Publicité

Règles : comment réagir face aux anomalies

6 juin 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On croit souvent que cela arrive systématiquement, que les règles, soit l?élimination de la muqueuse utérine, surviennent chaque mois, sans anicroche. Mais tel n?est pas toujours le cas. De l?absence de menstruation à l?excès d?écoulement sanguin, les troubles relatifs aux règles sont assez divers. Et selon le Dr Farhad Aumeer, gynécologue, ces problèmes constituent 3 % des consultations gynécologiques.

Les règles surviennent à la puberté, soit entre 11 et 13 ans. Il y a bien sûr certaines exceptions. Mais si une fille ne les a pas encore eues à 15-16 ans, il devient nécessaire de consulter. Face à ce problème d?aménorrhée (absence de menstruation), le gynécologue s?emploiera d?abord à exclure certaines affections rares mais possibles comme le syndrome de Turner. Il s?agit d?une aberration chromosomique entraînant notamment l?absence de formation des ovaires au cours du développement embryonnaire. Il est aussi possible, fait ressortir le Dr Aumeer, qu?il y ait absence d?utérus ou encore que des imperfections soient notées au niveau de l?hymen.

Si ces troubles sont rares, il est, en revanche, beaucoup plus fréquent de s?apercevoir que ces règles tardives relèvent du fait que la personne présente des problèmes endocriniens, c?est-à-dire relatifs aux hormones. Il peut aussi s?agir d?ovaires polykistiques, entre autres. Le diagnostic ne peut, bien entendu, se faire qu?après un examen complet par le gynécologue.

La durée normale des règles est de cinq à sept jours. Et le cycle menstruel peut aller de 24 à 35 jours. Mais chez certaines femmes, la menstruation ne suit pas forcément cette «logique». Ces femmes souffrent de ce qui est connu, dans le jargon médical, comme «l?oligoménorrhée», soit des règles irrégulières. Ce genre de troubles peut résulter d?un état de stress, d?un problème de poids, de thyroïde ou encore d?ovaires polykistiques. Une fois de plus, il convient de préciser que la patiente peut aussi présenter d?autres conditions qu?il revient au médecin d?évaluer et, éventuellement, d?éliminer.

Il y a un autre problème possible et qui ne doit en aucun cas être négligé. Il s?agit d?inter menstrual bleeding, soit des saignements qui surviennent pendant le cycle, soit avant et/ou après la menstruation, même s?il y a bien eu écoulement à ce moment-là. Ces troubles sont notamment attribués à des polypes et autres infections ou encore à un débalancement hormonal, surtout chez les jeunes.

Il est à noter que parfois des saignements sont également notés après la ménopause. Il s?agit là de post-menstrual bleeding. «Il est crucial pour la femme de ne pas écarter d?un revers de la main ce genre de problème. Cela ne doit pas être pris à la légère car pouvant s?avérer grave. Le gynécologue confronté à ce genre de cas va s?assurer que la patiente n?a pas d?hyperplasie de l?endomètre ou même une tumeur pouvant attaquer cette région. Chez la majorité des patientes cependant, ces troubles résultent d?une atrophie de l?utérus, du vagin ou d?un manque d?oestrogènes», souligne le Dr Farhad Aumeer.

L?écoulement sanguin excessif est un autre souci auquel doivent faire face nombre de femmes. «Entre 35 et 50 ans, les femmes croient souvent que cela est dû à un fibrome. Or, le fibrome ne peut pas être tenu responsable de toutes les affections... Il y a, en revanche d?autres facteurs pouvant être responsables des règles lourdes, notamment des polypes, l?endométriose, l?infection pelvienne, le stérilet qui peut causer une infection ou des irritations. Il est aussi à noter que le dysfunctional uterine bleeding peut être ovulatoire ou anovulatoire», précise le Dr Aumeer. Il ajoute qu?il faut aussi chercher, en cas de règles excessives, des problèmes au niveau de la thyroïde, de la coagulation, des reins...

«Il est crucial pour la femme de ne pas écarter d?un revers de la main ce genre de problème. Cela ne doit pas être pris à la légère car pouvant s?avérer grave.»</I>

Les règles trop abondantes peuvent aussi causer l?anémie. Ces femmes perdant plus que la norme en termes de sang par mois (elles doivent normalement en perdre 40 ml), elles peuvent présenter une certaine pâleur, des palpitations, se plaindre de vertige et de faiblesse. Ces symptômes étant ceux de l?anémie, il convient de leur faire subir une prise de sang et, le cas échéant, leur prescrire des médicaments afin de pallier leur carence en fer et en vitamine C.

Des patientes se plaignent aussi souvent de terribles douleurs, de crampes et de coliques soudaines qu?elles doivent supporter le premier et le deuxième jour des règles. Selon le gynécologue, ces douleurs résultent notamment de la contraction des artères qui alimentent l?endomètre et des artères spirales, ce qui résulte aussi à la contraction des muscles de l?utérus. Des calmants ou des anti-inflammatoires sont alors prescrits, afin de calmer au mieux la douleur.

Quelles que soient les complications que vous présentez, souvenez-vous, il vaut toujours mieux consulter que de se plaindre dans son coin. Cela en sachant surtout que la majorité de ces affections ne nécessitent aucune chirurgie et peuvent se traiter avec des médicaments et des hormones.

Publicité