin, mais d?un psychiatre ».

Alors faut-il que Maurice se tourne vers l?Asie ou vers l?Afrique ? « Il faut se tourner là où se trouve le marché. Il faut avoir de l?audace et innover. Les deux pays montants sont la Chine et l?Inde.

Nous devons capitaliser sur le fait que nous faisons partie de la diaspora chinoise et indienne, et que nous pouvons être un pont pour l?Afrique », explique Nikhil Treebhoohun.

Et Sunil Banymandhub, qui intervenait à titre personnel, de souligner l?importance critique de la recherche qui viendrait soutenir la formulation des politiques et la mise en place des régulations pro-actives dans le secteur des finances. « Le BOI a un rôle de facilitation. Qui s?occupe de la recherche en ce moment ? Il y a au total huit institutions qui sont concernées de près ou de loin par les finances. Il faudrait davantage de coordination et de partage de connaissances entre elles », a-t-il fait ressortir.

La recherche permettrait, entre autres, à la juridiction mauricienne de se démarquer des autres juridictions. Quant à l?autre talon d?Achille du secteur financier, celui du manque de ressources humaines, Percy Mistry indique qu?il revient au secteur privé d?investir dans la formation des compétences en finances au lieu d?attendre que l?État le fasse.

Sans conteste, le symposium a été un lieu d?excellence pour le partage des idées. « À la fin du symposium, il y aura un plan d?action serré afin de déterminer la suite des étapes et trouver plus de synergie entre les institutions. Si nous voulons d?une double digit growth, cela ne viendra pas du secteur manufacturier, mais du secteur des services. Alors nous avons besoin d?être bold and innovative », a indiqué Raju Jaddoo, directeur du Board of Investment.

À l?heure des célébrations des 40 ans d?indépendance, il se pourrait que La nouvelle île Maurice que propose le BOI demande que le pays se débarrasse de ses complexes et mise davantage sur l?innovation, sur le « thinking out of the box » et le goût d?aller de l?avant.

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