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Résidence secondaire

16 juillet 2007, 00:00

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Deux mois à Maurice. Et il nous parle de Zanzibar. Des façades couleur terre. Des contours à la fois familiers mais différents. Nous plissons un peu les yeux. Concentration. Petit effort de mémoire. Cela nous rappelle quelque chose. Mais impossible de mettre un nom sur cette rue où un arbre jette son ombre rafraîchissante.

Seif Soud, peintre de Zanzibar explique : ?J?ai voulu montrer d?où je suis, où j?étais et là où je vais retourner.? Une boucle bouclée en trois tableaux, avec en guise de carte postale de l?escale mauricienne, un instantané de l?une des portes du marché central. Justement parce que cela lui rappelle sa terre natale.

Même nostalgie ? ou faut-il dire mal du pays ? ? chez Rudolf Tshie paysagiste sud-africain. Vue panoramique sur Pretoria, ses champs, ses faucheuses arrachant à l?existence un trésor en gouttes de sueur. Vie rurale avec ses verts et or contrastés.

Non. Aucune trace du tableau que Rudolf ambitionnait de réaliser à son arrivée chez nous. Un tableau où il aurait invité le pinceau de Seif Soud ainsi que celui du Sri Lankais Thisath Thoradeniya. A la place, une ?uvre qui se démarque de toutes les autres signées de sa main. Les champs ont été remplacés par une mer étalée. Le calme lagon de Flic-en-Flac. Jusque-là rien que de très banal. Là où cela prend du relief, c?est avec le collage que le paysagiste s?est donné la peine de faire. A la facture lisse et manquant de vivacité, une plage faite de ?vrai? sable blanc. Assez humide pour donner envie d?y tracer des formes géométriques. Assez près de l?eau pour donner envie d?y construire un château.

Un commentaire prudent

Interrogé, Krishna Luchoomun de l?association pARTage, qui a accueilli les trois plasticiens au cours des deux mois passés, reste prudent dans son commentaire. Justifie que c?est la première fois que les plasticiens du Zanzibar et d?Afrique du Sud font une telle sortie. Qu?ils ont sans doute mis du temps à prendre conscience de son implication.

Car qu?est-ce qu?une résidence ? A quoi cela sert-il de faire voyager des artistes tous frais payés. Deux mois loin des soucis du quotidien. Loin de la famille, loin des paysages que leurs yeux peut-être ne prennent plus la peine de regarder. Deux mois libéré de toutes les contraintes pour vivre sans souci du lendemain. Avec rien d?autre à faire que créer. Se retrouver face à soi, à son art. s?y confronter. Se poser les ?bonnes? questions. Où suis-je arrivé ? Est-ce que je progresse régulièrement ? Dans quelle direction m?orienter ? Est-ce que je n?ai pas tendance à reproduire toujours un peu les mêmes choses ?

Seif Soud et Rudolf Tshie ont-ils vraiment pris le temps de s?arrêter ? Ont-ils vécu deux mois le corps à Maurice et la tête à la maison. Une chose est sûre, ils ne sont pas arrivés à couper le cordon. A lâcher prise. S?éloigner des rives de leur monde connu pour explorer l?inconnu mauricien et la palette de possibilités qu?il offre. De tout Maurice, Rudolf Tshie n?est pas allé chercher plus loin que la plage de Flic-en-Flac, là où il était hébergé. Seif Soud, lui, s?est arrêté devant un ?piège à touristes? : le marché central.

Comme en phase de mutation intermédiaire, posons les cartons pour ?ufs de Thisath Thoradeniya. Son concept : récupérer les boîtes en cartons pour ?ufs (achetés au marché central ?).

Y voir un symbole phallique dans la partie en pointe et son pendant féminin dans la partie creuse. Peindre tout cela avec des tons chauds et appeler le tout : Boys and girls from paradise island. Et y saupoudrer une allusion à la société de consommation. Vous goberiez cela vous ? Nous? pas trop.

ATELIER

Coopération régionale InsulArt, la suite

Rien de mieux que de se rencontrer vraiment. Traverser les océans. Poser les téléphones, transcender les courriers électroniques. C?est ce qui est arrivé deux semaines durant aux plasticiens venus exclusivement des îles, réunis durant deux semaines, début juillet. C?était dans le cadre d?InsulART, atelier résidentiel pour artistes îlois organisé par l?association pARTage. Entre ceux de l?océan Indien, les liens sont appelés à se resserrer. Une rencontre entre un représentant de chaque île de la région ? dont George Camille pour les Seychelles, Ali M?roivili des Comores, la Malgache Vonjiniaina et Krishna Luchoomun de Maurice est actuellement en préparation. Elle pourrait se tenir prochainement aux Seychelles. L?objectif : sortir du cadre du seul répertoire des artistes de l?océan Indien et dégager des thèmes où l?échange artistique est à la fois nécessaire et bienvenue.

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