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Saumon toxique : soyons raisonnables

28 janvier 2004, 20:00

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UNE étude publiée début janvier dans la revue Science jette le discrédit sur le saumon d?élevage. Réalisée à partir de 700 saumons d?élevage et sauvages provenant du monde entier, elle fait état d?une concentration telle en substances cancérogènes (dioxine, PCB, etc.) dans les saumons d?élevage qu?il est recommandé d?éviter d?en consommer plus d?une fois par mois.

Des conclusions très alarmistes et injustifiées selon Jean-François Narbonne, professeur de toxicologie alimentaire à l?université Bordeaux 1 : ?L?étude américaine n?apporte rien de nouveau par rapport aux études européennes similaires. De plus, les taux de contaminants relevés par les chercheurs américains sont pour l?essentiel conformes aux valeurs réglementaires en vigueur lorsqu?il en existe. Par exemple, le taux maximal mesuré pour la dioxine est de 3 pg/g ce qui inférieur à la limite autorisée (4 pg/g) pour la chair de poisson.?

Dans le domaine des PCB (composés poly-chloro-biphényls), les résultats sont a priori un peu plus inquiétants. L?Agence française de sécurité sanitaire de l?alimentation (Afssa) recommande, en effet, de ne pas dépasser une concentration de 200 ng de PCB par gramme de matière grasse, soit 20 pg/g de chair à poisson. Or l?étude américaine fait état de pics à 50 pg/g, donc nettement supérieurs à la valeur limite recommandée par l?Afssa.

De son coté l?agence française a effectué des mesures sur des saumons d?élevage consommés en France. Les teneurs en contaminants (de 4 à 30 pg/g, la moyenne s?établissant à 14 pg/g), se révèlent bien inférieures aux résultats américains. ?Si l?on consomme 300 g de saumon par semaine, contenant 20 pg/g, on absorbe donc 6 000 ng de PCB, ce qui reste inférieur à la dose hebdomadaire admissible de 8 400 pg pour un individu de 60 kg?, précise Jean-François Narbonne.

Seul problème : les valeurs limites préconisées en Europe et par l?Organisation mondiale de la santé sont nettement supérieures à celles utilisées par les chercheurs américains. Il semble donc nécessaire que l?Afssa, ses collègues européens et les organismes internationaux s?accordent sur une méthode de calcul normalisée et fiable.

Dans l?immédiat, l?agence va faire le point sur les récents plans de surveillances des poissons afin de proposer une teneur maximale en PCB dans la chair des poissons. En attendant, il n?y a aucune raison de ne pas suivre les recommandations de l?Afssa qui préconise de manger du poisson deux fois par semaine, en alternant espèces grasses et non grasses afin de bénéficier des effets protecteurs des acides gras Oméga 3 présents dans les poissons gras comme le saumon.

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