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Sarkozy veut supprimer la publicité sur les TV publiques
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Sarkozy veut supprimer la publicité sur les TV publiques
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé avant-hier le lancement d?une réflexion sur la suppression totale de la publicité sur les chaînes de télévision publiques, ce qui a provoqué une forte hausse des cours de Bourse de leurs concurrentes privées, TF1.
Il a indiqué lors d?une conférence de presse vouloir mettre en oeuvre en 2008 une «véritable révolution culturelle dans le service public de la télévision». «Le service public, son exigence, son critère, c?est la qualité (...) je ne veux pas dire que la télévision publique doit être élitiste ou ennuyeuse, il y a quand même un ?gap?, mais seulement qu?elle ne peut pas fonctionner (...) selon des critères mercantiles», a dit le chef de l?Etat.
«Je souhaite donc que le cahier des charges de la télévision publique soit revu profondément et que l?on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, qui pourrait être financée par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et une taxe infinitésimale sur les chiffres d?affaires des nouveaux moyens de communication comme l?accès à internet ou la téléphonie mobile», a-t-il ajouté.
Dans un communiqué, le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, a déclaré qu?il avait demandé à plusieurs reprises, depuis deux ans, à l?Etat «une clarification de notre mode de financement, condition sine qua non pour préserver un groupe public fort dans la perspective du basculement au tout numérique».
«Cette clarification est aujourd?hui faite. Elle valide notre stratégie éditoriale. Elle va permettre de renforcer encore l?identité du service public, en confortant le travail mené depuis deux ans et que nous souhaitons amplifier», a-t-il ajouté en réaction aux propos du président de la République.
En poste depuis août 2005, Patrick de Carolis entretient des relations délicates avec le gouvernement qui lui a refusé une augmentation de la redevance dans le budget 2008 puis une coupure publicitaire dans les programmes de flux, comme les divertissements, de France 2.
La gestion du groupe public a également été critiquée au moment où il est confronté à une érosion de son audience sur fond de montée en puissance des chaînes de la Télévision numérique terrestre (TNT).
Dans un communiqué, les syndicats de la Confédération générale du travail (CGT) de France Télévisions (techniciens et journalistes) dénoncent «le cadeau royal d?un président (...) à des amis proches du pouvoir».
«Par principe, la CGT n?est pas favorable au financement de la télévision publique par la publicité mais elle n?est pas dupe de la mise en scène offerte ce matin par le président de la République», écrit le syndicat.
«Ce transfert va doter le secteur privé d?une force de frappe sans précédent et va renchérir encore les coûts d?acquisition de programmes», ajoute-t-elle.
«Qui peut imaginer une seconde que les 800 millions d?euros de recettes publicitaires annuelles de France télévisions (40 % du budget de France 2 et 30 % de celui de France 3) seront compensés par une hypothétique taxe sur la publicité du privé ou une ?infinitésimale? taxe sur le chiffre d?affaires des nouveaux moyens de communication ?», demande le syndicat.
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