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Rien que pour vos yeux

29 décembre 2007, 00:00

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De sa mère Patricia, qui était directrice de marketing chez Courts, Kristell Gnany tient sa beauté et son parler posé. De son père Guito, gynécologue très connu, cette professionnelle de 26 ans tient son esprit rationnel, qui constitue d?ailleurs, un des traits dominants de sa personnalité.

En effet, chez Kristell, tout est calculé avec minutie. Ainsi, ce n?est pas par rêve d?enfant ou par coup de c?ur que cette ancienne étudiante du collège Lorette de Quatre-Bornes s?est tournée vers l?optométrie. Elle a choisi ce métier en raison de la carrière qu?elle y entrevoyait. «S?il est vrai que j?ai souvent entendu mon père évoquer l?aide qu?il a pu apporter aux personnes, le choix de l?optique est un hasard. Ma mère a une bonne amie opticienne. J?attendais mes résultats de Higher School Certificate sans trop savoir quelle filière suivre. Entre-temps, il fallait faire les demandes d?admissions universitaires. Ma mère a suggéré l?optique.» C?est ainsi qu?elle va voir l?amie de cette dernière. En plus, elle avait déjà les sujets requis, ayant étudié les sciences. «Après avoir parlé avec l?amie de ma mère, j?ai aussi réalisé que l?optique apportait une bonne combinaison de choses, soit l?aspect clinique, le contact avec les gens, l?aspect mode car les lunettes sont devenues des accessoires de mode, le côté business à monter et la possibilité d?être son propre chef. Je n?ai pas regardé les études mais la carrière que je pouvais avoir avec cette spécialisation.»

C?est à l?université d?Aston à Birmingham en Grande-Bretagne que Kristell fait ses études d?optométrie. Sur la base de ses résultats de Form VI, elle obtient une bourse de mérite qui est reconduite sur toutes ses années d?études.

L?optométriste est un professionnel dont la formation est différente de celle de l?opticien ou de l?ophtalmologue, même si toutes ces spécialités sont liées aux yeux. Kristell explique ces différences. L?opticien est un spécialiste de la lunetterie et en connaît ses technicités. L?optométriste (une spécialité surtout anglophone) maîtrise non seulement toute la technicité de la lunetterie mais a été formé pour examiner l??il en vue de détecter les maladies et faire des réfractions. Celles-ci sont destinées à déterminer le problème oculaire du patient afin de lui prescrire des lunettes ou des lentilles de contact. En dernier lieu, l?ophtalmologue est un médecin généraliste qui s?est spécialisé dans les yeux. Il est qualifié pour diagnostiquer les maladies oculaires, prescrire des traitements appropriés ou la chirurgie.

«Dans les pays anglophones comme la Grande-Bretagne, l?Australie et le Canada, la personne qui désire un examen des yeux, un changement de lunettes ou de lentilles de contact, va chez l?optométriste. En cas de détection d?une maladie grave nécessitant un traitement médical ou une intervention, ce dernier la réfère à l?ophtalmologue. L?optométriste n?existe pas en France. Ce n?est que maintenant que les universités françaises ont commencé à enseigner l?optométrie», précise la jeune femme.

Après trois années d?études, Kristell obtient son BSc (Honours) Optometry et effectue un an d?internat au cours duquel elle passe dix examens professionnels en vue de devenir membre du General Optical Council. Ce qui lui confère la possibilité d?exercer en Grande- Bretagne ainsi que dans d?autres pays anglophones. C?est à Vision Express, chaîne européenne de cabinets d?optique que Kristell effectue son internat. Moment qu?elle qualifie comme constituant le réel apprentissage du métier.

Kristell excelle dans sa nouvelle spécialité, si bien qu?à l?issue de son internat, en sus d?obtenir la reconnaissance du Collège des Optométristes, Vision Express lui offre un emploi à Birmingham. Kristell ne peut refuser.

<B>«Mon optica»</B>

Elle y reste deux ans à temps partiel. Parallèlement, Kristell travaille en free-lance en vue de s?enregistrer auprès d?une agence de recrutement spécialisée dans ce type de boulot. Elle effectue des remplacements temporaires dans les cabinets d?optique requérant un optométriste. Ce qui permet à la jeune fille non seulement d?élargir ses horizons et également d?accroître son expérience. Elle voyage énormément et découvre plusieurs villes anglaises dont Londres et Manchester.

Par ce truchement, elle côtoie des personnes vivant aussi bien en régions urbaines que rurales. «Ce que j?ai apprécié le plus, c?est travailler avec différents patients. On n?aborde pas de la même façon un enfant de sept ans et un septuagénaire. Il faut le double de patience et de douceur avec la personne âgée et l?enfant par rapport à un adulte.»

Rentrée, il y a un an, au pays, où «la famille, les amis et le climat font une différence», cela ne fait que deux mois et demi qu?elle a ouvert Monoptica. Cette appellation, d?ailleurs, n?est pas le fruit d?un hasard. Elle veut se distinguer des autres. D?ailleurs, Monoptica «peut être interprété comme ?Mon Optica? ou même ?Mono Optica? !»

La couleur fuchsia qui domine dans son cabinet, a également été bien réfléchie, la jeune femme désirant une couleur féminine. Elle déclare prendre plaisir à s?y rendre au quotidien. Car si le rythme de travail et les heures étaient différents en Grande-Bretagne, «là, j?opère dans mon cabinet. Je choisis mes montures. J?ai une équipe sympathique qui m?épaule. C?est, tout compte fait, un métier fait pour moi.»

<B>Lunettes solaires, un «must»</B>

Kristell ne pense pas que les problèmes oculaires sont en augmentation. Selon elle, les études plus poussées et les nouveaux métiers informatisés sollicitent davantage les yeux et rendent ainsi les gens plus conscients de leur vue. Il y a tout de même des catégories de personnes à risques. Par exemple, les enfants dont les parents portent des lunettes depuis l?enfance. Dans ce cas, la possibilité d?un problème héréditaire est bien réelle.

«Quand un patient vient voir un praticien, il aime bien savoir que la personne est qualifiée et s?occupera bien de lui. Et lorsqu?il sort content, cela me satisfait.»

Aussi, «des difficultés scolaires peuvent être causées par des problèmes de vue. Les personnes ayant le glaucome dans la famille devraient, à partir de l?âge de 40 ans, faire un examen oculaire chaque année. Il en est de même pour les diabétiques. Finalement, les porteurs de lentilles de contact doivent faire leur vérification tous les six à 12 mois.»

Kristell a noté une tendance chez les Mauriciens. En effet, bon nombre de quadragénaires semblent présenter des cataractes, alors qu?en Grande-Bretagne, ce sont surtout des sexagénaires qui sont touchés. L?exposition quotidienne aux rayons ultraviolets (UV) en est la cause. «J?estime que les verres solaires sont un must ici car les rayons UV accélèrent l?opacification de la lentille cristalline de l??il. Il faut des verres de soleil de qualité qui assurent une bonne protection contre les UV. Cela s?adresse en particulier aux personnes qui travaillent beaucoup en mer ou en plein air.»

Dans sa salle de consultation, Kristell a apposé au mur ses diplômes qu?elle a fait encadrer. Et ce n?est nullement par prétention. «Quand un patient vient voir un praticien, il aime bien savoir que la personne est qualifiée et s?occupera bien de lui. Et lorsqu?il sort content d?avoir reçu des conseils professionnels et des soins appropriés, cela me satisfait». Jeune, belle, compétente, voilà une combinaison gagnante?

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