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Santé : A bas le tabac

28 mars 2010, 20:00

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Santé : A bas le tabac

L’addiction à la cigarette est si forte qu’arrêter de fumer est une épreuve de force. Plusieurs méthodes pour faire le pas décisif.

Une option évidente concerne les timbres transdermiques (patchs). Vous placez un timbre autocollant sur votre peau. Celui-ci diffuse lentement la nicotine dans votre corps, ce qui réduit la sensation de manque. Le traitement habituel dure huit semaines, avec diminution progressive du dosage. Le dosage de départ sera établi selon votre consommation quotidienne de nicotine. Des variantes sont en vente : gommes à mâcher, pastilles à sucer. Ces différentes présentations ont toutes à peu près le même taux d’efficacité qui malheureusement est extrêmement faible. «Nous vendons beaucoup de patchs, mais nous ne voyons jamais de retour positif. Bien au contraire, la quasi totalité des clients se plaint que ça ne marche pas, que le dosage doit être trop faible» confi e Priya Seeboo, de la pharmacie Pharma-Spa. Certaines études privées confirment que sur 100 tentatives, seules 3 à 6 d’entre elles sont concluantes. Le prix du traitement par patch est élevé, il faut compter Rs 635 pour vingt jours de patchs. Les médicaments vendus en pharmacie ne sont pas non plus totalement anodins. «Le Zybaan est souvent acheté par les fumeurs qui veulent arrêter. En réalité, c’est un antidépresseur, pas un produit spécialisé en sevrage nicotinique».

? Par contre, de nombreuses études le prouvent : l’arrêt franc est la meilleure solution. La démarche classique d’arrêt consiste à éteindre une dernière cigarette et à être suffisamment déterminé et confiant pour ne plus jamais avaler à nouveau de la fumée. L’arrêt franc, c’est-à-dire sans aucune aide extérieure, est la voie ayant conduit au succès de plus de 9 anciens fumeurs sur 10. Les fumeurs qui arrêtent franchement acceptent en général de subir quelques jours déstabilisants : les effets du sevrage sont temporaires et bénins. Passés huit jours, les «envies» de fumer s’espacent et se surmontent de plus en plus aisément : cela accroît la confiance en soi, d’autant que l’on ressent très vite les bénéfices de l’arrêt. Après trois semaines, les envies ne sont plus causées par un manque physique et, sauf obsession, prennent un caractère occasionnel. «Je fumais quarante cigarettes par jour. C’étaient des brunes sans filtre, donc très fortes. Il y a quinze ans, je suis resté couché avec une grippe pendant quinze jours. Et je me suis dit que si j’avais pu m’en passer pendant ces deux semaines, je pouvais continuer. Cela fait quinze ans maintenant. Tout est une question de volonté» se souvient Jimmy Toolsie, ancien fumeur invétéré.

Isabelle PIERRE


Il existe un nouveau moyen : la cigarette électrique. Les Mauriciens ne pourront l’acheter que sur internet, par exemple sur amazon, ou s’ils vont en France, dans les pharmacies. L’appareil a la forme d’un petit cylindre un peu plus long qu’une véritable cigarette. Il génère un aérosol qui donne l’apparence de la fumée produite par une cigarette. L’emplacement du filtre contient une cartouche remplaçable remplie de liquide, dont les principaux ingrédients peuvent être de la nicotine et de l’arôme artificiel de tabac, «parfum menthe ou parfum Marlboro» souligne Karine Cambon, utilisatrice de la cigarette électrique.

Lors de l’aspiration, un microprocesseur active un atomiseur qui mélange le liquide aromatique avec l’air inspiré avant inhalation par  l’utilisateur. Une diode lumineuse située à l’extrémité simule un foyer de combustion. L’appareil simule l’acte de fumer et délivre le mélange vaporisé à la température de 50-60°C comparable à celle d’une cigarette. Le taux de nicotine varie suivant la cartouche utilisée permettant éventuellement une réduction progressive de la consommation. «La seule différence, c’est le poids» poursuit Karine Cambon. «La vraie cigarette est plus légère. De plus, le goût n’est pas terrible. Cependant, ça marche. Depuis un mois et demi, je ne fume qu’une seule vraie cigarette, après mon café le matin. Le reste du temps, j’utilise la cigarette électrique. Au bout de trois bouffées, c’est bon, je n’ai plus envie de fumer». Il faut simplement penser à changer l’embout de la cigarette électrique. «Et à la mettre à charger !» mais comme les prix sont en devises étrangères, le coût de ce petit bijou technologique est encore très élevé : il faut compter dans les 50 euros. La cigarette électrique est encore trop récente pour que l’on sache exactement quelle est son efficacité.

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