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?Sans sécurité, pas d?aide au Darfour?

4 juillet 2004, 20:00

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Si le Soudan n?agit pas immédiatement pour désarmer les milices arabes Djandjaouids, comme il s?y est engagé, l?aide humanitaire ne pourra parvenir aux populations en danger du Darfour, prévient Jan Egeland, le coordinateur des secours d?urgence des Nations unies.

?Les premières mesures sur la voie de la sécurité devront être prises immédiatement?, dit-il dans un entretien accordé à Reuters à Khartoum.

?Au cours des dernières 48 heures, trois de nos camions d?aide ont été pillés, des civils ont été l?objet d?attaques dans chacun des trois Etats du Darfour, des informations ont même fait état de bombardements aériens sur certains villages?, énumère-t-il.

Dans un communiqué commun avec l?Onu diffusé samedi à l?issue de la visite au Soudan de Kofi Annan, le secrétaire général de l?Onu, le gouvernement soudanais s?est engagé à ?commencer immédiatement le désarmement des Djandjaouids et d?autres groupes armés hors-la-loi?.

Khartoum a également promis de garantir qu?aucune milice ne sera présente autour des camps installés pour les réfugiés et de déployer ?une force de police crédible et respectée? pour les protéger. ?Il est évident que si le gouvernement commence à recruter ceux qui ont mutilé et dévasté ces villages pour en faire des policiers dans les mêmes régions, cela ne sera ni crédible, ni respecté?, souligne Jan Egeland.

Il indique que les autorités soudanaises ont reconnu lors des discussions avec Kofi Annan qu?elles devaient stopper la ?culture de l?impunité? qui règne au Darfour.

Cette région de l?ouest du Soudan, grande comme la France, est depuis février 2003 le théâtre d?affrontements entre miliciens arabes, accusés par Washington de procéder à des opérations de nettoyage ethnique, et rébellions noires.

Selon l?Onu, les combats ont fait 30 000 morts et déplacé plus d?un million de personnes, dont 200 000 se sont réfugiées au Tchad voisin.

A l?approche de la saison des pluies, l?Organisation mondiale de la santé a tiré le signal d?alarme sur les risques d?épidémie encourus par les populations déplacées.

?Il y a plus de personnes tuées par des diarrhées que par des fusils?, précise Jan Egeland, mais le rétablissement de la sécurité est une condition indispensable pour que l?aide humanitaire arrive au Darfour. Le coordinateur de l?Onu pointe également l?insuffisance de l?aide apportée par les pays donateurs. ?Les gens pensent que nous ne sommes limités que par le gouvernement soudanais. Mais nous sommes aussi limités par les trop faibles financements des pays riches?, dit-il.

<B>Nima ELBAGIR Opheera MCDOOM</B>

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