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Rs 18 millions d?héroïne saisies
C?est une des rares fois où l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) a pu remonter toute une filière. Elle a demantélé en fin de semaine un réseau de trafiquants d?héroïne opérant sur l?axe Maurice- Afrique du Sud.
Grâce aux renseignements fournis par la brigade des stupéfiants sud-africaine, l?Adsu a interpellé trois étrangers et cinq Mauriciens, dont un mineur, avec Rs 18 millions d?héroïne et un demi-million de roupies soupçonnées de provenir de la vente de la drogue.
L?opération d?envergure dure depuis plus d?une semaine déjà. Les indications reçues par l?Adsu faisaient état de l?arrivée imminente d?un ressortissant britannique qui allait servir d?éclaireur pour une importante livraison de drogue.
Les faits remontent au 18 août. Alan Webster Rycroft, 24 ans, foule le sol mauricien. Une fouille sur l?habitant de Cape Town révèle la présence de deux Federal Streamers dans ses bagages. Le délit étant mineur, il est relâché mais la brigade anti-drogue suit ses faits et gestes.
Le puzzle se met en place
Six jours après, c?est le passeur qui fait son apparition. Une équipe conjointe de la douane et de l?Adsu intercepte mercredi après-midi, Julia Mena Anatré, 36 ans, originaire de la Nouvelle-Calédonie, à sa descente du vol MK 643 en provenance de Singapour et de Kuala-Lumpur. Dans le double fond de sa valise, environ 1,8 kg d?héroïne. Elle se rend sous escorte policière au Club Med, à Pointe-aux-Canonniers, où elle est descendue. Car la police entend bien appréhender ses contacts.
Et qui arrive vendredi ? Alan Rycroft. Suivi d?un Sud-Africain, Francis Peter Gray, 46 ans, logeant dans le même hôtel et qui était aussi sur le même vol que la jeune femme. Il devait s?assurer qu?elle traverse la douane sans encombre, mais n?a pas vu qu?elle avait été coincée.
À mesure que l?Adsu progresse dans ses investigations, elle met le chauffeur de taxi des deux hommes à l?ombre. Les enquêteurs estiment qu?Arassen Goyten, 25 ans, habitant Plaine-des-Papayes, détient probablement des informations.
Au fil de l?interrogatoire des suspects, le puzzle se met en place. Il s?avère que le cerveau du trafic, Peroomal Veeren, 28 ans, donnait ses ordres de la prison de Beau-Bassin, où il est « on remand ». Son mode de communication : un téléphone portable.
L?enquête révèle que Veeren, habitant de Moka, recevait chaque mardi la visite de sa mère, Soopama Ganapathee, 63 ans, et de Parwiza Bibi Amina Jeeva, 24 ans, sa « fiancée ». Dès lors, différents groupes sont placés sous la direction du surintendant Padiachy, des ASP Murugan, Lablanche, Reekoye, Sawmy et de l?inspecteur Chittoo, pour mener l?enquête à bon port.
Tôt vendredi matin, une équipe investit la maison de la jeune femme à Vallée-Pitot. Elle est interpellée avec son mari Mahmad Isrally Isseljee, 35 ans, après la découverte de 10 g d?héroïne, évalués à Rs 100 000, dissimulés dans un ours en peluche.
Sur place, l?attirail du parfait dealer est découvert, ainsi que Rs 34 000 et 150 dollars américains. Une fouille dans sa résidence secondaire à Beau-Bassin permet de découvrir Rs 507 000.
Le domicile parental de la jeune femme est aussi perquisitionné, boulevard Hugon, à Vallée-Pitot. Un appareil utilisé pour sceller des sachets en plastique et portant des traces d?héroïne est découvert. Le frère, 17 ans, et le père, 46 ans, Anwar Hussein Jeeva, sont écroués.
Au même moment, une troisième équipe rend visite à la mère de Peroomal Veeren, à la route Bois-Chéri, Moka. Elle est embarquée lorsque les policiers mettent la main sur 1 g d?héroïne caché dans un chiot en peluche.
Les appels des portables passés au crible
L?Adsu ne compte pas s?arrêter en si bon chemin. Elle veut arrêter dans les jours à venir d?autres complices. Les enquêteurs veulent passer au crible les appels des téléphones portables des suspects ? et si possible sur celui de Peroomal Veeren ? pour connaître l?identité des autres maillons de la chaîne. L?interrogatoire du caïd est imminent.
De plus, il y a un peu plus d?un an, un Sud-Africain condamné pour une affaire de drogue avait été trouvé avec un portable caché au fond d?une de ses savates? Il est fort probable que d?autres détenus soient éclaboussés dans cette affaire.
Peeroomal Veeren s?est trouvé dans le collimateur de l?Adsu il y a trois ans : 98 doses d?héroïne à Sodnac avaient été découvertes sur sa personne.
En liberté conditionnelle, il est pris le 2 juin 2003 alors qu?il réceptionne 1,2 kg d?héroïne, évaluée à Rs 10 millions, auprès de la Sud-Africaine Martha Elizabeth Roux, 29 ans, dans un hôtel à Quatre-Bornes. Celle-ci avait été interceptée par la Customs Investigation & Intelligence Unit et l?Adsu? Depuis, il menait ses affaires de sa cellule.
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