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Sanjay Goboodun ?Le bénévolat serait le maillon faible?

22 octobre 2006, 00:00

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Ambitieux, dynamique, fonceur? Sanjay Goboodun, 37 ans, ne s?arrête devant rien. Assoiffé de connaissance et toujours en quête d?excellence, ce dirigeant de l?Association mauricienne de badminton (AMB) qui est aussi membre du Comité national olympique mauricien (CNOM) et président de l?Académie nationale olympique (ANO) est bardé de diplôme.

Son objectif : servir le sport avec professionnalisme. Chimiste de formation, cet habitant de Quatre-Bornes détient également un Executive Masters in Management avec spécialisation en Sports Organisations de l?Université de Lyon.

Pour ce spécialiste : « Le sport mauricien n?a pas d?autres choix que d?évoluer. » Dans les pays développés dit-il : « Le sport est une vraie industrie avec des retombées économiques importantes. Au-delà de l?aspet technique, beaucoup d?accent est mis sur le Strategic Marketing, le Marketing et le Human Resource Management entre autres. »

Cependant, déplore-t-il, « le sport à Maurice est géré avec beaucoup d?amateurisme ». Selon lui, « le bénévolat serait le maillon faible dans l?administration des fédérations ».

Malgré sa formation dans la gestion sportive, Sanjay Goboodun affirme qu?il n?est pas toujours facile d?appliquer ses connaissances. « Le sport évolue très lentement à Maurice et certains dirigeants n?ont pas le sens du professionnalisme. Par conséquent, il est difficile de faire passer ses idées. Mais je fais quand même de mon mieux pour servir le sport local. »

Cet ancien Sudiste est surtout connu pour son engagement dans le badminton. Champion de sa région à 15 ans, il fut contraint ? sous la pression de ses parents ? de ranger sa raquette pour se consacrer à ses études. Diplôme en poche, Sanjay Goboodun fait son come-back dans le giron du badminton en 1991. Mais il y revient, cette fois, en tant qu?arbitre.

Un an plus tard, il est reçu comme arbitre de la Fédération africaine de badminton (FAB) à l?issue de sa performance aux championnats d?Afrique qui s?étaient disputés sur le sol mauricien.

En 2000, il se lance dans une nouvelle aventure, en se joignant à l?Association mauricienne de badminton (AMB) comme membre du comité directeur. Poste qu?il a conservé depuis. Il est également trésorier au sein du Comité national olympique mauricien.

Faire découvrir l?olympisme et ses valeurs

Mais son engagement dans le sport ne s?arrête pas là. Sanjay Goboodun est aussi président de l?Académie nationale olympique (ANO) qui fut fondée en 1997 par trois autres dirigeants ? Suren Ayadassen (athlétisme), Ajay Gokhool (natation) et Aurore Lacloche (volleyball) ? et lui-même. « Nous avons tous participé à la Young Session à l?Académie internationale olympique en Grèce », précise-t-il.

Depuis, d?autres membres, à l?instar de Priscilla Lebon (judo), Lydie Chimier (athlétisme), Kathy Louis (volley-ball), David Lee Yung Fong (karaté), Ishrat Bundhun (tir à l?arc) et Laurence Goillot, ont rejoint l?ANO.

Cet organisme, qui est une entité du Comité national olympique mauricien (CNOM), organise tous les ans des séminaires à travers l?île et une série d?autres activités pour faire découvrir à la jeunesse mauricienne l?olympisme et les valeurs qu?il véhicule.

L?ANO a réussi, au fil des années, à se faire connaître du mouvement sportif mauricien et international. Et son président, Sanjay Goboodun, en est fier.

« Nous avons vu émerger des commissions et d?autres organismes. Mais très peu d?entre eux ont survécu et parmi l?ANO », se vante-t-il.

« Cela malgré les contraintes financières et de ressources auxquelles nous devons faire face. Il faut savoir que les activités de l?ANO sont financées par le CNOM alors que les membres y travaillent à titre bénévole. Et je profite de l?occasion pour les remercier de leur soutien et le bon travail accompli jusqu?ici », souligne-t-il.

Toutefois, très peu médiatisés, le rôle et les objectifs de l?ANO sont peu connus des Mauriciens. « L?ANO a pour mission de promouvoir l?olympisme et de propager l?éducation olympique. Mais pour bien comprendre le rôle de notre organisme, il est important de savoir que l?olympisme est bâti sur quatre piliers, à savoir le sport et la compétition, l?Art et la Culture, l?Éducation et l?Environnement. L?ANO est concernée par l?éducation. C?est-à-dire, au-delà du développement physique, nous devons promouvoir le développement moral ainsi que les valeurs humaines », explique-t-il.

Selon Sanjay Goboodun, l?olympisme regroupe, d?une part, les valeurs universelles qui englobent entre autres la paix, la non-violence, la non discrimation par rapport à la couleur de la peau, races et sexe et, d?autre part, les valeurs sociales. « C?est-à-dire le respect entre êtres humains, le respect des règles, de l?arbitre, de l?adversaire et de l?environnement, le dépassement de soi et le fair-play », soutient-il.

Il faut savoir que Goboodun est coordinateur pour la Young Session, séminaire organisé tous les ans par l?Académie internationale olympique basée au berceau de l?olympisme, la Grèce. Il assure à ce titre la préparation du programme de formation des participants. Il est également coordinateur du groupe de directeurs des Académies nationales olympiques. Membre de la Commission Culture et Éducation de l?ACNOA (Association des comités nationaux olympiques africains), Sanjay Goobodun a été retenu pour le World Forum for Sports, Culture and Education qui débute aujourd?hui à Beijing. Notre compatriote a obtenu une bourse de l?Académie internationale olympique pour ce déplacement, qui lui permettra d?enrichir davantage ses connaissances.

L?ANO PRIMEE EN 2004

L?ANO fut à l?honneur en 2004, grâce au premier prix obtenu par la Mauricienne Aarti Gulrajani ? actuellement membre de l?ANO ? à un concours d?essai. Les deux furent récompensées pour l?occasion. Aarti Gulrajani avait bénéficié d?une prime de 5 000 dollars américains tandis que l?ANO avait obtenu un chèque 30 000 dollars américains. Cependant, n?étant qu?une entité du Comité national olympique mauricien (CNOM), l?argent fut remis à ce dernier, qui à son tour finance les activités de l?ANO.

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