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Satcam Boolell, un chroniqueur avisé

18 septembre 2006, 00:00

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On le croyait à la retraite. C?était sans compter avec l?esprit critique de sir Satcam Boolell (SSB). Si dans les six dernières années de sa vie il ne faisait pas de politique active, il n?en est pas moins resté un chroniqueur avisé. Il distribuait claques magistrales et bons points dans les colonnes du Mauritius Times, le vendredi. Ce sont ces écrits qui ont été regroupés sous le titre de For the love of my country. Un ouvrage lancé la semaine écoulée par les éditions de l?océan Indien (EOI).

Sur la couverture : une éloquente photo de SSB aux côtés de sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR). Incidemment, les écrits réédités s?intéressent de près au fils de Seewoosagur Ramgoolam. Que ce soit au temps de son premier mandat de Premier ministre ou à l?époque qui suivit sa défaite électorale.

On le croyait à la retraite. Mais sa plume, avec une vigueur renouvelée, égratigne mais surtout éclaire le lecteur. Ses observations frappées au coin du bon sens politique bénéficiant de son recul, de son expérience. Au point où ces articles datant de 2001 à 2006 (dont certains inédits) sont d?une étonnante actualité. Les mots semblent décrire non pas le passé mais bien le présent fugitif.

Des convictions politiques profondes

Que ce soit sur l??Electoral Marketplace? ou le ?Politics of witch hunting?, SSB semble doter de double vue. ?The time to act is now. The sugar industry belongs to the workers too?, écrit en 2001, est d?une redoutable pertinence cinq ans plus tard.

à quoi cela tient-il ? Sans doute au sens de la formule du chroniqueur. Mais plus encore à la volonté de ne pas céder à la langue de bois. De ne pas censurer le fond de sa pensée. D?appeler un chat un chat. Et traiter de ?stupide? tous ceux qui se reconnaîtront dans ses écrits. Des ministres (dont le premier d?entre eux) aux conseillers, à l?orientation de notre politique étrangère, en passant par le fait que les membres de la classe politique ne rechignent pas à rendre visite à un astrologue avant les grandes consultations (SSB cite SSR et sir Anerood Jugnauth), les opinions de SSB sont modulées sur une diversité d?humeurs.

Certes, il ne laisse jamais oublier qu?il est un travailliste de carrière. Ces écrits transpirent de convictions politiques profondes. Mais là où SSB aurait pu se contenter d?être un chroniqueur partisan, sa franchise le sauve du parti pris gênant. Il ose écrire ce qui se pense et se dit tout bas.

?Even if I am preaching in the desert, I will continue to do so. Navin is an individual, the party is an institution and I am concerned with the institution. Navin allowed himself to be surrounded by a group of hangers out of whom they tried to extract the maximum when he was PM and dropped him when he lost power. Even now, he has not totally liberated himself from the influence of people who are dragging him to his perdition.?

Que dire des photos qui agrémentent le milieu du volumineux ouvrage publié par les EOI, sinon qu?elles font écho aux propos du préfacier Satyajit Boolell.

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