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Saint George
Quatre grands évènements musicaux en un. Grâce au mélomane Paul Olsen, à Otayo et au Centre Charles Baudelaire, quelques musiciens des célèbres Archets de Paris joueront à Maurice, accompagnés par la soprane mauricienne Véronique Zhuel et la violoniste mauricienne Jade Bablee Pandhoo.
De plus, nous aurons le plaisir d'écouter du clavecin et du hautbois, instruments rarement joués à Maurice.
Enfin, le public mauricien sera invité à découvrir l'?uvre d'un grand compositeur classique, métisse, contemporain de Mozart, dont l'?uvre est restée plus de 200 ans dans l'oubli parce que ce génie était non seulement métis mais aussi fils d'esclave.
«L'histoire débute dans les années 1730, au Sénégal, nous conte Paul Olsen. Une jeune fille y est prise et mise sur un bateau à destination de la Guadeloupe».
Là-bas, après quelques années de servitude, la jeune esclave se lit de passion pour son maître Guillaume Pierre Tavernier de Boullongne et donne naissance, en 1739, à un petit métisse qui portera le nom de Joseph de Saint George.
Celui-là même qui, bien des années plus tard, musicien surdoué, reconnu dans toute l'Europe, sera le compositeur préféré de la reine Marie Antoinette, et rendra jaloux le grand
Mozart, avant que son ?uvre ne disparaisse du répertoire lorsque l'esclavage est rétabli en France métropolitaine.
La redécouverte tardive de son ?uvre et de sa vie nous révèle l'histoire d'un grand homme, symbole d'intégration et d'engagement artistique.
Elevé comme un aristocrate par son père, le Chevalier de Saint George se passionne très tôt pour la musique.
La famille débarque à Paris lorsque l'enfant n'a que dix ans. Il apprend très vite le violon, la composition, l'équitation, l'escrime.
Il est brillant dans tous les domaines et se démarque tant par son apparence que par ses nombreux talents.
Jalousé par Mozart
L?ombre, Le Nègre des Lumières, Voltaire de la Musique nous apparaît aujourd'hui comme un nouveau visage de ce siècle, qu?il illumine davantage.
Jeune homme charmant, intelligent, doué pour le sport et l'art musical, il est aussi un homme éclairé, visionnaire, qui fait partie des salons huppés de Paris. C'est la première grande star noire.
Ce musicien surdoué attire l'attention de grands compositeurs qui composent pour lui et le maître Gossec, compositeur français, lui confiera la direction de son orchestre.
«Pour la première fois de l'histoire, il crée une véritable technique de direction et l'orchestre des Amateurs est sacré meilleure formation européenne», explique une présentation de Alain Guédé, journaliste au Canard Enchaîné et Président de l'Association Le Concert de Monsieur de Saint George. Partout, on salue son génie et les plus grands de l'époque, à l'instar de Gossec ou Haydn, écrivent pour lui trios, concerto et symphonies.
Ses ?uvres sont jouées dans toute l'Europe et inspirent nombre de musiciens. Alain Guédé, toujours, va même jusqu'à s'interroger «comment ne pas entendre dans certaines oeuvres de Mozart quelques accents saint-georgien ?»
A l'époque, il est même plus connu et apprécié que Mozart, ce qui lui a valu une grande jalousie du génie autrichien.
Malgré sa renommée, il doit faire face au racisme. Nommé à la tête de l'Opéra Royal, il préfère laisser le poste vacant suite à la revendication de trois divas de l'Opéra qui affirment à Marie Antoinette, dont Saint George est le protégé, qu'elles ne «joueront jamais pour un mulâtre».
Mozart le boycottera également en refusant de jouer pour lui malgré des besoins financiers et le protecteur de Mozart parlera de l'incapacité des mulâtres à faire ?uvre de création.
Saint George c'est aussi le premier artiste noir engagé. Il fera partie de la société des Amis des Noirs, créée par Condorcet et Brissot pour abolir l'esclavage.
Saint George est aussi le premier Noir à être initié à la Franc Maçonnerie et un révolutionnaire convaincu qui s'engagera aussi dans l'armée, aux premières heures de la révolution et devient aussi le premier colonel noir de l'armée française.
Mort à l'aube du 19e siècle, il aura été l'une des lumières de ce grand 18e siècle, mais restera dans l'ombre, avant d'être justement réhabilité, à partir de 1936, par le metteur en scène Marius Casadesus.
Mais ce n'est qu'en 1999 que son ?uvre est enfin mise en lumière grâce à de nombreux musiciens qui jouent ses ?uvres à travers le monde.
Cinq concerts en tout, dont trois à La Réunion et deux à Maurice, le 1er avril, à l'Eglise de Rivière Noire à 20 heures et le 5 avril à l'Eglise de Pamplemousses, également à 20 heures sont prévus au programme.
Les billets seront en vente chez Otayo, tél: 466 99 99. Prix des billets: Plein tarif Rs 275, tarif adhérent Rs 175, tarif enfant: Rs 175.
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