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Rita jette plus d?un million de Texans sur les routes
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Rita jette plus d?un million de Texans sur les routes
Plus d'un million et demi de Texans se sont jetés sur les routes, jeudi, fuyant la progression de l'ouragan Rita qui menace le coeur de la production pétrolière nationale, ainsi que la Louisiane, durement frappée il y a trois semaines par Katrina. Le président George Bush, mis en cause pour les lenteurs de son administration après le passage de Katrina, dont le bilan officiel atteint 1 069 morts, s?est rendu en personne au Texas vendredi pour s'assurer que tout est prêt pour affronter l'ouragan.
De la catégorie cinq, la plus élevée, Rita, a été ramenée dans la journée au rang d'ouragan de catégorie quatre sur l'échelle de Saffir-Simpson. Ses vents, qui dépassaient 230 km/h à 00h00 GMT, atteignaient encore les 220 km/h trois heures plus tard. Sa trajectoire s'est en outre redressée vers le nord, ce qui pourrait l'amenée à passer à l'est de Houston, ville la plus peuplée, indique le Centre national des ouragans, soulignant toutefois que la dépression reste hautement imprévisible.
Jeudi à 03h00 GMT, l'oeil de Rita se trouvait à environ 565 km au sud-est de Galveston, importante station balnéaire de la côte texane, et à 499 km au sud-est de Cameron, en Louisiane. L'ouragan se dirigeait vers l'Ouest-Nord-Ouest à la vitesse de 15 km/h.
Cauchemar absolue
Il devrait prendre la direction du Nord-Ouest au cours des prochaines 24 heures. L'alerte cyclonique a été lancée pour toute la zone allant de Port O'Connor, au Texas, à Morgan City, en Louisiane. «Personne sur les côtes du golfe du Mexique n'est hors de danger,» a affirmé David Paulison, directeur par intérim de l'Agence fédérale de gestion des situations d'urgence (Fema).
Rita devrait continuer à faiblir à l'approche des côtes du Texas, qu'elle devait atteindre hier soir ou aujourd?hui matin, avec des vents de l'ordre de 201 km/h, ce qui en fera un ouragan de catégorie 3. Fuyant son approche, des centaines de milliers d'automobilistes en provenance du sud du Texas sont restés bloqués des heures durant dans leurs véhicules.
«C'est un cauchemar absolu!», a déploré John Griffin, un habitant de Houston qui s'est résolu à rebrousser chemin avec sa femme et ses deux filles, après avoir tenté en vain de gagner l'intérieur des terres. Des bagarres ont en outre été signalées dans les stations services prises d'assaut et de nombreux automobilistes ont été contraints faire halte faute de carburant.
Des camions citernes ont été dépêchés en urgence pour leur permettre de poursuivre leur route. Du côté de la production pétrolière, Exxon Mobil a annoncé la fermeture de la raffinerie de Baytown (Texas), la plus importante des Etats-Unis en terme de capacité, et d'une deuxième à Beaumont, 140 km plus à l'Est.
Au total, 13 raffineries, soit 28% des capacités de raffinage nationales, sont actuellement hors service, en prévision du passage de Rita ou en raison des dégâts causés par Katrina, ce qui laisse planer la menace de pénuries à court terme.
Kathleen Blanco, gouverneur de Louisiane, a également ordonné l'évacuation des zones côtières, alors que l'ouragan semblait s'écarter du Texas pour se diriger vers les zones dévastées par Katrina il y a trois semaines. «Rita a la Louisiane en vue et nous devons agir», a-t-elle averti lors d'une allocution télévisée.
La Nouvelle-Orléans, submergée à 80% après le passage de Katrina, pourrait en outre affronter des vents dignes d'une tempête tropicale, bien qu'elle ne se trouve pas directement sur la trajectoire de Rita. «Nous n'allons pas baisser notre garde, parce que, comme vous le savez, ces ouragans son changeants», a souligné le maire Ray Nagin.
Au Texas, L'alerte été levée à Corpus Christi, désormais hors de portée de l'ouragan. Galveston, île côtière très exposée aux tempêtes, est en revanche déserte à 90 %.
Des digues de cinq mètres protègent la ville depuis qu'un ouragan, qui reste la pire catastrophe naturelle à ce jour aux Etats-Unis, y a causé la mort de 8 000 personnes en 1900. Les vagues pourraient toutefois attendre six mètres. Certains se sont néanmoins résolus à affronter les éléments.
Marie Aldfrich, propriétaire d'un bar sur le front de mer, a ainsi décidé de poursuivre son activité et ne veut pas entendre parler de Rita, «à moins qu'il ne s'agisse d'une margarita», comme le clame un panneau à l'entrée de l'établissement, évoquant le célèbre cocktail.
Pétrole
Les prix du pétrole ont monté de plus de 1 dollar, mercredi à New York, dépassant les 67 dollars par baril. Rita représente une menace directe pour l'industrie pétrolière américaine, qui ne s'est pas encore remise du passage de Katrina. L'ouragan a stoppé brutalement la majeure partie de l'exploitation du pétrole et du gaz dans le golfe du Mexique. Trois semaines plus tard, l'exploitation du pétrole est seulement revenue à 50 % et celle du gaz environ aux deux tiers.
Les dégâts infligés par Rita aux plates-formes, aux puits, aux pipelines, aux gazoducs et aux raffineries pourraient être encore plus importants, car le cyclone se dirige pour le moment droit sur Galveston et Houston, un axe sur lequel se trouve concentrée une bonne partie de l'industrie pétrolière et chimique des Etats-Unis.
Le Texas compte pas moins de vingt-six raffineries, dont dix-huit, situées dans la région de Houston, sont menacées. Elles représentent près d'un quart des capacités du pays.
Le manque de capacités de raffinage est aujourd'hui le principal problème de l'industrie pétrolière américaine. La faiblesse des investissements depuis vingt ans et, dans le même temps, l'augmentation de la demande font que les capacités de raffinage aux Etats-Unis sont déjà, en temps normal, insuffisantes.
Par Erwin SEBA
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