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Saeed Jaffrey un homme d?exception
Aussi reconnu que respecté, SaeedJaffrey a la côte d?amour. Ce ne sont pas Jeff Mirza ou Kishore Goojhah, ses amis de toujours, qui diront le contraire. Dans ses yeux brillent des années de bonheur que l?acteur a conjugué au quotidien, auprès de son manager d?épouse, la charmante Jennifer, mais aussi à l?écran ou lorsqu?il déambulait d?un pas assuré sur les planches de Broadway.
Sa plus grande réussite, The man who would be king, du grand Kipling revu et corrigé par John Huston, compte indiscutablement parmi les trésors du 7e art. Ajoutez-y Gandhi de Richard Attenborough. Attendre cette légende vivante, au salon du luxueux Sofitel, vous confère un étrange sentiment, mêlé d?inquiétude et d?enivrement.
L?homme arrive, calme, souriant. La moustache frétillant de plaisir. Ce qui frappe d?abord, c?est cette élégance, mélange de dandysme et de modernité. Le complet est impeccablement tiré. Les chaussures scintillantes de propreté. Son talent d?acteur est facilement détectable dès qu?il se plaît à imiter ceux et celles qui ont illuminé sa route et sa carrière. Le grand Michael Caine, surtout, dont il s?amuse à imiter l?accent et les tics.
«England is my home»
Plein de délicatesse envers ceux qui l?ont amené à écrire sa légende, l?homme est humble, concentré. Toujours souriant et jamais agacé par les questions posées. Ses joues s?empourprent, ses yeux se plissent dès qu?on tente de lui dire toute l?admiration que l?on a pour lui. De l?humour, il en a à revendre. C?est ce qui lui confère ce charme indéniablement attachant, comme lorsqu?il vous raconte, sur le ton de la confidentialité que pour son premier coup de foudre, il n?avait que quatre ans.
Les femmes, il les aime, les respecte, les glorifie. Jennifer, l?épouse tant aimée depuis vingt-neuf ans, ne dira pas le contraire. «She manages me well and takes good care of me,» nous apprend-t-il, avec la candeur d?un enfant.
Son anglais, dépouillé de tout accent, sonne aussi vrai que les gardiens du Shakespeare?s Theater Company. «England is my home now. I?ve been living there since 1966.»
Cet homme si simplement humain, si extraordinairement lui-même, a-t-il vraiment conscience d?être un monument à lui seul ? Il sourit à l?énoncé de la question. «The more you achieve, the more modest you become.»
L?ancien élève de l?Actor?s Studio à New York, impressionne par la cohérence de son discours. Sa mémoire, véritable garde-fou de sa légende, détaille, sans difficulté aucune, sa rencontre avec Satyajit Ray, dans un aéroport de Beyrouth, ses débuts aux côtés de Richard Attenborough ainsi que sa complicité avec ses partenaires, Michael Caine et Raj Kapoor, notamment. Avec quelle grâce et quel naturel, il dépouille ses performances d?acteur et ces personnages à qui il a donné vie. «Every character is unique. You have to get into it honestly, almost religiously,» explique-t-il.
Certes, il y a eu des moments de doute, de faiblesse et des moments de manque de bol, mais l?homme n?a jamais perdu foi en sa bonne étoile. «He has great faith,» raconte Jennifer.
Saeed Jaffrey a traversé les âges et les courants cinématographiques avec la même détermination, la même fougue. Celle d?un homme pour qui la comédie, le théâtre et le cinéma se conjuguent avec la passion, le talent et labeur. Sous une forme d?interprétation personnelle, il a épousé chaque personnage, pris à c?ur leur état d?âme, compris leurs souffrances et immortaliser leurs joies.
«I?d rather do films in Hollywood»
Profondément humaniste, il n?a jamais lorgné sur l?effort de revendiquer sa propre humanité à travers chacune de ses performances d?acteur. Lors de ses nombreux passages à Bombay, il n?hésite pas à visiter les quartiers pauvres, tentant, avec modestie, d?alléger les peines des plus démunis.
«I remember a lovely girl, with beautiful brown eyes. I said to her : ?My daughter, what can I give you?? She said smiling, : ?You took me to heaven with your interpretation in movies.? I felt so blessed. Instead of giving her some money, I gave her a kiss.»
Jonglant à la fois de son art à Bollywood, dont il n?aime pas trop l?appellation, «because there?s so much different type of Indian films. I?d prefer Indian films or hindi films», et à Hollywood, l?acteur a marié les deux mondes, réputés pour être dissociables, avec la même dextérité.
S?il reste convaincu que «films have to have a heart. Good performance, good direction as well as emotion,» l?acteur veut continuer à tourner. «Not in India. I?ve done a hundred of Indian films. I?d rather do films in Hollywood.» Et avant de vous faire un baisemain des plus respectueux, il vous sort dans un français impeccable «Au revoir et merci beaucoup.» Merci à vous M. Jaffrey.
Une filmographie impressionnante
La filmographie de Saeed Jaffrey est riche d?une centaine de films. Voici, un condensé de cette liste, qui ne donne qu?un aperçu du savoir-faire de cet immense acteur.
1965 : A passage to India (Série télé)
1971: The Horsemen
1974: Le soleil de lève à l?est (Série télé)
1975 : The Willby Conspiracy
1975 : The Man who would be King
1982: Gandhi
1984: A passage to India
1984: Bhavna
1985: My beautiful launderette
1988: Khoon Bhari Maang
1989 : Aandhiyan
1991 : Massala
1994 : Yeh Dillagi
1995 : Prem
1997 : Mahanta
1997 : Mohabbat
1998 : Auntie N°1
2000 : Being considered
2001 : Albela
2003 : Cross my heart
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