Publicité
Réforme du régime sucrier : Cuttaree réclame des compensations
Par
Partager cet article
Réforme du régime sucrier : Cuttaree réclame des compensations
La libéralisation du régime sucrier européen signifie la mort de l?industrie sucrière dans la plupart des pays du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP). Les conséquences d?une telle éventualité seront l?instabilité politique, économique et sociale dans ces pays. L?Union européenne (UE) doit mettre en place des mécanismes similaires à ceux qui seront proposés aux betteraviers européens pour assurer aux pays ACP concernés un niveau de revenu adéquat pour compenser l?impact de la réforme du régime sucrier.
Tels ont été les principaux arguments mis en avant par le ministre de l?Industrie et du Commerce international, Jayen Cuttaree, pour défendre le protocole sucre en début de semaine à Bruxelles. Le ministre assistait à la réunion ministérielle UE-ACP et à la poursuite des négociations sur les accords de partenariat économique.
Le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, a briefé les ministres présents sur la teneur des propositions de la commission européenne concernant la réforme du régime sucrier.
Ces propositions comprennent trois scénarios : le statu quo, la réduction des quotas de production et des prix au sein de l?UE et la libéralisation complète. Dans les trois cas de figure, le prix offert à Maurice et aux ACP s?en trouvera réduit.
GARANTIE DE REVENUS STABLES
Au nom des ACP, Jayen Cuttaree a évoqué les sérieuses préoccupations du groupe par rapport aux propositions de la commission. Il a rappelé l?importance vitale du protocole sucre dans le développement des pays ACP car il garantit des revenus stables et prévisibles.
Ainsi, dans le cadre des discussions sur la réforme du régime sucrier, les ACP avaient soumis une «position paper» dans lequel ils préconisaient un retour aux quotas fixes, ce qui équivaut à un marché sucrier administré. C?est la seule option qui garantit la stabilité du marché ainsi que des revenus stables et prévisibles pour les pays ACP exportateurs de sucre. Cette option permet aussi d?obtenir un niveau de retour suffisant sur les investissements massifs que nécessite l?industrie sucrière.
Les pays les moins avancés (PMA) ont pour leur part déclaré que l?initiative «Everything But Arms» ne leur sera profitable que s?ils obtiennent des prix rémunérateurs. Cela ne peut être garanti qu?à travers un marché sucrier administré. Les producteurs européens de sucre ont également exprimé leurs préférences pour un tel système.
Malheureusement, la commission a choisi d?exclure cette option qui faisait pourtant consensus parmi les ACP et les producteurs européens, regrette Jayen Cuttaree.
Interpellant le commissaire Lamy, le ministre de l?Industrie lui a rappelé que son initiative «Everything But Arms» visait à faire un geste en faveur des PMA. «Il ne faut donc pas qu?un régime sucrier modifié vienne enlever toute la substance de cette initiative», poursuit le ministre Cuttaree.
Il rappelle également que le commissaire Lamy a souvent dit que l?agriculture ne peut être traitée comme on traiterait la production de chaussures, de charbon ou d?acier car l?agriculture concerne la sécurité alimentaire, la protection de l?environnement, le développement rural et la survie des fermiers pauvres des pays en développement et des PMA.
La commission européenne s?est engagée à évaluer l?impact de ses propositions de réforme sur les pays ACP. Pour Jayen Cuttaree, il ne fait aucun doute que cet impact sera négatif. Aussi, il faudrait que la commission mette en place des mécanismes et instruments en faveur des ACP qui soient similaires à ceux que l?UE proposera aux betteraviers européens, demande le ministre.«Ce qui est important c?est que les ACP concernés et les PMA continuent à obtenir un niveau de revenus adéquats sur une base prévisible et stable.»
Par ailleurs, le ministre Cuttaree fait ressortir que les propositions de la commission ont été préparées avant la réunion ministérielle de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancùn. Les scénarios et hypothèses de travail auront donc à être révisés à la lumière des développements survenus lors de cette réunion.
))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))
Pascal Lamy à Maurice l?année prochaine
Le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, sera à Maurice en janvier prochain. Il assistera à la cérémonie officielle marquant le coup d?envoi de la deuxième phase des négociations entre UE-ACP sur les accords de partenariat économique. La première phase des négociations avait démarré en septembre 2002. Elle porte sur la création d?un accord-cadre entre l?UE et l?ensemble des ACP. La deuxième phase des négociations devrait déboucher sur la création de zones de libre-échange entre l?UE et des sous-régions des ACP. Le ministre de l?Industrie et du Commerce international, Jayen Cuttaree, a informé Pascal Lamy que Maurice participera aux négociations avec le groupe de l?Eastern and Southern Africa (ESA).
En marge de la réunion ministérielle UE-ACP, les ministres de l?ESA se sont aussi réunis. Il a été convenu que le comité des ambassadeurs à Bruxelles finalisera le mandat de négociations de l?ESA. Les ministres de l?ESA se réuniront de nouveau en décembre à Lusaka pour approuver ce mandat de négociations. La date du lancement officiel de la deuxième phase de négociations sera arrêtée à cette réunion.
Publicité
Publicité
Les plus récents