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?S?assurer que l?on ne pratique pas un tourisme de masse?
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?S?assurer que l?on ne pratique pas un tourisme de masse?
● <B>Maurice devrait accueillir 900 000 touristes en 2007. Comment allons-nous atteindre ce chiffre ? </B>
Cela représente 14 % d?augmentation sur l?année et je crois que l?on peut même s?attendre à faire mieux. Rien que pour le mois de juin, les arrivées ont augmenté de 23 % et pour le premier semestre, le chiffre est de 20 %. Nous aurions pu nous attendre à faire 20 % en 2007, mais comme nous aurons un manque de chambres à la fin de l?année, avec seulement 600 nouvelles chambres sur le marché, nous préférons tabler sur une croissance de 14 %.
● <B>Quel impact l?Internet a-t-il eu sur la promotion de Maurice ? </B>
Je dois dire que Maurice n?est pas encore suffisamment présente sur le Web. Nous avons encore tendance à conserver les vieilles traditions promotionnelles : soirées, brochures et autres. Mais le jeune d?aujourd?hui passe plus de temps devant son ordinateur que devant sa télévision?
Nous allons aussi lancer un appel d?offres pour l?introduction d?un jeu inspiré de l?histoire du dodo. C?est une autre façon de vendre l?image de Maurice. Cette image devrait prendre forme autour du nouveau concept de branding, une série de visuels et de slogans. Pour le touriste, ce sera le côté vacances. Pour l?investisseur, il s?agira de présenter l?île comme une plate-forme d?investissement. Un comité y travaille déjà et nous sommes en train d?identifier une dizaine de sociétés internationales.
● <B> Les hôteliers ont relancé l?idée d?augmenter le budget de la promotion?</B>
Nous jouons sur la scène mondiale. Nous avons démontré ce que nous avons pu faire avec le budget dont nous disposions. It was peanuts ! Et nous avons aussi démontré qu?avec un budget accru, notre présence a été plus importante sur les marchés. En y ajoutant la venue de nouvelles compagnies aériennes, nous avons obtenu la croissance que nous connaissons. Nous allons faire de notre mieux mais si nous avions obtenu plus nous aurions évidemment fait plus.
● <B> La ponction de Rs 150 millions du budget de promotion n?a donc pas été nécessaire ? </B>
Non, les hôteliers et les banquiers ont fait le nécessaire, à travers le ministère des Finances.
● <B> L?accessibilité aérienne n?est donc pas la formule magique qui fait augmenter le nombre de touristes?</B>
Oui et non. Il faut ouvrir là où il y a de la demande. Les droits d?atterrissage n?expliquent pas à eux seuls la croissance. Il faut de la promotion et de l?argent. Il faut aussi qu?il y ait un esprit d?équipe, que les hôteliers suivent, que les tours-opérateurs offrent des packages attrayants.
Nous voulons développer l?Amérique du sud et le Brésil en particulier, avec South African Airways. Il faut non seulement un budget pour une présence là-bas mais aussi des packages attrayants.
● <B>Les négociations vont démarrer pour les droits aériens sur la Russie, la Malaisie et le Kenya. Quels sont les enjeux sur ces marchés ? </B>
D?abord, il s?agit de permettre à Air Mauritius d?augmenter ses parts de marché. Le Kenya a des liens avec l?Espagne qui est un marché à fort potentiel touristique mais sans accès direct. La Malaisie est un accès à la Chine qui n?est pas un marché que l?on peut exploiter seul.
Quant à la Russie, il y a un accord mais ni Air Mauritius ni les Russes n?ont voulu desservir ce marché. Nous voulons donc un accord plus flexible pour qu?Air Mauritius ou une compagnie russe puisse opérer.
● <B> Lorsque nous parlons de 900 000 touristes en 2007 et deux millions d?ici à 2015, ne craignez-vous pas que le seuil de tolérance de la destination ne soit dépassé ?
Je ne crois pas dans le seuil de tolérance. Il faut surtout s?assurer que Maurice ne pratique pas un tourisme de masse. Nous allons nous concentrer sur les prestations quatre et cinq-étoiles. Et en diversifiant les marchés, nous allons cibler les hauts segments sur chacun de ces marchés.
Bien sûr, les Mauriciens continueront à avoir accès aux plages, ce qui se fait déjà. Mais, surtout, il faut protéger l?environnement. C?est l?obsession des Européens, nos principaux clients. Et plus nous serons des fanatiques de l?environnement, le mieux ce sera pour notre tourisme. L?argent qui provient du tourisme, notamment à travers le Tourism Fund, va servir à protéger le lagon et les îlots.
● <B>Ne doit-il pas y avoir une redistribution équitable des richesses générées par le tourisme ? </B>
Nous ne cherchons pas à redistribuer mais plutôt à grossir le gâteau, à créer des opportunités. Il faut de la générosité, de la place pour tout le monde. Nous ne pouvons pas continuer avec le système des ?canvasseurs? sur les plages. Pour arriver à caser tout le monde, il faut la coopération des hôtels pour qu?il y ait un espace où les touristes puissent avoir accès aux produits de la communauté locale. Nous voulons créer cette interface. C?est primordial.
?Les Mauriciens continueront à avoir accès aux plages. Mais surtout, il faut protéger l?environnement. C?est l?obsession des Européens, nos principaux clients. Le Tourism Fund va servir à protéger le lagon...?
● <B>Le tourisme est en train d?élargir sa base avec la création de nouveaux créneaux comme l?événementiel?</B>
Pour combler le créneau de la basse saison, où il n?y a pas beaucoup de soleil et moins d?activités de plage, il faut que les gens aient des choses à faire, qu?ils puissent se remettre en forme. Le touriste est aujourd?hui très actif. Prenons le projet de parc aux tortues de Rodrigues, par exemple, c?est un projet magnifique qui passionne les visiteurs. Leur donner de l?émotion, une histoire à raconter. C?est l?histoire, c?est la culture, ce sont les événements. Il faut qu?il y ait des choses qui se passent pour agrémenter le séjour mauricien.
● <B> Rodrigues est-elle incluse dans ce schéma de développement ? </B>
Rodrigues est à la croisée des chemins. Va-t-elle aller vers le tourisme bas de gamme ou alors le haut de gamme ? Il y a tout là-bas pour satisfaire un tourisme sélectif, avec de belles plages, un environnement et une hospitalité. Quant à l?accès aérien, c?est une question d?offre et de demande.
● <B> Autre volet, le port. Il est en croissance mais en même temps, des bateaux doivent mouiller dans d?autres ports de la région?</B>
C?est tout à fait normal. Il y a eu 63 % d?augmentation dans le trafic de conteneurs en juin et 19 % de navires en plus. Ce qui veut aussi dire qu?il n?y a pas eu autant de bateaux qui ont dû débarquer leurs marchandises ailleurs?
Dans le même temps, les infrastructures portuaires n?ont pas changé et, je le dis sans faire de démagogie, l?ancien gouvernement n?a rien investi. La commande de nouveaux portiques, attendus en novembre, a pris deux ans. Il y a un portique qui opère à 50 % de sa capacité. Il faudra réparer et remettre à neuf les anciens portiques.
● <B>Les infrastructures prévues pour le port de croisière seront-elles suffisantes ? </B>
La plupart des ports de croisière sont comme celui que nous aurons. Les gens ne font qu?y transiter. Le shopping pourra se faire au Caudan et dans la ville. Un premier bateau sera amarré à Port-Louis et nous espérons que d?autres suivront.
● <B>Combien y aura-t-il d?emplois créés dans le port ? </B>
Il y en aura énormément. Le transbordement, par exemple, c?est plusieurs opérations donc plusieurs opérateurs pour les grues, les camions, les entrepôts et les compagnies maritimes... Et si on multiplie tout ça par dix, cela fait du travail pour beaucoup de monde.
Propos recueillis par <B>Thierry CHATEAU</B>
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