Publicité

Sale quart d?heure pour les accuses

24 septembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Hurrydeo Raddhoa de nouveau lâché dans l?arène, il fallait s?y attendre. Deux des hommes appréhendés au début de l?année dans le cadre du hold-up de la Mauritius Commercial Bank (MCB) allèguent avoir été enlevés la semaine dernière par les hommes du nouveau patron de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) et de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe avant d?être passés à tabac.

Le premier, Saïd Lallmamode, a écrit à la Commission des droits de l?homme, accusant ces policiers de l?avoir battu, encagoulé et forcé à signer des aveux dont il ignore la teneur. Le second, Satroojeetsing Sotrooghan, alias Mithil, un des braqueurs, affirme avoir été coincé par la même équipe, battu avec un annuaire après qu?on lui a mis une cagoule.

Saïd Lallmamode, chauffeur de taxi, avait été arrêté à l?époque pour avoir transporté un des braqueurs. « Mon client a été arrêté chez lui, à Stanley, le vendredi 15 septembre. Son neveu a tenté de suivre les détectives mais arrivés dans la cour du poste de police de Rose-Hill, ils ont demandé à des officiers de le bloquer », déplore son avocat, Jean-Claude Bibi.

Durant toute la nuit, ses proches n?ont eu aucune nouvelle de lui. Sauf un appel du poste de police de Rivière-des-Anguilles selon lequel il sera traduit en cour dans le courant de la semaine prochaine.

Et quelle n?a été la surprise de Me Bibi, en début de semaine, de trouver son client, âgé de 56 ans, en larmes, les bras et le visage enflés. « Il m?a dit que ses tortionnaires l?avaient malmené, enlevé un pan de sa cagoule pour signer des documents dont il ignore le contenu. »

Pire, l?homme, diabétique, n?aurait pas eu droit à ses médicaments deux jours durant alors qu?il doit les prendre tous les jours. Le taximan a été reçu en chambre par le magistrat de Curepipe.

« Il a dit qu?il veut être interrogé par n?importe qui, mais pas Raddhoa et ses hommes. » Mais avant qu?il ait pu raconter en cour, jeudi, ce qui s?était passé, les policiers n?ont pas objecté à sa remise en liberté sous caution alors qu?ils s?y étaient opposés trois jours plus tôt.

De son côté, Mithil Sotrooghan, arrêté pour les délits commis le 11 février, est encore « traumatisé ». Son avocat, Elias Oozeerally, clame qu?il a été arrêté sous une accusation différente. « Ils l?ont interpellé pour avoir soi-disant fumé du gandia mais ils l?ont questionné sur le hold-up. »

« Zot finn mari loff mwa. Zot inn bate pu pas lais tras. Zot inn poz enn lanuair lor mwa avan bat mwa. Trois jours douleurs monn gagne », commente le braqueur. Les avocats des deux hommes comptent entamer des actions légales contre ces policiers « en temps et lieu ».

Pour sa part, Raouf Gulbul, l?avocat des frères Jiawed et Yul Rohumatally ? arrêtés précédemment par la MCIT pour le hold-up de la MCB ? a pris les devants, vendredi, afin qu?aucun « accident » n?arrive à ses clients.

Une note a été inscrite à la CID de Port-Louis Sud afin qu?il soit averti si jamais l?équipe de l?officier Raddhoa veut interroger ses clients.

LA « FESSÉE » DE LA MCIT

Un des cinq accusés arrêtés pour l?assassinat de Rishi Seedam, samedi dernier, à Tranquebar, accuse la MCIT de lui avoir donné « la fessée » lors des interrogatoires, durant la nuit suivant le crime. Davantage témoin oculaire que complices de ses amis récidivistes, il a été examiné en milieu de semaine par le médecin de la police Satish Boolell. Dans ce cas, c?est une altercation avec les amis de la victime qui s?est soldée par un crime.

La MCIT était intervenue la nuit même à Vallée-Pitot.

Publicité