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?Ryoko, légende vivante?

15 août 2004, 20:00

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Dolly Moothoo n?a pas tout à fait coupé les ponts avec le judo. Et c?est forcément avec beaucoup d?intérêt qu?elle a appris que la Japonaise Ryoko Tamura-Tani était entrée par la grande porte dans l?histoire du sport en décrochant un deuxième titre olympique d?affilée ainsi que sa quatrième médaille olympique. En 92 à Barcelone et quatre ans plus tard à Atlanta, elle avait remporté l?argent chez les -48 kg, catégorie qui était jadis celle de Dolly Moothoo.

?Ryoko Tamura a assuré comme toujours. Elle a réalisé un grand exploit. Mais ma plus grande joie est de savoir que la Française Frédérique Jossinet a atteint la finale pour décrocher l?argent?, confie la championne d?Afrique 2002.

Mariée au champion d?Italie 2002 des -90 kg, Stefano Sorelli, depuis le 3 août dernier, l?ancienne gloire du judo mauricien est désormains installée à Rome où elle regarde les JO devant la télé.

Dolly a été sa victime en 1997

Les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. Aussi, Dolly n?a pu suivre la finale olympique : ?Dès que l?Italienne Giusseppina Marci a été éliminée en huitièmes de finale contre la Chinoise Gao Feng, les chaînes Italiennes ont cessé la diffusion des compétitions de judo?, lance-t-elle, mi-amusée, mi-déçue.

Dans la voix de Dolly Moothoo, on décèle des soupçons de regrets. ?Quand j?étais athlète, j?ai tout fait pour vivre au moins une fois l?expérience des Jeux olympiques. Mais le destin ne me l?a pas permis.?

L?année dernière, quand la petite fée des tatamis a raccroché son kimono à cause d?une blessure au dos, elle était classée parmi les quatre meilleures Africaines de la catégorie. Le billet pour les Jeux olympiques était encore loin d?être acquis mais il n?était pas inaccessible. ?Même si je n?avais pas eu de médailles aux Jeux d?Afrique d?Abuja en 2003, une place au podium des Championnats d?Afrique 2003 m?aurait certainement permis de réaliser mon rêve?, lance-t-elle avec nostalgie.

?Mais bon, tout cela est bien loi maintenant?, se reprend-elle. Et c?est avec une immense admiration qu?elle nous parle des deux finalistes d?Athènes en -48 kg, Ryoko Tamura et Frédérique Jossinet.

?Ces deux femmes sont des exemples pour moi. La Française est une amie. Quand j?étais de passage en France, je m?entraînais souvent avec elle à l?Institut de sports et d?éducation physique à Paris. C?est une judokate qui s?investit beaucoup. J?aurais voulu qu?elle gagne mais Tamura est très forte. Même si la médaille de Frédérique n?est pas en or, elle la mérite amplement?, lance-t-elle.

Quant à Ryoko Tamura, c?était son idole à ses quinze ans. ?C?est une femme qui n?arrête pas de gagner. Elle est rapide et très technique. Elle est la meilleure dans cette catégorie?, dit-elle.

En 97 lors des Championnats du monde, Dolly a été sa victime : ?Je l?ai rencontrée dès mon premier combat. J?avais accumulé deux fautes en quelques secondes et après une minute de combat, elle m?avait envoyée au tapis. Je ne sais même pas comment je suis tombée?, se rappelle-t-elle.

Pour Dolly, il n?y a pas photo : ?Ryoko Tamura est unique. C?est une légende vivante.?

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