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R.P. de St-Pern : Veut-on tuer les écoles RCEA ?
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R.P. de St-Pern : Veut-on tuer les écoles RCEA ?
Début avril 1981, l?abbé Hervé de Saint-Pern, déjà directeur de la Roman Catholic Education Authority, l?ancêtre du BEC actuel, confie à un journal d?opposition ses appréhensions quant à l?avenir des écoles appartenant au diocèse de Port-Louis. Cette publication titre ainsi cette interview : ?Le gouvernement veut-il tuer lentement les écoles catholiques ?? S?appuyant sur un avis du Solicitor General le gouvernement Ramgoolam supprime le pouvoir de la RCEA d?administrer son personnel enseignant et non-enseignant. Ce haut fonctionnaire est d?avis que les employés de la RCEA sont des fonctionnaires à part entière parce qu?ils sont payés des fonds publics. De plus, le gouvernement Ramgoolam ne respecte aucunement sa promesse de débourser les deux tiers des frais occasionnés par la construction de nouvelles salles de classe et par les réparations et l?entretien des salles existantes, sous prétexte de difficultés financières. Il force donc le diocèse de Port-Louis de recourir, à ses frais, aux instances judiciaires appropriées.
Ce faisant, il oublie que le diocèse de Port-Louis s?associe de longue date à toutes les initiatives éducatives et pédagogiques, alors que le gouvernement colonial de l?époque ne témoignait de l?intérêt que pour le collège Royal, seul capable de fournir l?éducation voulue à des jeunes de l?élite de la population, appelés à devenir de futurs fonctionnaires et des grands commis de l?Etat mauricien. L?éducation des enfants de la masse est alors abandonnée aux seuls soins des autorités religieuses et de quelques particuliers, se découvrant une vocation pédagogique pour suppléer aux manquements d?un gouvernement éminemment élitiste.
Ce n?est qu?en mars 1944 que le gouvernement légifère pour regrouper les écoles confessionnelles, qu?il n?a pas su créer, sous différentes autorités religieuses éducatives. En janvier 1963, les autorités musulmanes abandonnent tous leurs projets scolaires, laissant au gouvernement le soin de prendre charge de leurs écoles. En juillet de la même année, les autorités anglicanes font de même. Seules les autorités hindoues (deux écoles) et catholiques (54 écoles et refus gouvernemental d?en ouvrir de nouvelles) continuent à assumer les engagements scolaires et pédagogiques pris par elles auprès de la population mauricienne.
D?après l?Ordonnance 12 de 1944, la RCEA doit servir d?intermédiaire entre le ministre de l?Education et les managers des écoles catholiques, recruter, promouvoir, transférer les membres de son personnel enseignant, répartir les subventions accordées par le gouvernement pour l?entretien des écoles. Depuis, les employés de la RCEA sont considérés unilatéralement comme des fonctionnaires et sujets à tous les règlements du service civil, simplement parce qu?ils sont rémunérés des fonds fournis par les consommateurs et les contribuables.
Les subventions gouvernementales à l?entretien des bâtiments scolaires du diocèse de Port-Louis sont régies par un Sessional Paper No. 11 de 1952. Le gouvernement s?engage alors à prendre à ses frais les deux tiers des dépenses d?entretien et de reconstruction des salles de classe des écoles catholiques, le troisième tiers étant à la charge du diocèse de Port-Louis. En 1981, le gouvernement Ramgoolam ne remet pas en cause ses engagements financiers, concernant l?entretien et la reconstruction des bâtiments scolaires, mais il met en avant des difficultés financières pour ne pas s?acquitter de ses responsabilités, laissant le diocèse de Port-Louis faire face seul aux dépenses déjà encourues en raison notamment de l?urgence de certaines réparations.
Les écoles RCEA attachent une grande importance à la qualité de leurs enseignants car la réalisation de leur projet éducatif dépend, en grande partie, de la conscience et du sens des responsabilités d?éducateurs dévoués et compétents. De plus, il y a un manque d?une centaine d?enseignants RCEA. Celle-ci compte, en effet, que 700 instituteurs pour 800 sections ou classes. Si l?on tient compte du remplacement des instituteurs malades ou en congé, on peut parler d?un manque de 200 instituteurs au sein du personnel de la RCEA. Il en va naturellement de même à Rodrigues où elle ne dispose que de 88 instituteurs pour 121 sections. Pour cette île seulement, il faudrait une cinquantaine d?enseignants additionnels.
Déjà, l?abbé de Saint-Pern demande qu?on remplace la compétition par une éducation plus personnalisée et l?unique programme d?études par des programmes variés et adaptés aux différentes catégories d?écoles.
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