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Sandhya Boygah à la barre
«Si tout se passe comme je le souhaite, j?aimerais bien être de la course pour les élections générales de 2010.» Sandhya Boygah, chef de file du Groupement social de Rivière-du-Rempart, ne passe pas par quatre chemins. Elle a de l?audace à en revendre.
« Une femme qui n?a pas froid aux yeux », nous disait d?elle un des dirigeants du parti Travailliste. Le portrait n?est pas exagéré. Lorsque nous nous pointons à notre rendez-vous, vendredi après-midi, Sandhya Boygah vient d?animer une première réunion des douze nouveaux membres du conseil de village de Rivière-du-Rempart. Un conseil à majorité masculine, mais qui l?a désignée pour être son porte-parole au conseil de district de Rivière-du-Rempart.
« Si les Etats-Unis ont choisi Condoleeza Rice comme secrétaire d?Etat, je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas avoir une femme à la tête d?un conseil de district », déclare Sadhya Boygah.
Elle vient de conduire son groupe à la victoire et a elle-même enlevé la première place. Une vraie battante qui rêve de voir les femmes s?engager davantage dans le social et la politique.
« La femme est différente mais égale et elle mérite d?être traitée sur un même pied que les hommes. J?aimerais encourager les femmes à venir de l?avant. Elles ne sont pas suffisamment engagées sur le plan social et je leur demande de ne pas hésiter à venir nous voir si elles veulent le faire. »
Elle en a d?ailleurs donné l?exemple. Un mois à peine après avoir accouché de son deuxième enfant, elle sillonnait le village, animant meetings et réunions dans le cadre de la campagne précédant le scrutin du dimanche 11 décembre.
<B>«Des talents cachés à mettre en évidence»
La trentaine et mère de deux enfants : un fils de 3 ans et demi, qui prend déjà plaisir à applaudir sa mère lorsqu?elle prend la parole en public, et un bébé de deux mois, Sandhya est née et a grandi à Rivière-du-Rempart. Elle est consultante en gestion et formation.
Elle fait du travail social depuis bientôt quatre ans et salue le soutien apporté par son époux et ses proches en faveur de son engagement. Un engagement qui l?a poussée à militer au sein du parti Travailliste, puis à se présenter à une élection villageoise.
De son village natal, elle dira qu?il y a lieu de mettre en valeur les facilités existantes. Son premier souci, une fois le conseil de village bien installé, c?est de réfléchir sur les moyens d?obtenir des revenus additionnels pour améliorer les services. «Il nous faut améliorer les infrastructures pour inciter un plus grand nombre de gens à passer par Rivière-du-Rempart et venir y faire du business. »
Pour avoir arpenté, ces dernières semaines, le village de Rivière-du-Rempart dans le cadre de la campagne pour les villageoises, Sandhya retient que les habitants, les femmes en particulier, n?utilisent pas suffisamment les infrastructures sociales qui y existent. « Le village dispose d?un centre de femmes, mais il est sous-utilisé. Il y a de plus en plus d?usines qui ferment leurs portes et il nous faudra trouver les moyens d?encourager les femmes à fréquenter davantage ce centre et à y lancer des projets susceptibles de générer quelques sous. Nous avons énormément de talents cachés qu?il faut mettre en évidence. »
Sandhya Boygah en est à son premier mandat de conseillère de village et sera, dans quelques jours, présidente du conseil de districts, mais elle commence déjà à manier la langue de bois. Tout en étant consciente que les villages ont besoin de financement additionnel pour être à même d?améliorer les conditions de vie des habitants, elle évite de se prononcer sur la nécessité d?introduire une taxe d?habitation.
« C?est vrai qu?il existe dans certaines régions rurales, des propriétés immobilières que l?on ne retrouve pas dans des quartiers pauvres des villes, mais je ne suis néanmoins pas prête à dire s?il y a lieu d?amender la loi pour introduire une taxe sur de telles propriétés. Je préfère laisser au gouvernement le soin de trancher. L?Alliance sociale a fait campagne contre l?introduction de la taxe rurale et je risque de me faire taper sur les doigts si je m?aventure à me prononcer sur un tel sujet. »
Novice, mais pas bête. On sent qu?elle a déjà en ligne de mire une investiture pour les élections de l?an 2010.
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